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Alors que les humains se lancent à la conquête de Mars, le rayonnement représente encore le plus grand danger pour les missions dans l'espace lointain. Une solution à ce problème pourrait venir des champignons que l'on trouve autour et à l'intérieur de la centrale nucléaire de Tchernobyl testés à bord de l'ISS, selon une étude publiée dans bioRxiv.

À la recherche de boucliers anti-rayonnement innovants visant à protéger les astronautes contre de fortes radiations lors des missions dans l'espace lointain, notamment vers Mars, une équipe de scientifiques des universités de Stanford (Californie) et de Caroline du Nord a tourné son regard vers les champignons qui poussent autour et à l'intérieur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Ils partaient de l'idée que certains champignons se développent dans des environnements à fort rayonnement sur Terre, comme le rayon de contamination de la centrale nucléaire de Tchernobyl, et que ces organismes semblent effectuer une radiosynthèse par un procédé similaire à la photosynthèse, en utilisant des pigments connus sous le nom de mélanine pour convertir le rayonnement gamma en énergie chimique.

La radiosynthèse correspond grosso modo à la photosynthèse, à cette différence que l'énergie absorbée par la moisissure n'est pas celle du soleil, mais celle émise par les radiations ionisantes étant donné que la radioactivité est présente en quantités immenses.

Dans leur étude publiée par bioRxiv, les scientifiques ont émis l'hypothèse que ces organismes, ou plutôt leur moisissure, pouvaient être utilisés comme bouclier contre les radiations pour protéger d'autres formes de vie.

Testés à bord de l'ISS

La croissance de ces champignons nommés Cladosporium sphaerospermum et leur capacité à atténuer les rayonnements ionisants ont été étudiées à bord de la Station spatiale internationale (ISS) sur une période de 30 jours, dans des conditions simulant le séjour à la surface de Mars.

Le test a démontré que les spécimens d'un peu moins de deux millimètres avaient permis d'abaisser le niveau de radiation d'au moins 2%.

Pourtant des calculs permettent d'affirmer qu'une couche d'environ 21 centimètres d'épaisseur de ce champignon pourrait largement annuler l'équivalent de la dose de rayonnement annuelle à la surface de Mars, et que neuf centimètres seulement seraient nécessaires avec un mélange équimolaire de mélanine et de Régolithe martien.

Les scientifiques estiment que leur hypothèse est prometteuse en tant que moyen d'augmenter la protection contre les radiations tout en réduisant la masse totale, ce qui est obligatoire pour les futures missions sur Mars.

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Tags:
champignons, Tchernobyl, Mars
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