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    WikiLeaks, OpenLeaks, MafiaLeaks : les justiciers d'Internet prolifèrent

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    L’offre était « impossible à refuser ». Le journaliste d’investigation américain, blogueur et juriste Glenn Greenwald, à l’origine des révélations sur les écoutes massives des services de renseignements américains – à partir de documents confidentiels fournis par l’ancien consultant de la CIA Edward Snowden, a décidé de quitter le Guardianpour rejoindre le projet mystérieux du milliardaire américain Pierre Omidyar, fondateur du site internet de vente aux enchères « Auction Web », devenu eBay.

    Les gouvernements peu transparents (hélas, presque tous), le business corrompu, et même la mafia italienne devraient se méfier : les sites d’accusation, à l’instar de WikiLeaks de Julian Assange commence à se multiplier. Et pour enrayer leur propagation, disent des experts, les structures étatiques feraient mieux de devenir plus transparentes au lieu de tenter d’étouffer la liberté d’expression dans le cyberespace au risque de provoquer une réaction naturelle de la communauté Internet.

    Le bras de fer entre la société ouverte et le pouvoir a toujours été et sera, probablement, pratiqué à l’avenir, a dit notre radio Alexandre Goussev, directeur de l’Institut de la planification stratégique et du pronostic. Chaque pouvoir possède une information ouverte et secrète, ce qui est parfaitement justifié. La différence ne réside que dans le degré de fermeture. Trop souvent la confidentialité est hypertrophiée, juge-t-il.

    « Le pouvoir tendra toujours à garantir la protection de ses informations. Par quelles mesures ? En fermant des sites, en faisant taire des personnes trop actives, en posant des barrières et des filtres, en fermant l’accès à certains segments de l’information. C’est aussi la tendance à classifier les informations top secret et à les rendre au maximum opaques. Il est certain que les autorités officielles ne resteront pas les bras croisés. »

    Le phénomène consistant à organiser des plateformes permettant aux citoyens de « siffler » leur gouvernement, administration municipale, business, services d’équipements collectifs et ainsi de suite, il faut le reconnaître, est issu indirectement de cette tendance exagérée des structures gouvernementales à faire de tout un secret, à crypter. Mais il y a aussi l’absence de protection juridique des « sifflets ».

    Certains experts russes considèrent qu’il faut se montrer prudent envers la publication d’une information gouvernementale. Une transparence complète peut nuire. D’aucuns peuvent en profiter à des fins malhonnêtes. Ici il faut un équilibre, un certain compromis (конец голоса).

    Transparency International a publié un rapport qui dévoile des choses étonnantes. Il s’est avéré que dans seulement quatre des 27 pays de l’UE il y a des normes juridiques effectives pour protéger les personnes qui dénoncent les persécutions de leurs chefs. Parmi ces pays avancés il n’y a qu’un seul « ancien » de l’UE – la Grande-Bretagne. Les trois autres sont le Luxembourg, la Roumanie et la Slovaquie. Dans tous les autres, considèrent les experts de Transparency, des lois respectives soit ont un caractère bâtard, soit peuvent être interprétées doublement et ne protègent pas les accusateurs. T


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