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Les scientifiques de Roscosmos s’opposent à leurs collègues de la Nasa qui estiment qu’il y a un lien direct entre la teneur en dioxyde de carbone dans l’air de la Station spatiale internationale et les maux de tête dont se plaignent certains astronautes.

La vie à bord de l’ISS est une épreuve pour le corps humain. Les scientifiques prêtent donc une attention particulière aux différents malaises éprouvés. Parmi ceux-ci figurent les maux de tête, un sujet discuté par des spécialistes américains et russes.

Ainsi, dans le dernier numéro de la revue Vols spatiaux habités, des experts de Roscosmos ont donné une réponse détaillée à leurs collègues de la Nasa qui affirment que les maux de tête observés à bord de l’ISS entre 2001 et 2012 sont liés à la teneur élevée en CO2 dans l’air de la station.

La Nasa a fait état de 46 plaintes d’astronautes concernant des maux de tête qui ont été constatés soit lorsqu’ils travaillaient dans un espace confiné avec un manque d’air, soit lorsque l’équipage se réunissait au même endroit.

Depuis 2008, rappelle le rapport, à la demande de la partie américaine, la limite en CO2 dans l’air de l’ISS a été progressivement réduite de 6 à 4,5 puis à 4, et ensuite à 3,2-3,3. Actuellement elle est maintenue à un niveau inférieur à 3 millimètres de mercure. Cependant les plaintes au sujet des maux de tête continuent.

L’avis de Roscosmos

Les scientifiques russes soulignent dans leur rapport qu’il n’existe toujours aucune preuve directe du fait que les maux de tête soient provoqués par un niveau élevé de CO2. De plus, un examen médical n’a pas été effectué immédiatement après les douleurs. Les conclusions de la Nasa sont surtout basées sur les estimations subjectives des astronautes et des opérateurs au sol.

«L’équipage n’était pas au courant des niveaux élevés de CO2, mais les opérateurs au sol ont déclaré qu’il avait l’air ennuyé à ce moment-là. Un membre d’équipage a signalé de la fatigue, la décrivant comme atypique par rapport à celle d’une journée de travail normale», indique le rapport russe.

Il y est par ailleurs indiqué que pendant plus de 30 ans les Russes et les étrangers qui se déplaçaient dans les stations orbitales Saliout, Mir et ISS ne se sont pas plaints de ce problème avec une teneur moyenne en CO2 d’environ 6 millimètres de mercure.

Le rapport mentionne notamment que les conclusions de la Nasa concernant la sensibilité de leurs astronautes au niveau CO2 en vol ne sont pas convaincantes, car l’incidence des maux de tête est seulement de 2,7% alors que les médecins compte près de 200 causes capables de les provoquer.

Parmi l’une de celles-ci, les scientifiques russes ont nommé l’apesanteur associée à un afflux de sang à la tête.

L’expérience de Thomas Pesquet

Interrogé le 22 mai par France Inter sur le mal de l’espace, le Français Thomas Pesquet, qui se trouve à bord de l’ISS depuis fin avril, a évoqué le mal de tête comme l’une des épreuves subies.

«Certains ont besoin de s’adapter. Les symptômes, ce sont des vertiges, nausées, ou peut-être un peu fatigué. C’est comme le mal de mer, certains l’ont très fortement et sont incapables de faire quoique ce soit. Et puis les fluides ne se répartissent pas de la même manière dans le corps et font qu’on est un peu congestionné, qu’on peut avoir mal à la tête, avoir du mal à dormir, mais on a une pharmacie très complète, et s’il y a un gros problème, il y a des docteurs au sol qui s’occupent très très bien de nous», a-t-il expliqué.

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Tags:
espace, France, ISS
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