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À l'occasion d'une réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique à Reykjavik, un rapport a été rédigé qui constate, en se fondant sur des données actualisées, que l’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète. Un phénomène qui reste cependant inexpliqué, selon un scientifique russe.

Les températures dans l’Arctique montent beaucoup plus rapidement que partout ailleurs sur notre planète, c’est ce que montrent des observations réalisées dans les stations météorologiques installées dans la région dans les années 1930, a indiqué ce vendredi à Sputnik Alexandre Sinenkov, spécialiste en chef du Centre météorologique Phobos.

Il a ainsi confirmé les conclusions exposées dans un rapport du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique (AMAP), publié le 20 mai, selon lequel cette région se réchauffe trois fois plus vite que toute la planète, bien plus vite que les chercheurs ne le croyaient. Entre 1971 et 2019, la température moyenne annuelle en Arctique a augmenté de 3,1°C contre 1°C sur le reste de la Terre, indique le document actualisé.

«Une mise à jour importante est que l'augmentation annuelle moyenne à la surface de l'Arctique (terre et océan) entre 1971 et 2019 a été trois fois plus élevée que l'augmentation de la moyenne mondiale pendant la même période. C'est plus qu'indiqué dans les précédentes évaluations de l'AMAP», soulignent les auteurs, cités par l’AFP.

Un mystère

Le climat est la moyenne des paramètres météorologiques en 30 ans, explique M.Sinenkov. La comparaison des changements survenus durant les périodes entre 1930 et 1960, 1960 et 1990, 1990 et 2020 montre que c’est bien dans l’Arctique qu’ils ont été les plus significatifs.

Les raisons pour lesquelles cette région septentrionale est la plus touchée sont encore inconnues, ajoute le spécialiste.

Le déplacement de la chaleur, qui représente d’ailleurs le temps qu’il fait sur Terre, s’effectue par l’atmosphère et par les océans. Or, ces derniers occupent de très vastes espaces, ce qui complique les observations. Il est donc difficile pour l’instant d’expliquer les changements qui surviennent dans les températures et pourquoi ils sont plus notables dans l’Arctique qu’ailleurs, précise le scientifique.

Il est également impossible, selon lui, de dire avec certitude si le réchauffement climatique est dû à des raisons naturelles ou à l’activité humaine. En effet, les températures augmentent au moins depuis deux siècles. Le grand peintre russe Ivan Aïvazovski avait ainsi immortalisé le détroit du Bosphore gelé et couvert de neige en 1874.

​Mais la durée de la période de ces observations régulières est encore trop courte pour pouvoir juger des raisons du réchauffement, insiste le scientifique.

Par exemple, la canicule qui a frappé le 19 mai le nord-ouest de la Russie, où la température a atteint 35 degrés par endroits, n’a cependant pas égalé celle de 1897, où les températures avaient dépassé ces chiffres d’un degré, raconte M.Sinenkov. Il juge qu’il est donc infondé d’affirmer que le facteur humain est la principale cause du réchauffement.

Protéger l’environnement est un impératif

D’autre part, Alexandre Sinenkov approuve inconditionnellement la large couverture de ces problèmes par les médias qui attirent ainsi l’attention sur les questions écologiques et la nécessité de protéger l’environnement. Car l’activité de l’homme participe tout de même à l’augmentation des quantités de gaz à effet de serre, même si elle n’est pas la seule à en produire. 

Il faut pourtant songer à préserver la nature car tout y est interdépendant, souligne-t-il. Par exemple, lors de la transmission des masses d’air, les particules font le tour de la Terre en seulement quelques jours. Il y a quelques décennies, une dépendance inattendue a été constatée entre le niveau du lac Tchad en été et le niveau de couverture de la glace de l’océan Arctique à l’hiver suivant. Cette corrélation a existé pendant 30 ans, avant de disparaître, a fait savoir le scientifique. D’autres processus, comme le réchauffement, peuvent en théorie eux aussi changer de tendance à l’avenir, admet Alexandre Sinenkov.

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Tags:
climat, Arctique, réchauffement climatique
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