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Trappes, le Grozny Français ?

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Il y a quelques jours, je pointais du doigt l’immense sous-culture à laquelle la France donne naissance dans nombre de ses banlieues et qui n’est que principalement la déclinaison française de cette sous-culture issue des ghettos immigrés aux Etats-Unis.

Je ne suis visiblement pas le seul à contempler ce vide sidéral, puisque pour Charles Consigny, les « barbares sont déjà dans la cité », des barbares « assoiffés de thune, de grosses voitures et de meufs réduites à barboter dans des piscines hollywoodiennes pendant qu'ils (les barbares) beuglent leur soif du vide insondable de la jet-set ».

Les émeutes qu’a connues la ville de Trappes ces derniers jours sont cependant venues porter quelques éclaircissements sur en quelque sorte l’exception française qui, même au sein de ce vide sidéral des territoires presque perdus de la république, continue à différencier nos voyous des voyous américains.

En 2011 est votée une loi qui interdit la dissimulation intégrale du visage dans l'espace public. La loi est certes contestable (dura lex, sed lex), mais notons que de telles lois qui réglementent le port de ce voile intégral existent dans nombre de pays musulmans. Une interpellation vendredi, au nom de cette loi, d’une femme qui portait un voile intégral dans la ville de Trappes a donc dégénéré et abouti à ce que plusieurs centaines de casseurs (des « jeunes» comme on dit en France) attaquent vendredi soir le commissariat de la ville pour protester contre cette interpellation. En clair, pour protester contre l’application de la loi de la république.

Les incidents (dizaines de voitures brulées, abribus détruits, entrepôts brulés et attaques au mortier et aux cocktails Molotov contre les policiers) se sont prolongés la nuit de samedi à dimanche, s’étendant aux communes voisines d'Elancourt et de Guyancourt et aboutissant à l’interpellation d’une maigre poignée de casseurs. Viviane, la mère de la jeune femme interpellée (Cassandra) a livré un témoignage plus qu’inquiétant aux journalistes venus l’interroger en affirmant que « Entre frères, entre musulmans, ca se passe pas comme ça normalement. On peut attaquer une autre personne, on peut attaquer un chrétien, mais on peut pas taper un frère musulman ».

Pour certains habitants de Trappes, ville située sur le territoire français, on peut donc en 2013 attaquer des chrétiens?

Les habitants de Trappes, eux, confirment que c’est le climat général qui « incite à la révolution »ou encore que « Cen'est qu'un début. Dans 20 ans, Trappes, c'est la Tchétchénie ! ». Cette dernière assertion, je dois le dire, a fait naître en moi beaucoup de réflexions contradictoires. De quelle Tchétchénie parle ce jeune père de famille de 32 ans du nom de Kamel Laouadi? De celle de l’époque ou Chamil Bassaïev et ses amis mercenaires et djihadistes internationaux égorgeaient des soldats russes, violaient les dernières femmes russes de la république et prenaient en otage des centaines d’enfants en Ossétie? Ou de la Tchétchénie actuelle, celle d’après la guerre remportée par l’armée russe et qui est pacifiée et reconstruite, voir par exemple ici, ou ici ?

Pour certains habitants de Trappes, ville située sur le territoire français, l’avenir de leur ville est donc celui d’une guerre militaire et interconfessionnelle contre l’Etat français?

Il y a quelques semaines, des intellectuels russes sont allés en Syrie pour étudier la situation sur le terrain et ils ont ramené de la ville de Darayya des clichés prouvant non seulement la présence étrangère russienne au sein des combattants de l’opposition mais aussi les objectifs réels d’une grande partie de la dite rébellion syrienne : la guerre contre la Russie. Bien sûr, la Russie ne sera pas la seule visée. On sait que des centaines (voir des milliers) d’Européens, et donc de Français, combattent en Syrie au milieu des mouvances salafistes. Récemment, les Français ont pu écouter les élucubrations d’un de nos concitoyens, sorte d’avorton illettré et mentalement retardé, se revendiquant djihadiste volontaire en Syrie et menaçant l’Etat français.

Il n’est sans doute pas le seul dans ce cas. La fin de la guerre en Syrie (si l’armée arabe syrienne n’a pas le temps de se charger d’eux) pourrait inciter des membres de cette nébuleuse terroriste à basculer dans le Jihad, mais cette fois sur les territoires de leurs pays d’origine (ou d’adoption) afin de transformer leurs villes en autant de Grozny ou Darayya. Prions que ce jour là (et dieu sait si personne ne souhaite que cela arrive), les élites françaises aient le courage des élites russes d’hier et de Syrie d’aujourd’hui pour rétablir l’ordre constitutionnel et la souveraineté de l’état.

Récemment, un édito du Dauphiné soulignait que « Le département des Yvelines ne se situe pas en Arabie Saoudite. Aucun émir ou caïd quelconque ne saurait s’y prévaloir d’une autorité légitime. Les lois votées par le Parlement s‘y appliquent comme partout en France (...) C’est ainsi qu’à Trappes, il n’est pas permis de déambuler en tenue d’Ève. Ni couverte d’un voile intégral».

Il faudrait en effet penser à rappeler aux écervelés qui attaquent les commissariats, méprisent les chrétiens ou rêvent de Syrie qu’un vrai voyou est un mauvais musulman et qu’un honnête musulman est un homme qui respecte les lois. Ou peut être simplement que Trappes se situe en France et donc en terre chrétienne. N

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