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Aux États-Unis, les premiers papillons mâles génétiquement modifiés de la teigne du chou (Plutella xylostella) ont été relâchés dans la nature. Ces larves se nourrissent de feuilles de chou et de chou-fleur, de brocoli et de colza, et sont l'un des principaux ravageurs des cultures dans le monde, écrit Frontiers in Bioengineering and Biotechnology.

La teigne du chou (Plutella xylostella) s'adapte étonnamment rapidement à tous les nouveaux types de pesticides, et les dégâts annuels causés par cet insecte, dont les larves se nourrissent de feuilles de chou et de chou-fleur, de brocoli et de colza, sont estimés à cinq milliards de dollars par an, lit-on dans les pages de Frontiers in Bioengineering and Biotechnology.

Réduction de la population

Grâce à un procédé biotechnologique mis au point par des scientifiques américains et britanniques dirigé par Anthony Shelton, le nombre de destructeurs agricoles va diminuer.

Les spécialistes ont notamment ajouté deux nouveaux gènes au papillon de nuit naturel. L'un d'eux n'est inclus que dans la progéniture des mâles génétiquement modifiés (GM), entraînant la mort de tous les nouveau-nés. De plus, un tel gène est transmis par la lignée mâle et tous les mâles nés d'insectes GM ne pourront pas non plus avoir de progéniture femelle.

Un autre gène qui code une protéine fluorescente rouge n'était nécessaire que pour identifier les papillons GM dans la nature.

Le modèle développé par les scientifiques est gérable et auto-limitatif. Comme la progéniture du papillon de la teigne du chou a un taux de mortalité élevé — jusqu'à 50% de chaque nouvelle génération meurent — les scientifiques estiment que le gène létal disparaîtra après plusieurs générations si de nouveaux mâles GM ne sont pas libérés à chaque fois.

Le déroulement des essais

Au cours d'essais sur le terrain dans l'État de New York en août et septembre 2017, les chercheurs ont relâché six fois des papillons génétiquement modifiés dans la nature, de 1.000 à 2.500 insectes à chaque fois. Lors de la première saison, les mâles GM ont survécu dans la nature et ont même réussi à rivaliser avec des mâles sauvages pour s'accoupler avec des femelles.

Comme supposé, en quelques générations, les insectes génétiquement modifiés ont complètement disparu du territoire. Pour contrôler la sortie d'une souche artificielle de l'écosystème local, les chercheurs ont utilisé la technique du capture-marquage-recapture (CMR) lorsque des papillons étiquetés attirés par des phéromones spéciales ont été collectés dans des pièges.

Neil Morrison, chef du centre de recherche agricole d'Oxitec au Royaume-Uni et l'un des auteurs de l'étude, note que celle-ci a démontré l'énorme potentiel d'une telle technologie comme outil de lutte contre les parasites.

Avant de procéder aux tests, Oxitec a déposé auprès du ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA) une demande pour un lâcher expérimental de Plutella xylotstella génétiquement modifié afin d’éliminer les populations de parasites. Cet essai en pleine nature montre que ces papillons de nuit génétiquement modifiés, dont la progéniture femelle meurt peu après l’éclosion, pourraient aider à lutter contre ce redoutable parasite des cultures.

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Tags:
OGM, parasites, chou-fleur, chercheurs, Royaume-Uni, États-Unis
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