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    Etiquetage de la viande : une sénatrice française menacée de mort

    Etiquetage de la viande : une sénatrice française menacée de mort

    © Capture d'écran : YouTube.com
    Société
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    L'affaire se passe dans le domaine de l'alimentaire et a plus exactement rapport à l'abattage rituel des animaux en France, et notamment la question de l'étiquetage des produits venant des territoires occupés par Israël.

    Sylvie Goy-Chavent, UDI, a été nommée rapporteur de la mission filière viande au Sénat. Cette mission, qui avait pour intitulé « État des lieux de la filière viande en France et comment restaurer la confiance des consommateurs », a été mise en place au lendemain du scandale de la viande de cheval trouvée dans les lasagnes. Sylvie Goy-Chavent se met au travail et demande une réglementation sur la viande pour que les consommateurs soient informés sur son origine, sur la manière par laquelle les animaux sont tués et si un rite religieux a été appliqué. Sylvie Goy-Chavent sera menacée par rapport à sa carrière politique (« vous êtes finie ») et menacée de mort. La justice française et les médias français ne diront rien sur ces menaces proférées à l'encontre d'une élue de la nation qui de surcroît se trouve mandatée par le Sénat. Aujourd'hui, Sylvie Goy-Chavent se pose des questions sur la France, cette grande démocratie et ce symbole des droits fondamentaux.

    Silence général en France. Sylvie Goy-Chavent est maire de la commune de Cerdon, dans le département de l'Ain, depuis 25 ans et sénatrice depuis 2008. Elle s'intéresse aux questions de droit international, et notamment à l'étiquetage des produits venant de Cisjordanie, des territoires occupés par Israël. « Des extrémistes se disant de culture juive m'ont menacé de mort. Fin juillet 2013, j'ai porté plainte mais je n'ai pas de nouvelles de ma plainte. Je me demande ce qu'il se passe en France. Les médias ne relaient pas cette affaire. Tout le monde reste silencieux. Les médias sont très orientés en France et je cherche à trouver des moyens pour médiatiser cette affaire car on ne peut plus aujourd'hui travailler sereinement ». Sylvie Goy-Chavent souhaite qu'on réponde enfin au droit international car, selon la sénatrice maire, cette occupation des territoires est illégale et plusieurs acteurs sont alertés sur la question, y compris la communauté internationale. « J'aurais voulu qu'on arrête d'importer des produits venant des territoires occupés avec des étiquettes estampillées Israël. »

    Le lobby. « J'ai envoyé à mes collègues, aux 348 sénateurs, un document de travail qui est confidentiel et très rapidement j'ai été contactée par le député des Français à l'étranger qui est basé en Israël. Il était très fâché que je fasse des choses pareilles. Les 27 sénateurs de cette mission, des communistes, des UDI, des PS, des UMP des non inscrits, des Verts... ont pourtant tous voté cette mission ». Sylvie Goy-Chavent explique que les sénateurs avaient 40 propositions, que deux ont été votées, celle consistant à étiqueter les pays d'origines pour les produits à base de viande dans le but de protéger l'élevage français et à mettre un étiquetage signalant de quelle manière les animaux sont abattus. « Cette dernière mesure a agacé la communauté juive et ce fut le prétexte pour m'attaquer », dit Sylvie Goy-Chavent. « C'est une question d'argent. Je ne comprends pas cette excitation de la communauté juive. C'est quelque chose d'intolérable d'être menacée de mort tout l'été, d'être traitée d'antisémite sur les sites extrémistes, d'être traînée dans la boue. C'est intolérable ». La justice française n'est pas intervenue répète la sénatrice, qui n'en revient pas que malgré son statut et sa mission, la justice et les médias ne fassent pas leur travail. La sénatrice souhaite, comme elle le souligne, « de manière non stigmatisante » et simplement dans un souci de transparence, que les mots casher ou halal soient indiqués sur les produits pour que tous les consommateurs en soient informés. On apprend que les sénateurs ou que les élus de l'UDI, contrairement à la base de l'UDI qui est outrée, ne soutiennent pas Sylvie Goy-Chavent franchement.

    Argent et religion. « Les conditions des religions ne sont même pas observées car toutes les 40 secondes, un bovin est tué. On ne laisse pas mourir l'animal tranquillement ». Cela serait donc une question d'argent et sa mission aurait énormément énervé les communautés qui ont beaucoup à perdre. Pour Sylvie Goy-Chavent, cet acharnement contre elle sur la question de l'abattage religieux est l'arbre qui cache la forêt. Sa demande d'étiquetage des produits des territoires occupés par Israël serait la véritable question : « Le rapport sur la viande a été publié le 19 juillet c'est le 10 juillet que j'ai été insultée. Il y a donc un problème. » Le président du Sénat tenterait, selon les dires de la sénatrice, de la faire taire en lui donnant des conseils. « La communauté musulmane est en phase avec moi. C'est une minorité de la culture juive qui provoquerait tout ça. Le fond du problème est de discréditer une personne qui dénonce l'occupation des territoires par Israël. »

    Casher-halal. « Aujourd'hui, nous avons à peine 1 % de la population française qui consomme de la viande casher contre 5 % de la population musulmane qui consomme de la viande halal », explique Sylvie Goy-Chavent. « Et 80 % des moutons et plus de 50 % des bovins sont abattus selon un rituel religieux en France ». Le but de la mission de Sylvie Goy-Chavent est que le consommateur puisse savoir comment a été abattu un animal, que le mode d'abattage soit inscrit sur le paquet d'emballage. Sylvie Goy-Chavent soulève une question importante. Comment expliquer que les animaux soient abattus à plus de 50 % pour les bovins et à 80 % pour les moutons selon un rituel religieux sans que la population française en soit avertie, voire même informée ? Et comment se fait-il qu'une minorité puisse dicter à la majorité ce qu'ils doivent manger, et comment ? Des millions de Français se demandent, tout comme cette sénatrice, où va la France. Plus que jamais, la base de la société commence à partager les inquiétudes de certains nos élus. N

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