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    Staline le meilleur allié d’Hitler… jusqu’en 1941

    Staline le meilleur allié d’Hitler… jusqu’en 1941

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    A l’heure où la Russie s’apprête, et le monde entier avec elle à fêter la victoire contre la tyrannie nazie, le 8 mai en France et le 9 mai en Russie, il nous paraît intéressant de rappeler une page sombre de l’histoire de la Russie, une page qui malheureusement pour la Russie fut signée par un géorgien, le Camarade Joseph Staline !

    Il y a peu, alors que je me trouvais sur les bancs d’un institut célèbre de la langue russe à Moscou, je me trouvais dans un cours donné par une professeure de Civilisation russe. Dans sa leçon, nous fûmes amenés à évoquer la Seconde Guerre mondiale et les vainqueurs… Un peu amusé, cette brave dame, le sourire aux lèvres nous demanda d’énoncer les vainqueurs, l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Union Soviétique… je me gardais d’ajouter la France ayant déjà cité justement l’URSS. A mon grand étonnement un silence s’établit dans la salle de classe, jusqu’à que l’enseignante annonce d’une voix faible en russe : « la France… enfin nous nous demandons bien pourquoi… ». Choqué par cette déclaration d’un autre âge j’osais m’écrier : « Et l’URSS ? Où était-elle en 1939 ? ». Le silence glacial qui s’ensuivit devait clore le sujet définitivement. 

    C’est donc un peu ce cours donné par une russe en 2011 qui motive aujourd’hui cet article. J’ai pu constater par moi-même, vivant ici à Moscou depuis déjà un certain temps, combien, une partie des russes restent ignorants de certains faits historiques. En 2011, lors de la magnifique exposition russe consacrée à la Seconde Guerre mondiale et au métro moscovite, sur les murs du métro, les spécialistes avaient discuté du fait d’afficher ou non, la fameuse trombine du Camarade Staline. La décision fut sans équivoque, il n’y aurait pas de portraits de Staline dans le métro. 

    Et avec raison ! Car le terrible dirigeant soviétique fut la cause de biens des malheurs pour le peuple russe et ce qui est rarement écrit comme l’un des responsables de la tragédie qui a ensanglanté le Monde de 1939 à 1945. Je dis bien l’un des acteurs et fautifs, car ils furent assez nombreux, la France ne fut pas étrangère par sa mollesse et son indécision aux tristes événements de 36 en Espagne, par notre abandon terrible de la Tchécoslovaquie et de l’Autriche en 38 et 39 à ces événements dramatiques. Notre lot de trophées honteux est important dans cette guerre. L’URSS, ne fut pas épargnée elle non plus, du fait des décisions contraires à l’intérêt de la Russie que Staline ne cessa de prendre, notamment entre 1936 et 1941. 

    Dès avant cette date, et de manière secrète les soviétiques formèrent en Russie des spécialistes allemands, notamment des aviateurs et des parachutistes, une arme dans laquelle les soviétiques furent des précurseurs. La décision d’une immense purge de l’Armée Rouge et du pays en 1936, fut une des plus  grandes erreurs de Staline, qui manqua de causer la destruction du pays. De 1936 à 1938, plus de deux millions de citoyens soviétiques furent immolés dont pas moins de 35 000 officiers de l’Armée, parmi lesquels la majorité des officiers supérieurs. Pour exemple, 14 des 16 généraux d’armées russes furent victimes de ce désastre. Certains historiens russes ont déclaré que cette décision avait été salutaire… et rénovatrice pour l’armée ! Nous aurions tendance à dire que ces hommes auraient été bien plus utiles dans la défense de la Patrie les années suivantes. 

    Mais Staline ne devait pas en rester là, persuadé que les pays occidentaux étaient une menace plus grande pour l’URSS que l’Allemagne nazie, il devait devant les reculades des occidentaux et leurs tergiversations en Espagne, se décider à devenir l’allié d’Hitler. C’est ainsi que le 23 août 1939, L’URSS et l’Allemagne signait le pacte Germano-soviétique laissant les mains libres à Hitler à l’Ouest. Dans les semaines suivantes les troupes nazies écrasent la Pologne, envahie à son tour par les troupes de l’Armée Rouge, et tandis que les panzers allemands et la Blitzkrieg balayaient tous les pays d’Europe de l’Ouest exceptée l’Angleterre, Staline envahissait également les trois états baltes, la Finlande et forçait la Roumanie à lui céder la Bessarabie. Durant toute cette époque, l’URSS devait également fournir à l’Allemagne des matériaux rares, du Caoutchouc, des Céréales et du pétrole, celui qui alimenta les blindés allemands pendant la campagne de France en 1940. 

