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    Lasagne au cheval pour tous !

    Lasagne au cheval pour tous !

    Photo : ru.wikipedia.org
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    La société de plats surgelés Findus a crée la recette du scandale. Le géant de l’alimentaire est accusé d’avoir utilisé de la viande de cheval dans des recettes étiquetées pure viande bovine. Bien que l’hypothèse du danger sanitaire semble être écartée, le gouvernement et les associations de consommateurs crient à la fraude.

    En effet quand on essaye d’y voir plus clair on retrouve un réseau avec pas moins de 5 intermédiaires avant que la viande abattue en Roumanie arrive dans les barquettes de Findus à Boulogne sur Mer, traders en viande et fournisseurs s’enchainent pour au final donner une image peu claire de la provenance de la viande, comment ne pas penser à la fraude ? La procédure lancée pour déterminer le coupable dans cette désinformation du consommateur devrait donner ses conclusions mercredi ou jeudi, pendant ce temps les protagonistes de cette triste affaire continuent à se renvoyer la balle les uns les autres. Charles Pernin chargé de mission alimentation à l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers est persuadé que ce n’est qu’un cas parmi d’autres et rappelle que ces pratiques ressemblent plus à celles du Moyen Age que du XXIème siècle :

     

    Vous dites que ce qui s’est passé est une tromperie, digne du Moyen Age, pourquoi ?


    Parce qu’en fait on pourrait penser qu’à notre époque avec les techniques de contrôle, les procédures de traçabilité, le cadre réglementaire et la puissance de l’Etat, on pourrait imaginer qu’il est beaucoup plus difficile de frauder qu’au Moyen Age et même au XIXème siècle. Mais ce qui est étonnant c’est qu’on se retrouve confrontés à des pratiques qui ont toujours existé mais les choses ne se sont pas vraiment améliorées.

    Mais comment cette viande a été retrouvée ? Dans des lasagnes surgelées c’est assez compliqué de faire la différence entre deux viandes ?


    Il semblerait que ce soient des contrôles réalisés par des autorités britanniques, l’agence de sécurité alimentaire anglaise, qui ont permis de déceler la tromperie. Puisqu’ils ont fait des tests ADN sur la viande, ce qu’ils ne font pas de manière systématique, mais de temps en temps. Ils regardent cela parce qu’il y a déjà eu ce type de fraude. Et donc à la mi-janvier ils ont découvert qu’il y avait du cheval à la place du boeuf dans ces plats cuisinés.

    Vous avez dit que ce n’est pas la première fois que ça arrive, par contre les contrôles ne sont pas aussi fréquents.


    Les contrôles officiels sont aléatoires, ils sont fait au hasard, les pouvoirs publics cherchent certaines non conformitées. C’est une infime minorité de produits qui sont contrôlés par les pouvoirs publics. Et c’est un problème parce qu’on a besoin de ces contrôles officiels pour garantir la fiabilité du système. Aujourd’hui la tendance est de confier plus de responsabilité au niveau des contrôles aux professionnels eux mêmes et nous ça nous pose un problème car les professionnels sont juges et partis, ils ne sont pas indépendants.

    Est ce que vous pensez que la théorie selon laquelle cette viande n’était pas là par hasard, mais pour nuire au producteur, peut être vrai ?


    Cela me parait relever de la théorie du complot. Et je pense que dans cette affaire, il y a une fraude massive. Aujourd’hui le principal problème est de comprendre, comment on peut vendre de la viande de cheval, pour de la viande de boeuf. C’est ça l’essentiel. Je ne pense pas qu’on essaye de couler une entreprise, je ne crois pas que cela soit le sujet.

    Quelles mesures ont été prises depuis ce scandale ?


    Aujourd’hui la première mesure est une enquête rapide, pour identifier les responsabilités et préciser l’ampleur de l’affaire, car je ne suis pas certain qu’on sache quels sont les produits concernés, il y en a peut être beaucoup d’autres. Et puis il faut tirer les enseignements de ces affaires, c’est à dire renforcer les contrôles, renforcer les sanctions, pour qu’elles soient dissuasives. Et il faut apprendre à mieux gérer les situations de crise, moi ce qui m’étonne, ce sont les trois semaines qui se sont écoulées avant d’identifier les responsables et les produits et si la traçabilité était une réalité on devrait faire cela plus rapidement.

    Est ce que c’est un cas isolé ou on peut trouver des cas similaires ?


    Il ne faut pas tomber dans une espèce de paranoïa sur l’ensemble de l’activité. Mais en même temps, face à de telles pratiques, comment voulez vous faire confiance dans l’offre alimentaire. On voit qu’il y a des tromperies à grande échelle, il est légitime que les consommateurs s’interrogent sur la qualité des produits et de l’offre alimentaire et il est important que l’industrie se remette en question par rapport à cela.

    Nous ne pouvons donc pas être sûr de ce que nous mangeons ?


    Ce qui est vrai c’est que nous avons une réglementation en Europe qui est exigeante. Nous avons sur tous les produits alimentaires, la composition, les ingrédients, nous avons aussi des informations sur la date limite de consommation. Donc la réglementation impose des choses, mais entre la réglementation et la mise en pratique il y a parfois un écart important et inquiétant, comme le montre cette affaire en ce moment. /L

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