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Une équipe menée par Jean-François Lemaître, chercheur au CNRS, a analysé les données sur la longévité de plus de 100 espèces de mammifères. Dans la majorité des cas, les femelles vivent plus longtemps que les mâles, comme chez les humains. L’environnement et les rôles dans la reproduction y joueraient un rôle.

Dans une immense majorité de pays, les femmes ont une espérance de vie plus élevée que les hommes, pour une différence moyenne de 7,8%. La tendance se confirme chez les mammifères, où les femelles vivent 18,6% plus longtemps que les mâles. Une équipe menée par Jean-François Lemaître, chercheur au CNRS en biologie évolutive, a tenté de comprendre pourquoi.

Les scientifiques ont compilé les données de 134 populations de 101 espèces différentes, et ont constaté que dans 60% des cas, les femelles vivaient plus longtemps. Les raisons sont en partie biologiques et génétiques, mais cette différence s’explique aussi par certains comportements.

«Dans beaucoup d’espèces, les mâles vont devoir allouer beaucoup plus de ressources à la compétition sexuelle, au contrôle d’un harem ou à la défense d’un territoire», a expliqué Jean-François Lemaître à 20 Minutes, ajoutant que l’environnement joue également un grand rôle.

En étudiant plusieurs populations vivant dans des milieux différents, l’équipe a également observé que les différences de longévité étaient d’autant plus élevées entre les sexes «dans les environnements très riches en pathogènes».

Et la différence de longévité chez les humains?

Se basant sur une autre étude, la BBC rappelle que nos cellules contiennent différents chromosomes selon le sexe. Les femmes ont deux chromosomes X, tandis que les hommes ont un X et un Y. Le X supplémentaire chez les femmes pourrait avoir un effet protecteur contre les mutations nuisibles. Il s’agit d’un fait observé chez d’autres espèces.

Cette théorie est complémentaire avec cette récente étude sur les mammifères, a indiqué le Dr. Lemaître, pour qui «il y a clairement un impact des chromosomes sexuels». «Ce que démontre notre étude est que la différence est très variable selon les espèces, ce qui signifie que d’autres facteurs doivent être pris en compte pour expliquer cette variable», a-t-il conclu.

L’étude est accessible (en anglais) depuis le 23 mars sur le site Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

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Tags:
CNRS, longévité, femelle, mammifère, étude
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