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    Allemagne : emprisonné pour avoir dénoncé la politique familiale

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    Le tribunal de Milan a prononcé son verdict le 5 juin. Olivier Karrer, 53 ans, qui a donné sa vie pour défendre les enfants enlevés par l'Allemagne, qui a perdu son fils Julian Karrer à cause de l'Allemagne en 1998, a été condamné par un tribunal italien à une peine de prison de 4 ans.

    Olivier Karrer est accusé d'avoir participé à une entreprise criminelle pour avoir enlevé des enfants d'Allemagne afin de les remettre à leurs parents non allemands séparés. Selon son association, le Conseil Européen des Enfants du Divorce, ses amis, ceux qui ont encore le courage de le soutenir, Olivier Karrer a été condamné sur de faux témoignages et il s'agit d'une décision politique.

    Arrestation. Nous en étions restés à l'arrestation d'Olivier Karrer le 12 juillet 2012 alors qu'il vivait à Strasbourg. C'est par un mandat d'arrêt européen qu'Olivier Karrer a été envoyé en prison en Italie pour une affaire concernant une maman italienne qui a eu deux enfants avec un Allemand et qu'Olivier Karrer a soutenue. Les tribunaux allemands et italiens l'accusaient d'avoir participé à des opérations criminelles d'enlèvement d'enfants contre de l'argent via son organisation, le CEED, le Conseil Européen des Enfants du Divorce. Pour les amis d'Olivier Karrer, la justice allemande serait intervenue dans la juridiction italienne mais les Italiens auraient au final refusé de collaborer dans le sens de l'Allemagne en extradant Olivier Karrer en Allemagne après son temps de prison en Italie. Olivier Karrer est connu pour ses positions fermes à l'encontre du Jugendamt, un service de la jeunesse autoritaire et dogmatique, qu'il accuse d'être le vrai juge qui décide de l'avenir d'un enfant lors d'une décision du tribunal de la famille allemande. Olivier Karrer est allé loin en suivant plusieurs dossiers de parents dont les enfants ont été retirés de leur autorité parentale, souvent dans la violence et avec l'aide de la police. Constatant qu'en règle générale, lors d'une séparation ou d'une situation de crise, les parents étrangers, qu'ils soient Français, Italiens, Portugais, Grecs, Polonais, Russes ou Turcs …, perdent automatiquement leurs enfants selon le critère du bien être de l'enfant appelé le Kindeswohl, Olivier Karrer s'est lancé dans une croisade sans fin pour dénoncer ces actes qui selon lui rappellent le fonctionnement du Lebensborn.

    Les faits. Il est vrai qu'à plusieurs reprises, l'administration allemande a interdit à un parent non allemand de parler dans sa langue maternelle avec son enfant. La presse polonaise et turque s'était emparée de ce sujet en provoquant un scandale dans leurs médias respectifs quand deux pères polonais et turc ont eu l'interdiction de parler dans leur langue maternelle avec leurs enfants durant des rencontres encadrées par des psychologues. Du côté français, nous assistons aux mêmes cas, mais dans le silence des médias français, qui relaient ces affaires à la rubrique des chiens écrasés. Les enfants de couples franco-allemands séparés ont l'interdiction de parler français. Et sur la base de faux témoignages, les parents français ne peuvent pas voir ou parler à leurs enfants dans l'intérêt de ce Kindeswohl. En faisant des recherches plus approfondies, on apprend que le Kindeswohl se base sur le droit du sang et que des paragraphes de loi issus du Reich sont toujours présents dans les textes concernant le droit de la famille. Certains pensent que le problème va plus loin encore, que c'est une question d'ordre anthropologique. De nombreux parents allemands comme des mères perdent aussi leurs enfants par la force par décision du Jugendamt. « Les services sociaux, les médecins et même des sages-femmes écrivent des dossiers secrets », expliquait Olivier Karrer. Des psychologues déterminent même avant la naissance si l'enfant à naître aura une bonne maman. S'il est considéré comme inapte, l'enfant est retiré à la mère trois jours après sa naissance et est donné à l'adoption. Olivier Karrer travaillait aussi sur cette question.

    Tiens bon, mon fils. La mère d'Olivier Karrer, 83 ans, n'a pas de nouvelles de son fils depuis le verdict du 5 juin. Il faut aussi dire qu'elle n'a pas non plus de nouvelles de son petit-fils Julian qui vit en Allemagne depuis ses 4 ans et qui ne parle plus le français alors que Julian était bilingue. « Le vice-consul a rencontré mon fils en prison et m'a dit qu'Olivier a un bon moral. Vous savez, il est condamné à 4 ans sur la base de mensonges. De toute façon, c'est une affaire politique car si mon fils avait été condamné à 2 ans, l'Allemagne aurait aimé le faire venir pour le condamner encore. C'est l'Allemagne qui est à la base de tout ça. Je n'ai pas encore l'explication d'Olivier et ne sais pas ce qu'il en pense. Depuis le 3 juin, je n'ai pas reçu de courrier de lui. Il a fait la grève de la faim. Il a perdu 20 kilos et il perd toutes ses dents. Vous savez, l'Allemagne a même payé des gens pour mentir au tribunal. On l'accuse d'avoir enlevé des enfants contre de l'argent alors qu'il a toujours été bénévole. C'est une affaire qui est devenue politique car le but des Allemands est de faire taire Olivier. Il faut attendre la motivation pour connaître exactement les motifs de la condamnation ». Olivier a demandé l'exil à la Russie et au Brésil. Lors d'une première audience, le procureur avait requis 6 ans. « Les Allemands ont essayé de comploter avec les Italiens pour ne pas montrer leur responsabilité directe. Le procureur de Munich était venu à une audience à Milan et les Allemands voulaient récupérer Olivier. Il faut que mon fils reste combatif car les justes qui sont mis en prison peuvent agir encore au niveau politique en sortant de prison », rajoute madame Karrer, qui cite Nelson Mandela en référence. N

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