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Les eaux usées contenant de la méthamphétamine qui pénètrent dans les cours d'eau sont capables de provoquer une toxicomanie chez les poissons, selon des chercheurs qui ont étudié un banc de truites.

La consommation de drogue joue un rôle inattendu dans la contamination des écosystèmes aquatiques qui reçoivent des rejets d'eaux usées, avancent des chercheurs tchèques dans une étude publiée mardi 6 juillet dans Journal of Experimental Biology.

Ils ont démontré que la méthamphétamine, considérée comme l'une des menaces mondiales les plus importantes pour la santé, déclenche une dépendance et une altération du comportement de la truite brune Salmo trutta lorsque les eaux usées qui pénètrent dans les cours d’eau en contiennent beaucoup.

«Nos résultats suggèrent que l'émission de drogues illicites dans les écosystèmes d'eau douce provoque une dépendance chez les poissons et modifie les préférences en matière d'habitat avec des conséquences néfastes inattendues au niveau individuel et chez toute la population concernée», indiquent les chercheurs.

Lors de l’étude ils ont observé deux groupes de 60 poissons qui ont été placés dans des réservoirs séparés pendant huit semaines. L'un contenait des niveaux de méthamphétamine trouvés couramment dans les rivières d'eau douce, tandis que l'autre était sans drogue. Mis à part la méthamphétamine, les conditions dans les deux environnements contrôlés étaient identiques.

Des signes d’anxiété et des symptômes de sevrage

Les chercheurs ont ensuite transféré toutes les truites dans un réservoir d'eau douce commun. Les poissons habitués à la méthamphétamine étaient moins actifs, ce qui suggère qu'ils souffraient peut-être d'anxiété ou d'autres symptômes de sevrage. Ces différences de comportement ont duré environ 96 heures jusqu'à ce que le médicament ne soit plus détecté chez les poissons en question.  

Dans l’autre réservoir, les poissons touchés semblaient être attirés par la zone avec la méthamphétamine, quel que soit l'endroit où elle se trouvait. Une preuve supplémentaire de dépendance, selon l'étude.

Pavel Horky, écologiste à l'Université tchèque des sciences de la vie de Prague, a déclaré aux médias que les résultats de son équipe avaient mis en évidence un exemple de «pression inattendue sur les espèces vivant en milieu urbain».

Les chercheurs tchèques ne sont pas les premiers à constater l’impact de la drogue des eaux usées sur les poissons.

Anguilles et cocaïne

En janvier dernier, des scientifiques britanniques avaient annoncé au Times que des résidus de cocaïne consommée à Londres avaient été découverts dans les eaux de la Tamise avec des concentrations menaçant la faune.

La drogue rendait les anguilles hyperactives.

Selon les chercheurs, elle provenait de l’urine des consommateurs. Normalement, elle aurait dû être éliminée par traitement et dilution de l’eau, mais elle ne l’avait pas été suite aux défaillances du système d’épuration. 

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Tags:
poisson, méthamphétamine, étude
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