    Après la guerre, Staline lui-même et les auteurs soviétiques ont évoqué ces décisions, qui longtemps furent masquées sous le couvert d’une intense propagande. Il fut question d’une alliance signée pour mieux tromper l’adversaire… Il fut question de gagner du temps… l’Armée Rouge n’étant pas prête et pour cause sa désorganisation suite aux purges avait provoqué de dangereux vides. Malgré toutes ses raisons, il faut bien dire, que la « destruction » des démocraties européennes était un souhait cher au Camarade Staline. Dans sa paranoïa légendaire, il estimait en effet que le danger d’être trahi par les occidentaux était trop grand et que l’un et l’autre des deux camps étaient des ennemis. Nous savons aujourd’hui qu’Hitler ne se serait jamais risqué à une guerre sur deux fronts, ayant en mémoire, lui le vieux combattant de la Première Guerre mondiale, les résultats désastreux d’une telle situation pour l’Allemagne.

    L’alliance avec l’URSS de Staline, fut la raison principale du rush que les allemands purent déclencher sur l’Europe, et il s’en fallut de peu ; de quelques aviateurs au-dessus de l’Angleterre ;  pour que la Civilisation Européenne ne fut en effet détruite de fond en comble. Lors de l’invasion de 1941, malgré les informations reçues, les soviétiques connurent de terribles défaites, jusqu’au coup d’arrêt miraculeux donné à l’avance allemande par l’Armée Rouge devant Moscou en décembre 1941. Durant les quelques jours qui ont suivi l’invasion, le Camarade Staline, nous le savons également, resta cloîtré, incapable de la moindre réaction. L’homme n’était pas assez bête pour ne pas comprendre que son accumulation d’erreurs allait avoir des conséquences terribles. Lorsque les proches du pouvoir, vinrent le chercher pour qu’il réagisse enfin par une déclaration radio, Staline était persuadé que ces hommes venaient l’exécuter. 

    Effectivement, tant de décisions et de trahisons des peuples de l’Union Soviétique auraient dû conduire à ce résultat, il fut peut-être en effet sauvé par les purges qu’il avait initiées plus tôt. La vérité réside sans doute dans le fait que l’heure était si grave et l’union de tous les russes si désirables, que l’idée ne vînt à aucun des importants membres du Parti de saisir l’occasion d’éliminer Staline. Cette guerre horrible qui allait suivre, fut une aubaine incroyable pour le dirigeant soviétique. Il allait pouvoir sortir avec l’aura du vainqueur, le grand vainqueur de cette guerre, en baignant dans le sang de 28 millions de soviétiques, dont il fut, et il faut bien le dire, le premier criminel. Car s’il s’était trouvé dans le camp des alliés dès 1939, il n’y a aucun doute que l’Allemagne Nazie aurait été vaincue beaucoup plus facilement et avec des pertes bien moins importantes. 

    Staline, n’a pas gagné cette guerre, il a aidé à son déclenchement et a tenté dans son commencement d’asservir des peuples et de contrôler des territoires qui avaient échappé à l’Union Soviétique au moment de la Guerre Civile russe de 1918-1922. Le Peuple russe fut le grand vainqueur de cette guerre, sans aucune contestation possible, le prix qu’il eut à payer fut terrifiant, terrifiant au point que le sacrifice a pris ici toute sa valeur, le Peuple russe fut exemplaire, fut courageux et brave, fut patient et ingénieux, fut héroïque dans les défaites comme dans les victoires, et son sang, et pas seulement celui de ses soldats, fut donné pour que le Monde d’aujourd’hui soit un Monde libre, un Monde libre d’une tyrannie abjecte et honnie qui dans toute l’Europe et au-delà a durement marqué de sa barbarie tous les peuples et les nations qui en furent victimes. 

    Aujourd’hui en Russie, Staline et sa tyrannie ont été condamnées et depuis très longtemps. Les diverses tentatives de réhabilitation du terrible dictateur ont été écartées notamment ces dernières années par la fermeté des gouvernements des présidents Poutine et Medvedev. L’Union Soviétique nia presque jusqu’à la fin les accords secrets du Pacte Germano-soviétique, jusqu’en 1989 et le document ne fut révélé au public qu’en 1992. En 20 années de l’encre a coulé et les meilleurs chercheurs russes condamnent tous l’action de Staline et ce pacte honteux qui creusa la tombe de tant d’hommes et de femmes en Union Soviétique. Il existe toutefois toujours quelques professeurs en Russie, pour moquer les combattants français et nier leur participation à la Victoire. Dieu merci, cette tendance issue de dizaines d’années de propagandes tend à disparaître. Le 8 et 9 mai, les peuples d’Europe fêteront la Victoire, ce fut celle du Peuple russe et de tous les peuples libres.

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