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La Russie souhaite développer les interfaces neuronales, liant le cerveau à un ordinateur et assistée par intelligence artificielle, selon l’important média russe Kommersant. Le gouvernement a toutefois démenti l’information, expliquant que les financements n’avaient pas été octroyés.

La Russie prévoit d’injecter 54 milliards de roubles (620 millions d’euros) dans le programme «Cerveau, santé, intelligence, innovations» pour la période 2021-2029. Y figure un projet de technologie liant le cerveau à un ordinateur, est-il écrit dans un article du quotidien russe Kommersant mardi 22 juin. Le gouvernement précise toutefois que ce programme n’a finalement pas reçu de financement.

Il fonctionnerait à l’aide d’une intelligence artificielle chargée d’interpréter les signaux électriques envoyés par le cerveau. Concrètement, il s’agit de créer «des interfaces personne-machine pour contrôler des systèmes complexes (avions, centrales nucléaires, voitures) que ce soit directement ou à distance», indiquerait le document de ce programme, dont Kommersant soutient qu’il a été signé par Poutine en mars dernier.

À distance, cela permettrait à un homme d’agir dans l’espace ou dans des lieux à forte radiation tout en restant dans un environnement sûr. En outre, l’intelligence artificielle permet d’améliorer «l’évaluation des situations, la prévision de leur évolution et la prise de décision».

Démenti

Le ministère russe des Sciences et de l’Enseignement supérieur, dont un membre aurait été la source du quotidien russe, a précisé à Sputnik que ce programme de «puçage de cerveau» n’a en fait pas reçu de financement. «À la fin de l’année dernière, au niveau du gouvernement, il a été décidé qu’il était inopportun de le développer», a ajouté son service de presse.

Le marché des neuro-interfaces

Les États-Unis et la Chine ont déjà investi dans leur propre programme d’interfaces neuronales. Le marché mondial dans ce domaine était estimé à entre 1,2 et 1,3 milliard de dollars (un peu plus d’un milliard d’euros) en 2019, mais est en pleine croissance, précise à Kommersant Ani Aslanyan, fondatrice de la chaîne Telegram «BlockchainRF».

En Russie, cette technologie est développée depuis quelque temps, comme le rappelle auprès du quotidien le directeur de l’entreprise Sensor Tech, Denis Koulechov. Sa société est en train de développer une puce à implanter dans le cerveau pour permettre aux aveugles de recouvrer la vue en transmettant un «signal vidéo» à la zone du cortex visuel.

Mikhaïl Lebediev, professeur et chercheur à Skoltech (institut Skolkovo des sciences et technologies), confirme à Sputnik que ces puces sont déjà utilisées pour des raisons médicales, avec des avancées prometteuses pour les 50 prochaines années. Quant à les voir contrôler des véhicules, il estime que cela relève davantage du «buzz» que de la science.

Neuralink

Cette technologie a en tout cas fait parler d’elle à l’été 2020 avec Neuralink, la start-up d’Elon Musk. Une puce connectée avait été implantée dans le cerveau d’un cochon paralysé, ce qui lui avait permis de marcher sur un tapis roulant. En avril dernier, la société a réalisé une nouvelle avancée en faisant jouer un macaque à un jeu vidéo sans utiliser d’autre interface que son cerveau, de façon télépathique.

L’entrepreneur américain souhaite développer ce type de puce pour les humains, permettant aux personnes paraplégiques de retrouver leur mobilité, ou de traiter des maladies neurologiques. Il soulève toutefois de nombreuses questions, qu’elles soient scientifiques, éthiques ou sur la sécurité du dispositif.

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Tags:
financement, Neuralink, intelligence artificielle, interfaces neuronales, cerveau
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