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    Pyongyang, le dixième membre du club spatial

    Pyongyang, le dixième membre du club spatial

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    Le lancement réussi de la fusée nord-coréenne Unha-3 le 12 décembre 2012 est la nouvelle mondiale numéro un. L’événement a même éclipsé le troisième lancement, le 11 décembre, de la navette robotisée américaine X-37B (mission OTV-3, Orbital Test Vehicle, dont les détails et la durée de vol n'ont pas été divulgués).

    Abstraction faite des aspects politique et économique, le lancement d’un satellite est une performance notable pour tout pays. Par ailleurs, le lancement du satellite Kwangmyongsong-3, mis en orbite le 12 décembre, est le troisième, selon les médias nord-coréens : les deux autres engins auraient été lancés en août 2008 et en avril 2009. Mais à l'époque ces satellites n'ont pas été détecté sur l'orbite, c'est pourquoi il n'en est pas question. Par contre, cette fois le Commandement de la défense aérospatiale d’Amérique du Nord a confirmé le lancement d'un satellite. L'altitude de l’orbite est de l'ordre de 500-580 kilomètres et sa période orbitale est de 95,5 minutes.

    Le 12 décembre la Corée du Nord a effectué sa deuxième tentative pour mettre en orbite Kwangmyongsong-3. La première, faite en avril dernier, s'est soldée par un échec : la fusée s'est disloquée au-dessus de la mer Jaune. En avril, les Nord-Coréens ont invité les principaux médias internationaux, sans cependant leur montrer le lancement. Cette fois, il y a eu également une parcelle d'intrigue. Un jour avant le lancement il a été annoncé que la fusée serait retirée du pas de tir pour remédier à certaines défaillances techniques.

    La vocation de Kwangmyongsong-3 n'est pas précisée, mais, selon des représentants nord-coréens, il s'agit d'une sonde de la Terre. A l'heure actuelle il fonctionne en régime normal, mais quelques semaines doivent s’écouler avant qu'il puisse être exploité à 100 %. Certains experts américains jugent que les spécialistes nord-coréens ont perdu le contrôle du satellite, mais il est impossible d'en être sûr en raison du manque d'informations.

    La réaction de la communauté mondiale a évolué depuis la condamnation rigoureuse de la Corée du Nord pour violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU vers des commentaires plus réticents, bien qu'aussi négatifs, disant que le lancement réalisé ne signifiait pas encore que la Corée du Nord disposait d'un arsenal suffisant pour menacer réellement d'autres pays. D'aucuns estiment que le lancement de la fusée constitue plus un moyen de chantage visant à obtenir une aide humanitaire qu’une menace réelle.

    Il existe en plus un aspect psychologique. Un demi-siècle plus tôt, le premier satellite n'a pas été lancé, contrairement à toutes les attentes, par la première puissance mondiale, à savoir les Etats-Unis, mais par l'URSS, plus en retard sur les plans économique et technique. Toutes proportions gardées, quelque chose de semblable se produit actuellement dans la Péninsule coréenne. La Corée du Nord a réalisé avec succès son projet, tandis que le tir du lanceur sud-coréen KSLV a été retardé (la date précise du lancement, fixée initialement à la fin d'octobre, n'est toujours pas communiquée).

    Un seul lancement ne signifie pas bien sûr l'existence d’un vaste programme spatial. Bien que le ministère nord-coréen des Affaires étrangères ait déjà déclaré, sans entrer dans les détails, que le programme d'exploration pacifique de l'espace et de lancement de satellites serait poursuivi.

    Entre-temps, la navette américaine X-37B évolue en orbite depuis deux jours et sa mission est aussi mystérieuse que celle du satellite nord-coréen. Les Américains ont lancé l'appareil qui avait déjà volé d'avril à décembre 2010 dans le cadre de la première mission OTV. Ils ont démontré la possibilité d'utiliser leur navette pour la deuxième fois, ce qui était l’un des objectifs du programme. La navette a été lancée par une fusée Atlas V 501 depuis la base militaire de Cap Canaveral. Cette fois la durée du vol n'est non plus précisée. Pourtant le premier vol a duré 15 mois, soit 6 mois plus que prévu initialement. T

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