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    Ne jamais compter sur les compagnies privées pour faire avancer le programme spatial

    Ne jamais compter sur les compagnies privées pour faire avancer le programme spatial

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    La NASA va prolonger l’utilisation des vaisseaux spatiaux russes jusqu’à 2017 pour transporter les astronautes américains sur la Station spatiale internationale (ISS). Selon The Wall Street Journal, ce projet ferait partie des plans de la NASA. Les Américains vont donc continuer à s'appuyer sur la Russie pour le transport des cargaisons sur l’orbite.

    La navette spatiale américaine a effectué son dernier vol l’année dernière. La NASA a refusé la poursuite de son utilisation ne lui ayant toutefois pas trouvé de remplacement. Les Américains voyaient une alternative avec des fusées et vaisseaux spatiaux privés. Leur développement aux Etats-Unis a commencé grâce à quatre entreprises, qui ont reçu des subventions de la NASA, et trois autres, qui travaillent sans subventions. Il était supposé que d'ici à 2016, les astronautes pourront même utiliser un «taxi spatial». Par exemple, la société «X Space», a devancé ses concurrents, en prévoyant de sortir le vaisseau «Dragon» en même temps dans une version «cargo», une version pilotée et une version «mixte».

    La version «cargo» du navire a déjà été construite, et à la fin 2010, il a fait un tour sur l’orbite de la Terre. Dans la seconde moitié de cette année, ce vaisseau spatial devrait commencer à livrer des cargaisons commerciales à l'ISS. Mais indépendamment de la manière, dont tout cela sera mis en place, la création de la version pilotée du vaisseau spatial prend du retard : le Congrès des Etats-Unis a réduit de deux fois le budget des projets commerciaux de la NASA pour l'année en cours. Il faudra donc oublier le «taxi spatial» pour 2016. Et ce seront donc les fusées Soyouz qui transporteront les astronautes sur l’ISS, est persuadé l’académicien de l’Académie russe de l'astronautique Alexandre Jelezniakov.

    «Jusqu'en 2017, il n’y aura pas d’autres vaisseaux, dont NASA pourra se servir pour transporter les gens sur la station spatiale. Et les américains ne comptent pas mettre fin à leur présence sur la station orbitale. C’est pourquoi, ils seront obligés d’acheter des sièges sur les «Soyouz» russes. Ils le font maintenant et le feront, tant qu’ils ne trouveront pas d’alternative à nos vaisseaux spatiaux».

    Le directeur de la NASA Charles Bolden espère toutefois que des navires privés américains pourront effectuer ces vols au plus tard à partir de 2017. Cependant, le chef de l’agence spatiale américaine a affirmé devant les journalistes, qu’il n'y a aucune garantie, que le remplacement complet et sûr des «Soyouz» se produira avant 2020, l’année, lorsque l'ISS cessera d’exister.

    En ce qui concerne les livraisons cargo sur l'ISS, les experts prévoient qu’une crise d’approvisionnement est susceptible de se produire à bord de la station d'ici à 2014. Et ce, indépendamment du fait que le «Dragon» cargo pourra effectuer ses cols d’ici là. Et la NASA sera probablement obligée d’acheter un couple de vols du vaisseau cargo russe «Progress» (il prend 2,5 tonnes de vivres) pour approvisionner son équipe dans l’espace. Selon Alexandre Jelezniakov, la situation de déficit ne se créera pas sur l’ISS.

    «Outre les «Dragon», nos «Progress» sont toujours opérationnels, tout comme les vaisseaux cargo européens et japonais, d’ailleurs. Et «Dragon» n’est pas le seul projet qui est actuellement mis en œuvre aux États-Unis. Ainsi, Boeing serait en train d’élaborer un autre navire de ravitaillement pour l'ISS. Parmi tous ces projets, au moins un pourra finalement aboutir».

    Le problème avec l'approvisionnement de l'ISS est tiré par les cheveux, est d’accord le journaliste du magazine Novosti kosmonavtiki (Les nouvelles de l’astronautique) Igor Lissov.

    «Les vaisseaux «Progress» font tout le temps la navette en fournissant ce dont la station a besoin. Il y a aussi des navires européens et japonais, qui, même s’ils font un trajet par an, peuvent également amener une partie de l’approvisionnement, et surtout des objets volumineux, qui ne passent pas à travers nos nœuds de jonction. Le vaisseau spatial japonais peut par exemple apporter et des charges externes».

    Mais il y a une autre difficulté, considèrent  les personnes interrogées par Voix de la Russie - celle du retour des différentes charges de l'ISS sur Terre. Il s’agit notamment des résultats des expériences scientifiques. Avec les vaisseaux américains, on arrivait à faire redescendre sur Terre plusieurs tonnes de cargaison à la fois, et même des gros satellites. Les vaisseaux «Progress» ne sont pas destinés pour ce genre de missions, et après la fin de leur mission, ils sont programmés pour couler dans l’océan. Quant aux appareils qui redescendent sur Terre après le lancement par les fusées «Soyouz», ils peuvent prendre quelques dizaines de kilos de cargaison en plus des astronautes. Après l'ère des «Space Shuttle», les «Dragon» américains ont toutes leurs chances de devenir les premiers appareils, qui ramènent des cargaisons de l’orbite sur la Terre. Car leur capacité peut atteindre trois tonnes. Mais leur sort dépend beaucoup du budget de la NASA. On craint que les vols du nouveau vaisseau n’auront pas lieu avant la fin de la Station spatiale internationale.

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