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    «Cherchez la femme» à l'Otanienne

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    A peine se sont apaisées aux Etats-Unis et dans les pays de l'OTAN les passions suscit

    A peine se sont apaisées aux Etats-Unis et dans les pays de l'OTAN les passions suscitées par la diffusion sur le portail WikiLeaks des documents secrets sensationnels sur la guerre en Afghanistan qu'une nouvelle vague de débats a déferlé sur ces pays après la publication d'une photo sur la reliure de la revue américaine « Time » parue le 9 août.

    On voit sur la photographie le visage d'une jeune fille afghane sans nez. Il est inscrit en bas : « C'est ce qui se produira si nous nous retirons d'Afghanistan ». « Aïcha, 18 ans (en réalité elle a un autre nom), a été donnée en mariage à un Taliban à titre de remboursement d'une dette.  Elle a été traitée en esclave dans la famille de son mari et s'est décidée de s'évader. Or, elle a été saisie et son mari lui a coupé le nez et les oreilles. On l'a cachée, elle sera expédiée aux Etats-Unis où a promis de lui faire gratuitement une opération plastique.

    « Qu'est-ce que c'est : les réalités cruelles ou la pornographie dans l'esprit de la guerre ? » - se demande le journal allemand « Süddeutsche Zeitung ». Le rédacteur en chef de la revue américaine Richard Stengel a raconté aux lecteurs qu'il avait hésité de publier la photo et a même consulté les psychologues par crainte que les enfants n'aient peur en la regardant. Or, il est difficile de faire peur aux enfants après toutes les épouvantes qu'ils voient sur ordinateur. Il est, d'ailleurs, peu probable que les enfants lisent la revue «Time ». Qui plus est, l'avertissement concernant les conséquences du retrait des troupes afghanes d'Afghanistan n'est pas adressé aux enfants.

    Cependant, ceux à qui il est adressé y réagissent différemment. Ainsi, l'analyste du «New York Post» Kirstin Powers estime que le problème des droits des femmes en Afghanistan n'est qu'une feuille de vigne pour les troupes coalisées. La propriétaire de la Fondation «Global Funds for Women» Kavita Ramdas indique qu'on peut voir partout y compris aux Etats-Unis des photos genre celle qui est diffusée dans la revue «Time». Le rédacteur de la revue «Slate» Tom Scocca cité par «Süddeutsche Zeitung» estime que la publication de la photo est une falsification. Il faudrait se demander plutôt : «Qu'est-ce qui se produira si nous restons dans le pays? »

    Certes, l'évolution des événements dans l'Hindoukouch ne porte pas à l'optimisme. Les attaques des commandos et les attentats commis par les kamikazes n'ont plus rien d'extraordinaire. Nous avons appris récemment l'assassinat de dix médecins de la Mission internationale IAM parmi lesquels il y a eu des Américains, des Britanniques et des Allemands. La photo d'Aicha, contribuera-t-elle à élever l'esprit de combat des soldats de la coalition ?

    Le professeur de l'Institut d'analyse politique et militaire Anatoli Tsyganok fait un parallèle entre les publications de la revue «Time» et du portail WikiLeaks.

    A mon avis, dit le professeur, il est possible que la diffusion des documents secrets ait été provoquée par les républicains. Bien que le président démocrate ait gagné le scrutin, la situation en Afghanistan n'a pas changé. Il est impossible de régler le conflit afghan en employant la force.

    Selon Anatoli Tsyganok, il est peu probable que les Etats-Unis se retirent d'Afghanistan avant 2014. La publication dans la revue « Time » fait penser à un brin de paille auquel s'accroche le principal partenaire atlantiste en entraînant les alliés dans la guerre afghane. La thèse «Сherchez la Femme» à l'américaine paraît dans ce cas  étrange et pas du tout généreuse.

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