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Études sur le coronavirus – avril (50)
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Le nouveau coronavirus a fait son apparition en septembre plutôt qu’en décembre 2019 et le foyer de l’épidémie se trouvait dans une autre région de Chine, affirment des scientifiques britanniques et allemands sur les pages du South China Morning Post.

La première flambée de Covid-19 serait survenue dès septembre 2019 plus au sud que Wuhan, la ville de la Chine centrale considérée comme la première à avoir été frappée, a annoncé le journal South China Morning Post en se référant à une étude de l'Université britannique de Cambridge et de l'Institute of Forensic Genetics de Munster, publiée début avril dans la revue PNAS.

«Le virus peut avoir muté vers sa forme finale adaptée pour les humains il y a des mois, mais est resté à l'intérieur d'une chauve-souris ou d'un autre animal ou même d’un homme pendant plusieurs mois sans infecter d'autres personnes. Ensuite il a commencé à infecter les humains et à se propager entre le 13 septembre et le 7 décembre», a déclaré jeudi 16 avril un généticien de l'Université de Cambridge, Peter Forster, cité par le South China Morning Post.

L’équipe de M.Forster a analysé 1.001 séquences de génome du virus publiées par des scientifiques du monde entier, en utilisant des techniques de réseau phylogénétique. Celles-ci permettent de créer une carte de déplacement d’organismes dans le monde compte tenu des changements de leurs gènes.

Dans cette étude, qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, les chercheurs essayaient de localiser l'emplacement du patient zéro et certains indices les incitaient à diriger leurs investigations vers le sud de Wuhan.

Une virus d’origine naturelle ou artificielle?

L’origine du virus est devenue un problème politiquement sensible. Le Président des États-Unis a plusieurs fois appelé le SARS-CoV-2  «virus chinois», tandis que Pékin a supposé que le virus avait été fabriqué et introduit en Chine par l'armée américaine.

Les chaînes de télévision Fox News et CNN ont rapporté début avril que le virus aurait pu provenir d'un laboratoire de biosécurité établi à Wuhan, se référant à des sources anonymes au sein du gouvernement américain.

«Si on m’obligeait à répondre, je dirais que la propagation [du coronavirus, ndlr] a commencé plutôt dans le sud de la Chine qu'à Wuhan. Mais il faut analyser d’autres chauve-souris et peut-être d’autres animaux-hôtes potentiels, ainsi que les échantillons biologiques humains prélevés dans les hôpitaux chinois entre septembre et décembre avant d’avoir des preuves» de cette hypothèse, a détaillé M.Forster.

Le réseau phylogénétique, une technique fiable?

Selon Su Bing, chercheur en génétique à l'Institut de zoologie de Kunming, dans le Yunnan, la méthode des réseaux phylogénétiques est plutôt fiable, mais a ses limites.

Ses résultats dépendent de la taille des échantillons et reposent sur des hypothèses sur la vitesse de mutation. Or le virus pourrait muter selon des schémas imprévisibles durant une pandémie sans précédent, estime le chercheur chinois.

«Cela ne peut donc pas être très précis, il y a toujours une marge d’erreur. Ce travail peut fournir des indices importants pour de futures enquêtes, mais les conclusions doivent être traitées avec prudence», a conclu Su Bing dont les propos ont été repris par le South China Morning Post.
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souche de coronavirus, génétique, Covid-19, coronavirus SARS-CoV-2
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