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    Les européens descendants du pharaon ?

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    Plus de la moitié des Espagnols, Britanniques, Français et Suisses sont apparentés à Toutankhamon. C’est la conclusion à laquelle ont abouti les généticiens de Zurich après avoir fait une analyse comparée de leur ADN et de celui de la momie du pharaon.

    Plus de la moitié des Espagnols, Britanniques, Français et Suisses sont apparentés à Toutankhamon. C’est la conclusion à laquelle ont abouti les généticiens de Zurich après avoir fait une analyse comparée de leur ADN et de celui de la momie du pharaon. Mieux encore, les scientifiques affirment qu’ils ont tous un ancêtre commun qui a vécu il y a près de 10 000 ans mais au Caucase et non pas en Égypte.

    Le jeune pharaon qui avait régné en Égypte il y a plus de 3 000 ans et les Européens d’aujourd’hui ont tous le même haplogroupe R1 b1 a2. C’est comme le nom de famille, — explique la directrice de recherche à l’Institut de génétique Svetlana Borinskaïa.

    « C’est le nom génétique qui se transmet de père en fils. Les mutations, c’est-à-dire les petites variations du texte génétique, s'accumulent de génération en génération et font que le nom change légèrement, se déclinant en plusieurs versions qu’on appelle les haplogroupes. »

    La « racine » de ce « nom » est le chromosome Y qui détermine le sexe masculin et se transmet de père en fils. Son analyse a révélé que Toutankhamon et son père Ekhnaton appartenaient à une lignée rare pour l’Égypte mais répandue chez les Européens. Par contre, elle ne concerne qu’un pour cent de population mâle en Égypte contemporaine. On en a tiré la conclusion que les pharaons et les Européens avaient un ancêtre commun, vraisemblablement originaire du Caucase parce que la lignée R 1b aurait des origines caucasiennes, — raconte Svetlana Borinskaïa.

    « Les ancêtres des hommes de cette lignée auraient pu gagner l’Europe et même l’Afrique du Nord venant du Caucase. On sait qu’il y avait des migrations en direction du Portugal et d’Espagne et inversement, en direction d’Afrique par le détroit de Gibraltar, mais nous n’en avons aucune preuve pour le moment. »

    La généalogie ADN est une science très complexe et comme le dit l’experte, il est extrêmement difficile d’isoler l’ADN ancien qui subit des altérations au cours des millénaires, se modifie chimiquement et se déchire en menus fragments. En outre, pour être sûr de l’avoir décodé correctement, il faut exclure totalement la possibilité de sa « pollution » par l’ADN moderne qui peut l’occulter complètement. Pourtant, les recherches dans ce domaine présentent un très grand intérêt parce qu’elles permettent d’établir le degré de parenté des peuples de notre planète sur la base des données ethnogénétiques aussi complètes que possible.

    Nous disposons de matériaux génétiques très intéressants provenant de sépultures dans la région d’Altaï. Il s’agit de quelques fragments d’os dont l’analyse a permis de supposer que plusieurs espèces humaines avaient cohabité dans cette région. C’est ainsi qu’à côté d’homo sapiens, il y aurait le soi-disant hominidé de Denisova, appartenant à une autre espèce dont les restes ont été retrouvés dans la grotte de Denisova.

    Il se peut que les recherches plus poussées entreprises par les généticiens nous permettent un jour de faire la lumière sur de nombreuses questions que pose le passé de l’humanité. En fait, les hommes sont encore plus préoccupés par le sens de l’évolution de la race humaine. Là aussi, l’expertise génétique peut nous rendre de précieux services.

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