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    Budapest: scandale autour du monument aux combattants soviétiques

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    MOSCOU, 11 avril - RIA Novosti. En Hongrie, une campagne en faveur du déplacement du monument aux combattants soviétiques morts pour la libération de Budapest lors de la Seconde guerre mondiale, actuellement situé au centre de la capitale, ne cesse de prendre de l'ampleur.

    Le quotidien russe "Kommersant" indique qu'hier, des représentants de l'organisation nationaliste "Union mondiale des Hongrois" ont déclaré avoir recueilli les 200.000 signatures indispensables afin de soumettre cette question à un référendum national. D'ailleurs, commente le journal, dans la crainte d'une détérioration des rapports avec Moscou, le gouvernement fera sans doute tout son possible pour que ce référendum n'ait pas lieu.

    L'obélisque érigé en mémoire de plus de 100.000 soldats soviétiques morts lors des combats pour la libération de Budapest avait été dressé après la guerre sur la place de la Liberté (Szabadsag) au centre de la capitale hongroise. Couronné d'une étoile d'or, le monument s'élève non loin du parlement, entre le centre télévisuel et l'ambassade américaine. Au départ, le mémorial abritait une tombe collective. Les dépouilles des soldats soviétiques ont été par la suite réinhumées à un autre endroit, à la fin des années 50.

    Après la chute de l'URSS, les autorités hongroises ont démonté le monument aux morts dédié aux combattants soviétiques. Seul l'obélisque est resté au centre de Budapest, mais cela n'a pas été simple. En 2002, elles ont entamé des consultations avec Moscou pour un démontage provisoire en raison de la construction d'un parking souterrain. Le Kremlin a malgré lui donné son accord, mais le MID (ministère russe des Affaires étrangères) a, dans une déclaration spéciale, qualifié la conservation du mémorial de "question de principe" pour les rapports russo-hongrois.

    Cependant, les scandales autour du monument ne se sont pas arrêtés pour autant, constate le journal Kommersant. Le maire de Budapest a proposé de remplacer l'inscription sur le monument, "Gloire aux combattants soviétiques libérateurs!", par une nouvelle, "En mémoire des soldats soviétiques morts dans la lutte contre le fascisme". L'initiative n'a pas été approuvée par les organes du pouvoir. Le monument a été de nombreuses fois la cible des nationalistes locaux. Les autorités l'ont protégé par une enceinte métallique et ont installé non loin un poste de surveillance.

    Selon le journal anglophone hongrois "Budapest Sun", beaucoup de députés de la principale formation d'opposition du pays, le parti de droite Fidesz (Union civique hongroise) soutiennent le référendum. Lors des élections parlementaires de l'année dernière, le Fidesz accusait un retard de seulement 1,2% sur le parti socialiste. A l'heure actuelle, sa cote de popularité dépasse celle des socialistes au pouvoir.

    Le parti socialiste et le premier ministre Ferenc Gyurcsany sont en bon termes avec Moscou. Ces dernières années, M. Gyurcsany a rencontré le président russe Vladimir Poutine à deux reprises, et chaque fois, les sources officielles russes ont constaté "un niveau sans précédent des rapports Moscou-Budapest".

    Par ailleurs, il est impossible d'affirmer que rien ne menace le monument, rappelle le journal "Kommersant". Le quotidien russe note que c'est une chance que Ferenc Gyurcsany soit resté au pouvoir après les manifestations massives anti-gouvernementales de l'automne 2006. Les prochaines élections parlementaires sont prévues pour 2010. Pour l'instant, M. Gyurcsany préservera sans doute le monument. Toutefois, ce thème pourrait être soulevé dans quelques années si l'opposition actuelle venait au pouvoir.

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