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Grâce à une technologie d’analyse géométrique en 3D, des scientifiques britanniques sont parvenus à ouvrir virtuellement et finalement lire une lettre scellée datée du XVIIe siècle. Une technique très prometteuse pour les documents historiques endommagés.

Des décennies avant l’apparition des enveloppes modernes, les expéditeurs de lettres pliaient leurs missives de façon très sophistiquée pour que la lettre devienne sa propre enveloppe sécurisée.

Aujourd’hui, vus l’âge et l’état de ces documents historiques qui nous sont parvenus, il est souvent impossible de les ouvrir sans les détruire. Pourtant, des chercheurs de l'Université Queen Mary de Londres (QMUL) ont créé un procédé qui pourrait résoudre le problème. Cela est devenu possible grâce à une méthode volumétrique de radiographie, rapporte un article publié dans la revue scientifique Nature communications.

Des lettres perdues

Les chercheurs ont notamment réussi à reconstituer le contenu d’une lettre datée de 1697 sans l’ouvrir. Le document provient de la collection Brienne, qui contient plus de 3.000 lettres en néerlandais, anglais, français, italien, latin et espagnol. Pour des raisons inconnues, une fois arrivées à La Haye, elles n'ont jamais été livrées à leurs destinataires et ont été détenues par le chef de la poste nommé Simon de Brienne.

Les lettres qui ne pouvaient pas être livrées étaient souvent conservées par les postiers de Brienne, car elles représentaient une source potentielle de revenus: aux XVIIe et XVIIIe siècles, c’est le destinataire plutôt que l’expéditeur qui payait la lettre, supposent les chercheurs.

«Ie vous a`y escrit»

La missive qu’ils ont pu déchiffrer est une lettre typique des communications quotidiennes de l'époque rédigée en français: l’expéditeur nommé Jacques Sennacques, demande à son cousin Pierre Le Pers, un marchand français à La Haye, une copie certifiée d'un certificat de décès d'un certain Daniel Le Pers.

«Monsieur & cousin Il `y a quelque semaines que ie vous a`y escrit pour vo`us prier de me faire auoir vn extrait [leg]aliz ́e de la mort du Sr Da[niel le] Pers arriuee a la ha ̈ye au m[ois d]e decembre 1695» [sic], commence cette lettre datée du 31 juillet 1697.

Sa demande accomplie, Sennacques passe alors le reste de la lettre à demander des nouvelles de la famille et à bénir Le Pers. Il n’est pas établi pourquoi Le Pers n’a pas reçu la lettre de Sennacques, il est probable que Le Pers soit parti.

Sur le papier, un chiffre 10 est marqué en rouge: les chercheurs supposent que cela indique combien de patards (une monnaie néerlandaise de l’époque) la lettre en coûterait au destinataire.

Une technique prometteuse

«Notre travail vise à contribuer à la conservation du patrimoine culturel. […] Nos méthodes créent donc une opportunité pour le secteur du patrimoine de protéger l'intégrité des documents», notent les chercheurs.

Le but de cette étude était d'automatiser entièrement le procédé de déchiffrement de documents avec un pliage plus complexe que ceux qui avaient été précédemment explorés, ont-ils fait savoir.

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chercheurs, histoire, lettre, science
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