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Le sénateur américain Ron Wyden a annoncé qu’il exigerait une inspection du dépôt de déchets radioactifs de Hanford (Etat de Washington) où l’on vient de constater une fuite de radioactivité.

Ron Wyden est bien placé pour le faire en sa qualité de président nouvellement élu du comité de l’énergie et des ressources naturelles du Sénat américain. L’enquête sera confiée à la Direction du Congrès chargé du contrôle des dépenses budgétaires (équivalent de la Cour des comptes de Russie).

La fuite s’est d’abord produite dans un réservoir mais il s’est avéré le samedi 23 février que six réservoirs étaient endommagés. Les rythmes de fuite de « saumure radioactive » sont évalués à 1300 litres annuellement. Le stock total contient plus de 220 millions de litres et relève, comme toute la production des matériaux radioactifs destinés à la fabrication d’armes nucléaires, du ministère américain de l’Energie.

Les experts américains disent que la dernière fuite n’est qu’une goutte d’eau dans la mer et estiment qu’au moins 4 millions de litres de mélange radioactif ont migré depuis 40 ans dans le sol et la nappe phréatique.

Le dépôt de Hanford a ceci de dangereux que tous ces installations ont été construite à la va-vite (Fast Track). Durant les années de la « guerre froide », l’Amérique fabriquait des armes nucléaires à des rythmes si élevés que les technologies de stockage n’arrivaient pas à suivre le train. Par conséquent, le dépôt de Hanford a été construit avec les « matériaux de fortune », explique le directeur exécutif de l’ONG Hanford Challenge Tom Carpenter.

« La méthode Fast Track signifie que le dépôt a été conçu et construit en l’absence de technologies de stockage des déchets nucléaires sûres et sécurisées dans l’espoir de les introduire plus tard, quand elles auraient fait leur apparition. Or, cette approche doit être proscrite dans le cas des installations nucléaires. L’Académie des sciences et même les experts des troupes du génie du Pentagone ont mis en garde le ministère de l’énergie sur le caractère inadmissible de cette approche, mais en vain. Par conséquent, nous avons maintenant une installation présentant d’innombrables défaillances et mal sécurisée ».

Le dépôt de Hanford a été créé en 1943 et a fonctionné jusqu’en 1989. C’est là-bas qu’a été enrichi l’uranium pour la bombe larguée en août 1945 sur Nagasaki. Les frais d’entretien et de maintenance des stocks s’élèvent annuellement à 2,5 milliards de dollars.

Le site de Hanford s’étire sur 15 milles le long du fleuve Columbia et personne ne connaît la quantité de déchets radioactifs migrant dans le fleuve ni ce qui peut se produire si les réservoirs obsolètes venaient à se rompre, raconte Gerald Pollet qui dirige l’ONG Heart of Americaon Northwest :

« Les gens en dehors de Hanford ignorent que les opérations de stockage et de traitement se poursuivent et prendront encore entre 40 et 50 ans. Le ministère de l’Energie nous fait croire qu’il traite les déchets en dépensant à cette fin 2 milliards de dollars annuellement. Mais il ne dit en revanche à personne que dans son idée le traitement consiste à recouvrir les déchets de terre et de boue. Ce n’est pas du traitement mais une opération de dissimulation pure et simple ».

Une nouvelle tranche des réservoirs de stockage souterrains est en cours de construction à Hanford. Ils devraient normalement être opérationnels en 2014. Or, le budget présente déjà un trou de 12 milliards de dollars et les délais de mise en service des nouveaux réservoirs sont reportés au moins à 2019. T

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