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    Afghanistan : la guerre non terminée des prisonniers soviétiques

    Afghanistan : la guerre non terminée des prisonniers soviétiques

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    Il y a 24 ans, le retrait des troupes soviétiques de l’Afghanistan s’achevait. Le 15 février de 1989, le général soviétique Boris Gromov a déclaré, sur le pont au-dessus du fleuve Amou-Daria séparant l’Afghanistan et l’Ouzbékistan que derrière lui il n’y avait plus de soldats.

    Ce n’était pas tout à fait vrai : quelques centaines de soldats capturés restaient alors en Afghanistan et il y avait aussi plusieurs tombes …. A la veille du nouvel anniversaire de la fin de la guerre en Afghanistan, les anciens soldats de l’armée soviétique évoquent pour La Voix de la Russie leur captivité, leur retour difficile dans leur patrie et la guerre non terminée…

    Nikolaï Bystrov était blessé, il avait été fait prisonnier par les combattants d'Ahmad Chakh Masoud. Heureusement, les moujahids avaient à leur disposition un hôpital avec des médecins français, et on a réussi à guérir le blessé. Mais bientôt Nikolaï et d'autres prisonniers ont dû subir une nouvelle épreuve :

    « Masoud nous a réunis tous ensemble, sept personnes. Et il a dit : «Alors, les gars, qui veut aller à l'étranger ? Qui veut revenir en Union Soviétique ? En URSS ou en Amérique, en Angleterre ou au Pakistan, ou en Iran ? Dans quels pays voulez-vous vous rendre ?» Mais tous avaient peur à cette époque-là de revenir dans leur pays natal. Tous ont donc levé les mains et ont dit : «Nous, on veut aller en Amérique». Un homme a dit : « Et moi, en France ». Mais seulement moi, je n'ai pas levé la main. Il a dit : «Et toi, pourquoi tu ne lèves pas la main? Je dis : «Je ne veux aller nulle part, ni en Amérique, ni ailleurs ».

    Le désespoir du soldat captif Nikolaï qui ne voulait rien lui a sauvé la vie. Plus tard il a appris que de tous ceux qui avaient levé la main, avaient été emmenés au Pakistan, dans le camp de Badaber, où ensuite ils ont été éliminés. Après, le leader des moujahids Masoud a apprécié Nikolaï – le soldat russe captif est devenu un de ses gardes du corps. Bystrov se rappelle qu’un jour, il a ressenti la tentation de le tuer, mais sa conscience ne lui a pas permis de le faire.

    Dix ans plus tard, quand Nikolaï s’est converti à l'Islam et a fondé une famille en Afghanistan, Ahmad Chakh Masoud l'a laissé partir dans son pays natal. Une fois rentré en Russie avec l'aide du comité des combattants internationalistes, Nikolaï a commencé à coopérer étroitement avec eux. Il a utilisé toute l'expérience de sa vie en Afghanistan, toutes ses connaissances et ses relations pour rechercher et rapatrier les anciens soldats soviétiques – les vivants et les morts.

    Bystrov a pu retrouver plus de moitié de tous les restes des soldats russes et trois prisonniers vivants, qu’il a aidés avec l’assistance du comité des combattants internationalistes à revenir en Russie.T

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