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Walter Bond est un célèbre militant des droits des animaux. Il a renoncé à sa vie tranquille et lancé un défi à la société actuelle en livrant une guerre acharnée pour les animaux au cours de laquelle il a perdu sa propre liberté. Il a décrit sa vie et sa lutte dans en entretien exclusif à La voix de la Russie.

« Je pense que la civilisation actuelle, notamment à l’ère de l’industrialisation, fait subir aux personnes les mêmes changements que ceux qui transforment les cellules saines dans des tumeurs cancereuses. Je crains que seulement une vraie catastrophe écologique globale puisse réveiller l’humanité et l’amener à se rendre compte du niveau de destruction de l’environnement »,a-t-il affirmé.

La banquise arctique, dont la superficie n’avait jamais été si réduite, les volcans et les inondations sont trop loin de nous pour que nous puissions comprendre l’envergure des catastrophes naturelles. En revanche, l’assortiment du magasin du coin est beaucoup plus proche. Pour produire un kilo de viande de porc, suffisant pour le repas de 2 personnes, 10 kilo de céréales et environ 10 000 litres d’eau sont nécessaires. Point n’est besoin d’être un expert pour calculer durant combien de temps ces deux personnes peuvent se nourrir avec cette quantité de blé ou de maïs. Cela ne sont que des chiffres bruts auxquels l’on peut ajouter les souffrances des animaux pendant l’élevage industriel, la cruauté des employés de l’industrie de la fourrure et du cuir, les vivisections, les cirques, etc.

D’après M. Bond, disposer de cette information et rester passif équivaut à devenir complice. Tous ses messages finissent par la phrase: « La liberté des animaux, coûte que coûte ! ».

Le fondement de la lutte de Walter Bond est son amour sincère et illimité pour les animaux. Malheureusement, ce sentiment lui a valu de connaître la prison. Il a été condamné pour avoir incendié une usine de peaux de moutons, une usine de traitement du cuir et un restaurant dont la carte proposait du foie gras. Cependant, l’activiste ne regrette que d’avoir été pris. « Je savais que je lutterais jusqu’à ce qu’on me mette derrière les barreaux où qu’on me tue », dit-il. Actuellement, il est se trouve dans la prison de Marion, celle où est détenu Viktor Bout, parmi de dangereux terroristes.

Walter Bond n’a jamais été un enfant gâté. Ses parents menaient une vie modeste qui correspondait à leurs convictions. Ils ont éduqué leur fils dans les mêmes principes. Jamais il ne s’est comparé aux autres. À 10 ans Walter passait beaucoup de temps avec son cousin qui lui a fait découvrir le punk rock et les groupes undeground locaux. La musique a influencé très fortement ses idées.

À l’âge de 19 ans il a commencé à travailler dans une entreprise spécialisée dans la constructions d’abattoirs. Cet emploi est le point du depart de sa complète transformation. « J’acceptais la mort des animaux que je voyais tous les jours autour de moi parce que c’était mon travail », admet-il. Pendant six mois il a travaillé dans un abattoir au sein d’un groupe responsable de l’élargement de la section où s’effectuait la mise à mort. Au début cette activité lui semblait intolérable, mais après il s’est habitué à travailler plus de 12 heures d’affilée dans le sang coagulé. Puis un jour il est devenu témoin de l’abattage particulièrement cruel d’un porc qui s’était échappé.

Après ce choc il a démissionné et a comencé à étudier le manifeste Les droits des animaux de Peter Singer. Il a contacté plusieurs groupes d’activistes des droits des animaux aux États-Unis et en Grande-Bretagne pour les aider à diffuser les connaissances sur l’oppression et l’exploitation des animaux et sur l’industrie de la viande. Peu de temps après, le jeune activiste s’est rendu compte que le problème ne consistait pas uniquement dans le manque d’information et qu’avec les seules conférences il n’était pas possible de changer réellement l’approche des gens vers les animaux. Il fallait agir.

Plus tard, il a adhéré au mouvement Straight edge né dans les années 70 parmi les musiciens du hardcore punk. Ses adeptes s’interdisent la consommation d’alcool, de tabac et d’autres drogues, sont contre la révolution sexuelle et l’hédonisme. Souvent, les musiciens sont également des activistes. M. Bond se privait peu à peu de plus de choses jusqu’à arriver à mener une vie d’anachorète. Sans famille ni liaisons amoureuses il a renoncé même à sa maison, un petit studio. « En grandissant je me suis rendu compte que les biens matériels ne font qu’asservir l’individu, souligne-t-il. Et moi, j’aime la liberté plus que les choses ».

Même si M. Bond s’est converti à l’islam ascétique, le soufisme, la religion n’occupe qu’une place nominale dans sa vie. Abdul Haqq, nom qu’il a adopté après sa conversion, estime qu’il se trouve à un niveau de spiritualité plus élevé. Il suivi toutes les prescriptions religeuses mais il ne le fait pas par crainte d’un châtiment mais parce que “cela discipline et fortifie l’âme”. “Si la foi est nourrie par l’amour, affirme-t-il, le combat sera juste. « Si tu crois par crainte, tu sera exposé à la haine et à la condamnation des autres ».

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