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Des archéologues espagnols et britanniques ont profité du confinement lié à la pandémie pour analyser scrupuleusement les images aériennes et satellites de la partie nord de l’Espagne. À l’issue de leurs travaux, ils ont annoncé avoir établi les coordonnées de 66 anciens camps construits par l’armée romaine durant la conquête de la péninsule.

Pour faire une découverte archéologique majeure, il ne faut pas forcément creuser le sol. L’exemple d’archéologues espagnols et de leurs collègues britanniques en est la preuve. Analysant des images aériennes et satellites, ils ont notamment réussi à découvrir 66 camps militaires romains construits à partir de la fin du Ier siècle avant J.-C. dans une zone qui couvre les provinces espagnoles de León, Palencia, Burgos et Cantabrie. Les détails de l’étude ont été publiés dans la revue Geosciences.

Durant la pandémie, les chercheurs ont analysé plusieurs images provenant de la base de l'Institut géographique national espagnol (IGN), ainsi que celles de Google Earth et de Bing Maps. Ils ont ensuite créé des modèles de terrain en trois dimensions en utilisant les données des radars laser LiDAR.

​Pour avoir des détails, les scientifiques se sont rendus sur le terrain et ont utilisé des drones. Après avoir analysé les images, les chercheurs ont vu les contours des voies romaines et des camps temporaires, souvent rectangulaires, comme une carte à jouer. Les limites des sites militaires se manifestent dans les restes de fossés ou de remparts en terre et en pierre, à peine visibles dans le paysage moderne.

Selon leurs hypothèses, ces fortifications ont été utilisées par les légionnaires et soldats romains pendant les guerres cantabres (29-19 avant J.-C.), dans des opérations de pacification du territoire, comme abri lors de la construction de routes ou lors de l'exploitation de zones minières.

«La découverte de ces sites permet de combler de nombreuses lacunes et d'avoir une vision plus complexe et complète de la façon dont l'armée romaine se déplaçait dans cette zone entre le nord de la Meseta centrale et les monts Cantabriques», explique Andres Menendez Blanco, de l’Institut d'archéologie de Mérida.

Des camps de tailles différentes

Bien que les fouilles sur le terrain et les analyses au radiocarbone soient encore à faire, les archéologues sont sûrs que pour la plupart il s'agit de camps romains.

«Ces types de structures suivent des normes très spécifiques et sont très reconnaissables, comme le plan rectangulaire aux coins arrondis qui n'a pas d'autre explication possible. L'armée disposait de quelques modèles qu'elle ne cessait de répéter», explique M.Blanco.

Les 66 sites détectés ont été classés en quatre catégories en fonction de leur taille: petite (entre 1 et 3,5 hectares), moyenne (4-8 hectares), grande (10-15 hectares) et très grande (15 hectares et plus).

​Ce dernier groupe correspondrait à d'importants mouvements de troupes et les chercheurs estiment qu'ils pourraient être liés aux campagnes des légions d'Auguste contre les Cantabres et les Asturiens. Même si, selon les archéologues, aucun de ces camps n'a joué un rôle de premier plan, les nouvelles données peuvent aider à réévaluer les récits historiques de la conquête romaine de la région.

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Tags:
fouilles, Auguste (empereur romain), Espagne
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