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Plusieurs poissons de l’aquarium de Cairns, en Australie, ont montré des signes de solitude, voire de dépression, depuis que l’établissement a fermé ses portes au public en mars en raison du coronavirus. Selon les biologistes marins qui s’en occupent, certaines espèces apprécient véritablement les interactions avec les humains et s’y attachent.

L’aquarium de Cairns, en Australie, a ouvert ses portes il y a deux ans mais a dû les refermer à la mi-mars à cause de l’épidémie de Covid-19. Et visiblement, il n’y a pas que les employés qui ont été perturbés par l’absence de visiteurs. Le personnel de l’établissement a ainsi observé des signes de solitude chez certaines espèces, a rapporté la chaîne ABC.

«Un bon nombre de poissons ont commencé à se comporter un peu étrangement, presque même à bouder», a témoigné Paul Barnes, biologiste et conservateur de l’aquarium.

Le favori du public, Chang, un mérou géant du Queensland, a été particulièrement touché par l’absence soudaine d’humains. «Il a arrêté de manger pendant quelques semaines, et il mange encore trop peu», a indiqué M.Barnes.

Le spécialiste a rappelé que les poissons peuvent voir les gens à l’extérieur de l’aquarium, et leur présence est «une forme de stimulation» pour eux. «Ils aiment scruter les visages, regarder quelles couleurs les gens portent», a-t-il précisé.

Pour leur apporter un peu plus de présence humaine, la direction a décidé de recruter un nouveau plongeur pour nager avec eux et leur tenir compagnie. «Nous avons des requins léopard, et ils aiment presque être tenus et câlinés comme des chiots», a précisé le directeur général, Daniel Leipnik, cité par l’Australian Associated Press.

Aider les anguilles à se rappeler les humains

Au début du mois, l’aquarium Sumida de Tokyo a lancé un appel à communiquer par vidéo avec ses anguilles, lesquelles semblaient oublier à quoi ressemblent les humains. Depuis la fermeture de l’établissement en mars, seuls les gardiens patrouillaient aux alentours des aquariums, et cette trop faible présence humaine les poussait à se cacher en leur présence.

«Les anguilles jardinières disparaissent dans le sable et se cachent à chaque fois que les gardiens passent», a déploré la direction, ce qui empêche donc de surveiller leur état de santé.

Les soigneurs ont dû faire preuve d’ingéniosité pour les aider à se réhabituer au passage régulier des visiteurs. Ainsi, ils invitent les volontaires à montrer leur visage sur téléphone ou tablette, et la vidéo est diffusée aux anguilles.

La dépression chez les poissons étudiée

Une étude menée en 2017 par des chercheurs américains a démontré que les poissons ressentent des émotions et sont capables de reconnaître leur propriétaire. Leur cognition n’est d’ailleurs pas très différente de la nôtre. «La neurochimie est tellement similaire que ça en est effrayant», a expliqué au New York Times Julian Pittman, professeur en sciences biologiques et environnementales à l’Université de Troy en Alabama.

Il semblerait donc qu’il se passe beaucoup plus de choses qu’on ne le croit dans la cervelle d’un poisson. Le Dr. Pittman travaille même sur une forme de traitement pour soigner leur dépression. Son étude sur le poisson-zèbre a notamment permis de révéler que s’il reste dans le fond de son aquarium, c’est qu’il est déprimé, mais qu’il ne l’est pas s’il bouge davantage vers le haut, montrant de la sorte plus de curiosité à explorer son environnement.

«L’une des choses que l’on a découvertes est que les poissons sont naturellement curieux et cherchent de nouvelles choses à découvrir», a expliqué Victoria Braithwaite, biologiste à l’Université d’État de Pennsylvanie.

Leur dépression serait liée à l’absence de stimulation. Pour éviter cela, il faut donc les placer dans un environnement suffisamment vaste et complexe, avec de nombreuses plantes et objets au travers desquels ils peuvent passer, avec une eau propre et un niveau d’oxygène suffisant.

Reste à savoir si le terme «dépression» est approprié pour qualifier ce comportement, car certains chercheurs parlent davantage d’anxiété. Ce qu’a observé M. Pittman, du moins sur le poisson-zèbre, c’est qu’il a tendance à perdre de l’intérêt (pour la nourriture, les jouets, l’exploration) et à s’isoler, tout comme les personnes atteintes de dépression clinique.

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Tags:
étude, Australie, aquarium, confinement, solitude, dépression, poisson
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