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Des documents publiés mercredi révèlent que l'Administration fédérale de l'aviation des États-Unis (FAA) savait que le Boeing 737 Max serait sujet à des accidents sans modifications de conception, mais a autorisé l’avion à voler après le premier accident mortel. Un porte-parole des pilotes d'American Airlines se livre à Sputnik.

Les Boeing 737 Max sont cloués au sol depuis la mi-mars après deux accidents tragiques qui ont fait 346 morts cumulés. Après l'accident de Lion Air en Indonésie, qui a tué 189 personnes, une enquête interne a établi qu’il pouvait y avoir un accident mortel impliquant cet avion tous les deux ou trois ans, si des modifications n'étaient pas apportées au logiciel MCAS. Malgré ces conclusions, la FAA a autorisé l'avion à voler, et un deuxième 737 Max 8, exploité lui par Ethiopian Airlines, s'est écrasé quelques minutes après son décollage d'Addis-Abeba, tuant les 157 personnes à son bord.

Une extrême négligence

Le régulateur aérien américain, la FAA, a fait preuve d’une extrême négligence, a déclaré au micro de Sputnik Dennis Tajer, porte-parole de l'Allied Pilots Association qui représente les pilotes d'American Airlines et lui-même pilote formé sur les Boeing 737.

«Je pense qu’elle [la FAA, ndlr] n’a tout simplement pas compris à quel point ses décisions étaient graves et à quel point leurs conséquences étaient irrévocables avec la mort de tous ces innocents. […] L’indignation monte à chaque fois quand on voit environ chaque mois, voire chaque semaine… une nouvelle divulgation d'un élément précédemment non divulgué. […] C'est le même système en place à la FAA qui est maintenant chargé de certifier à nouveau cet avion et de revoir la formation des pilotes. […] Le système défaillant qui avait certifié le Boeing 737 Max n’a pas été modifié», explique le porte-parole.

Une minimisation des problèmes?

Pour lui, on dirait qu’on minimise tout bonnement les problèmes.

«Comment en sommes-nous arrivés là? Nous tenons à rester indépendants, en tant que défenseurs de nos passagers. Mais parfois, cela peut mettre d'autres parties prenantes mal à l'aise lorsque nous demandons à voir les documents. Nous allons toutefois persister dans ce sens, car en fin de compte, nous sommes la dernière ligne de défense pour nos passagers. Par ailleurs, nous nous trouvons nous aussi dans l'avion», rappelle M.Tajer.

Le nouveau système de commandes de l’avion, le système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS), a été identifié comme la cause des accidents mortels. Le MCAS, conçu pour être un élément de sécurité, est censé évaluer les données des capteurs et pousser le nez de l'avion vers le bas pour l'empêcher de caler dans le cas où le nez de l'avion est trop haut.

«Lors du développement initial de l'avion, Boeing avait des informations sur le MCAS pour les pilotes au cours d'une formation en entreprise, mais elles ont été retirées des manuels», a indiqué M.Tajer.

Le MCAS mis en cause des deux accidents mortels

Selon un rapport du Seattle Times, étant donné que le MCAS n'était censé être activé que dans ce que Boeing pensait être des circonstances très rares «en dehors de l'enveloppe de vol normale», Boeing a supposé que les pilotes n'auraient pas besoin d'être formés sur la façon d'utiliser le système et supprimé les informations sur le MCAS de ses manuels de vol.

Pourtant, dans les deux accidents mortels impliquant le Boeing 737 Max, ce logiciel s'est activé après avoir reçu des informations erronées d'une des deux sondes d'incidence (AOA), et s'est emballé malgré les tentatives des pilotes de le désactiver. Il a alors placé l'avion en piqué, selon les conclusions provisoires des enquêteurs.

Boeing a promis de vite effectuer les modifications nécessaires, reconnaissant que des catastrophes auraient pu être évitées si les pilotes avaient été informés d’une manœuvre à effectuer en cas de dysfonctionnement du MCAS. Toujours est-il que c’est la FAA qui avait délivré à Boeing la certification de certains systèmes clés du MAX, dont le fameux logiciel MCAS. À présent, le régulateur aérien a décidé que le Boeing 737 Max n'aurait pas de certification avant, au moins, l'année prochaine.

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Tags:
Administration fédérale de l'aviation (FAA) des Etats-Unis, Boeing 737 MAX 8, Boeing, États-Unis
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