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    Beslan: fin de l'enquête (synthèse du rapport parlementaire)

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    Le rapport soumis par la commission d'enquête parlementaire sur l'acte terroriste de Beslan a répondu pratiquement à toutes les questions relatives à cet événement tragique.

    MOSCOU, 25 décembre - RIA Novosti. Le rapport soumis par la commission d'enquête parlementaire sur l'acte terroriste de Beslan a répondu pratiquement à toutes les questions relatives à cet événement tragique.

    Après avoir pris connaissance vendredi du rapport d'Alexandre Torchine, président de la commission, le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) a annoncé l'achèvement du travail de la commission fondée le 21 septembre 2004. Le rapport sera publié sur le site officiel de la chambre haute. Il est déjà disponible sur le site du sénateur à l'adresse suivante: www.torshin.ru.

    "L'histoire de la Russie contemporaine n'a jamais connu d'actes comparables par leur cruauté et leur envergure à la tragédie de Beslan", a déclaré M. Torchine.

    Le 1er septembre 2004 (jour de la rentrée des classes), un groupe de terroristes armés avait pris en otage 1.128 adultes et enfants dans l'école N°1 de Beslan (Ossétie du Nord).

    Les trois jours qui suivirent, les terroristes n'avancèrent aucune revendication précise et refusèrent de transmettre des médicaments, de l'eau et des produits alimentaires aux otages, lit-on dans le rapport.

    Vendredi 3 septembre, ils autorisèrent l'évacuation des dépouilles des otages tués. Alors que les sauveteurs emportaient les corps, deux explosions retentirent dans le gymnase de l'école. Une partie des otages se mit à courir, et les terroristes ouvrirent le feu sur eux. Les unités spéciales furent alors contraintes de lancer l'assaut.

    Les combattants terroristes opposèrent une résistance farouche, se cachant derrière les otages. Au cours de l'opération de libération des otages et d'élimination des terroristes, les structures de force ont été obligées d'employer des armements lourds: des chars et des lance-flammes "Chmel". Le bâtiment de l'école fut partiellement détruit.

    Bilan de la prise d'otages: 333 morts, dont 186 enfants. 728 otages et habitants de Beslan, et 55 membres des unités spéciales du FSB (Service fédéral de sécurité), policiers et militaires, furent blessés.

    La commission a établi que l'explosion dans l'école s'était produite par la faute des terroristes, et non pas à cause des actions des unités spéciales.

    "Au cours de l'enquête sur l'affaire du terroriste Koulaïev (le seul terroriste survivant - ndlr.), il a été établi qu'un membre de la bande, agissant selon un plan prévu à l'avance, avait mis en action les engins explosifs artisanaux installés dans le gymnase de l'école", a précisé Alexandre Torchine.

    Constatant que certains témoignages des otages étaient contradictoires, le sénateur l'a expliqué par l'état physique des gens qui se trouvaient alors dans le gymnase.

    L'attaque contre l'école de Beslan avait d'abord été prévue comme un attentat-suicide, ce qui a été confirmé par de nombreuses données, a fait remarquer M. Torchine. Les bandits avancèrent des revendications politiques notoirement inacceptables, a-t-il souligné.

    La cellule de crise créée après la prise d'otages dans l'école de Beslan a agi conformément à la loi, est-il indiqué dans le rapport.

    L'enquête parlementaire a également révélé plusieurs problèmes sérieux relatifs aussi bien à la formation professionnelle des chefs et des participants à l'opération antiterroriste qu'au travail organisationnel de la cellule de crise.

    "L'acte terroriste a été rendu possible en raison de l'absence de contrôle de l'exécution des consignes du ministère de l'Intérieur au niveau local. Les mesures de protection de l'ordre public et de sécurité des citoyens le Jour du savoir, le 1er septembre, étaient purement formelles", lit-on dans le rapport.

    Les organes judiciaires et de sécurité ne disposaient d'aucune information sur la préparation d'un acte terroriste à l'école, indique le document. "Cela s'explique avant tout par la faiblesse des infiltrations d'agents dans le proche entourage des chefs des formations armées illégales et des exécutants directs de leurs projets criminels".

    "Les terroristes passèrent près d'une semaine dans les environs du village de Sedakh, du district de Malgobek, en Ingouchie. Des hommes armés se déplaçaient librement sur le territoire de cette localité, mais ni les services secrets, ni les policiers ne les ont remarqués", a expliqué le sénateur.

    "Certains terroristes qui occupèrent l'école avaient été auparavant traduits en justice, entre autres, pour terrorisme et appartenance à des formations armées illégales, mais, pour telle ou telle raison, les bandits avaient été relâchés", a poursuivi Alexandre Torchine.

    Selon le chef de la commission, des dirigeants russes ont été interrogés: "Le président et les membres du gouvernement, les responsables du Parquet général, des organes judiciaires et des services secrets, les dirigeants de la République d'Ossétie du Nord-Alanie et de la République d'Ingouchie ont répondu aux questions de la commission et donné les éclaircissements nécessaires".

    Après l'acte terroriste commis à Beslan, le système de lutte contre le terrorisme a fondamentalement changé en Russie, a affirmé M. Torchine.

    Le Comité national antiterroriste a été créé en Russie, a-t-il rappelé. "Les leçons de Beslan ont été prises en considération dans toutes les sphères de l'activité antiterroriste. On a fait beaucoup pour lutter contre la menace terroriste aussi bien dans le Caucase du Nord que sur le territoire de la Russie dans son ensemble", a-t-il dit.

    Selon lui, rien qu'au cours du premier semestre 2006, plus de cent chefs de formations armées illégales et terroristes ont été tués dans le Caucase du Nord. "En 2005, près de 65% des crimes à caractère terroriste ont été élucidés. Cela dépasse considérablement l'indice de 2004 (27,5%)", a poursuivi Alexandre Torchine. Les chefs terroristes clandestins ont été pratiquement tous éliminés: ceux qui avaient organisé un réseau terroriste international dans le Caucase du Nord soi-disant au nom du peuple tchétchène et sous l'étendard du séparatisme sont tous morts".

    "Tous les organisateurs et les participants à l'acte terroriste de Beslan ont été punis comme ils le méritaient. Les chefs odieux du réseau terroriste clandestin qui avaient fomenté cette action ont été liquidés: Maskhadov, Bassaïev, Abou Dzeit et Khachiev. 31 terroristes qui avaient participé à la prise d'otages à l'école ont été tués. Seul Koulaïev est resté en vie, il a été condamné à la réclusion à perpétuité", a expliqué le chef de la commission parlementaire, lisant le rapport.

    "Après la liquidation des chefs de guerre, le mouvement terroriste dans le Caucase du Nord a été, pour beaucoup, désorganisé et démoralisé", a enfin estimé Alexandre Torchine.

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