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Les populations natives des berges du lac Baïkal, en Sibérie, et les Indiens d’Amérique seraient des cousins, a établi une équipe internationale d’archéologues et de paléogénéticiens à l’issue d’une étude récemment parue dans la revue scientifique Cell.

Après avoir comparé l’ADN d’habitants préhistoriques de la région du lac Baïkal et celui d’Amérindiens, les chercheurs ont établi un lien de parenté entre eux. Selon une étude, dont les résultats ont été publiés en mai dernier dans la revue scientifique Cell, il y a des dizaines de milliers d’années, une grande communauté s’était formée en Sibérie, dont les membres auraient pu transmettre leur génome à bien des peuples contemporains, y compris aux Indiens d’Amérique et aux Russes.                                                                 

La Russie actuelle, terre d’origine des Indiens d’Amérique?

Les preuves génétiques de l’hypothèse de l’origine sibérienne des populations natives actuelles d’Amérique du Nord comme du Sud ont été publiées pour la première fois en 2015 par un groupe de scientifiques qui avaient analysé le génome de 31 membres des peuples de souche d’Amérique, de Sibérie et d’Océanie. Les chercheurs ont comparé les données obtenues avec les résultats anciens du décryptage de l’ADN extrait de restes humains - squelettes et momies.

Sur les berges du lac Baïkal, en Sibérie

Ainsi, tout porte à croire qu’il y a plusieurs millénaires, les ancêtres des Indiens d’Amérique vivaient sur les berges du lac Baïkal, en Sibérie. Depuis longtemps déjà, bien des scientifiques s’accordent à dire que ces populations étaient effectivement issues de l’actuelle Russie.

On sait d’ores et déjà que le peuplement humain de l’Amérique du Nord s’est effectué par la traversée à pied du détroit de Béring, prisonnier des glaces lors de la dernière ère glaciaire. Qui plus est, une nouvelle comparaison génétique a permis de retracer l’itinéraire de ces migrations humaines depuis le sud du lac Baïkal, situé à plus de 4.700 kilomètres du détroit.

Les chercheurs ont analysé l’ADN de 19 individus vivant à proximité de la plus grande étendue d’eau douce de la planète entre 2.000 et 12.000 ans avant notre ère pour constater finalement que certaines composantes clefs de leur génome se retrouvaient dans celui des Indiens d’Amérique contemporains ainsi que celui de leurs aïeux qui peuplaient la Kolyma (région de l’Extrême-Orient russe).

Les experts en ont conclu que le lac Baïkal avait été le témoin d’un mélange de populations différentes, notamment des anciens Nord-Eurasiens (culture de l’Âge du bronze) et des Asiatiques du Nord-Est (culture néolithique) et avait par conséquent constitué une étape dans les flux migratoires ayant ultérieurement abouti au peuplement du Nouveau Monde.

Traverser à pied le détroit de Béring pour peupler le Nouveau Monde

L'histoire veut que les premiers Américains, ancêtres des Indiens d'Amérique, aient traversé le détroit de Béring à pied, il y a environ 15.000 ou 16.000 ans, avant de se répandre progressivement sur tout le continent. L'hypothèse la plus plausible considère que cette population pionnière venait d'Asie de l'Est.

Les données de l’étude génétique de 2015 s’accordent somme toute avec les découvertes archéologiques faites plus tard près de la rivière Iana, en Iakoutie, par un  groupe de chercheurs dirigés par Eske Willerslev, de l'université de Copenhague, et une autre équipe de scientifiques sous la direction de David Reich de la Harvard Medical School.

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Tags:
Sibérie, Baïkal, États-Unis, Russie
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