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    Le fumeur russe a la tête particulièrement dure (Vedomosti)

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    MOSCOU, 11 janvier - RIA Novosti. La Russie a rejoint la convention de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la lutte antitabac, qui implique l'interdiction de la publicité, l'augmentation des taxes et la limitation du tabagisme dans les lieux publics, indique le quotidien Vedomosti dans son édition de vendredi.

    La Russie a à présent cinq ans pour mettre en place ces mesures, mais le ministère russe de la Santé et du Développement social planche déjà sur une stratégie nationale de lutte contre le tabac.

    Les propositions évoquées dans la convention sont des mesures traditionnelles de lutte contre le tabagisme, et dans certains pays elles donnent tout de même un certain résultat. Par exemple, dans de nombreux Etats de l'UE il est interdit de fumer dans les bars et de faire de la publicité pour les cigarettes. Selon les données de la Commission européenne, entre 2002 et 2005 le nombre de fumeurs dans l'UE s'est réduit 33 à 27%. Les données de l'OMS font état quant à elles d'une diminution du tabagisme en Europe entre 2002 et 2007 de 40,9% à 40% chez les hommes et d'une augmentation de 0,4% chez les femmes, à 18,2%.

    Mais chaque pays est un cas à part. Par exemple, dans l'Etat le plus fumeur du monde, en Chine, seuls les hommes se détruisent ainsi la santé (60% contre 3% des femmes), alors qu'aux Etats-Unis les fumeurs et fumeuses sont en proportions comparables (24% et 18% respectivement): il faut tenir compte de tout ceci en établissant des stratégies antitabac. Les Européens sont réceptifs aux arguments et, si on leur explique que la cigarette représente un danger pour leur santé, ils arrêtent (progressivement) de fumer. Les fumeurs russes sont irrationnels et se rappellent que "vivre est dangereux pour la santé", ce qui explique le calme des producteurs de cigarettes: les méthodes traditionnelles ne seront probablement pas efficaces en Russie. Elles ont d'ailleurs déjà commencé à être appliquées: la publicité est interdite en extérieur, les taxes augmentent, bientôt les messages informant des dangers du tabac occuperont 30% du paquet.

    Mais le nombre de fumeurs chez les hommes n'a pas pour autant diminué ces dernières années (ils sont environ 60%), et il a plus que quadruplé chez les femmes depuis 1992 (de 7 à 30%). Même la mesure lésant semble-t-il le plus les droits des fumeurs, à savoir l'interdiction de fumer dans les lieux publics, ne les rend pas pour autant égoïstes: selon les données du Centre Levada, 38% des fumeurs sont prêts à accepter l'interdiction de la cigarette dans les restaurants.

    Pour parvenir à faire baisser le pourcentage de fumeurs en Russie, les fonctionnaires devront trouver une approche originale. Le Russe peut très bien fumer naturellement en sortant de la salle de sport, et la cherté de la cigarette ne lui fait pas peur. Si l'on considère que les Russes satisfaits et détendus fument moins, alors l'Etat russe devrait probablement étudier de près l'expérience de la France et élaborer pour la Russie "une politique d'élévation du bonheur".

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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