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    Tragédie de la mine Oulianovskaïa: sabotage ou facteur humain? (Vedomosti)

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    MOSCOU, 18 avril - RIA Novosti. On peut appeler cela du "sabotage", comme l'a fait le gouverneur de la région de Kemerovo Aman Touleïev, ou une "erreur humaine". Dans la mine Oulianovskaïa (région de Kemerovo), les travailleurs ont neutralisé le système de contrôle de la teneur en méthane dans l'air pour qu'il ne les empêche pas de travailler et de gagner plus. Le 19 mars, le plus grave accident survenu dans une mine ces 75 dernières années a tué 108 mineurs. Par le nombre de victimes, c'est une tragédie terrible, mais ce n'est pas un cas unique. La violation consciente des règles - le refus d'attacher sa ceinture en voiture, le mépris des lois - est un fait courant dans les rapports sociaux, économiques et politiques.

    Dans le droit pénal soviétique, le sabotage et la subversion supposaient l'objectif d'affaiblir l'Etat. Le Code pénal actuel mentionne également la "subversion". Le ministère des Finances a été accusé de sabotage, car il a tardé à entériner les nouvelles vignettes fiscales pour les alcools forts, les intoxications massives à l'alcool frelaté ont également été qualifiées "d'action préméditée".

    Mais le "sabotage" dans la mine Oulianovskaïa est d'une autre nature. Il peut être qualifié de précapitaliste. L'employeur n'est pas intéressé à améliorer la sécurité du travail, le travailleur n'est pas intéressé à respecter les règles de sécurité, car le système de sécurité arrête trop souvent le travail et réduit la production, ce qui se répercute non seulement sur les bénéfices du propriétaire, mais aussi sur les salaires des mineurs. Quant au fait que du bon fonctionnement des capteurs dépend la vie des travailleurs, cela est négligé et considéré comme inopportun.

    Chez nous, le travail reste peu rémunéré. Sont bas non seulement les salaires, mais aussi les dépenses pour la sécurité, les assurances, les prestations sociales, etc. Le système d'assurances pourrait discipliner aussi bien les employeurs que les travailleurs. Mais il est, en fait, inexistant. D'après les données citées en mars par le premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev au cours d'une rencontre avec les employeurs, 190.000 personnes meurent tous les ans des effets des productions nuisibles et dangereuses, et 15.000 d'accidents du travail.

    Dans une économie normale, l'amélioration des conditions de travail conduit à l'accroissement de la productivité et au prolongement de l'âge du travail efficace. En Russie, les employeurs ne voient pas, à de rares exceptions près, le lien direct entre la sécurité et la productivité du travail, bien plus, ils voient souvent un lien inverse.

    D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de capitalisme "sauvage". Le versement des prestations sociales en espèces, n'est-ce pas déjà du sabotage? Ou bien l'incapacité de créer un système efficace d'approvisionnement en médicaments des personnes bénéficiant d'avantages, la réforme des collectivités locales et celle des services communaux, la pêche sur la glace au printemps ou le refus susmentionné d'attacher sa ceinture de sécurité en voiture? Dans cette diversité de faits, il y a un trait commun: le mépris pour la vie qui est une valeur inappréciable, l'idée que "cela n'arrive qu'aux autres", le choix fait en faveur d'un prétendu pragmatisme.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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