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    Espace : la Chine pourrait prendre pied sur l’ISS

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    D’ici 2-3 ans, la Chine pourrait être invitée à s’associer aux programmes à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Cette possibilité a été abordée lors des conférences sur l’espace qui ont eu lieu dernièrement à Washington et auxquelles ont participé plus de trente pays. La délégation chinoise y était la plus nombreuse.

    Les délégués des conférences ont remarqué que Pékin a commencé à se montrer ouvert et enclin à la coopération dans le secteur spatial. La Chine appelle aujourd’hui les autres pays à participer à la construction de sa propre station orbitale qui devrait être lancée vers 2020. Les Chinois sont également prêts à intégrer l’International Space Exploration Coordination Group. Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), note la main tendue des États-Unis, principal adversaire de la participation de la Chine au projet ISS. Et le consultant de la NASA John Logsdon suppose que la Chine recevra une invitation à se joindre au programme de l’ISS d’ici 2-3 ans de la part des Européens et que la NASA ne s’y opposera pas.

    Alexandre Jelezniakov, membre de l’Académie russe d’astronautique, pense que la participation de la Chine au programme ISS serait intéressante.

    « La Russie, les États-Unis et l’Europe savent bien que le projet ISS est couteux. Plus les pays seront nombreux à y participer, moins les partenaires auront de mal à rentrer dans leurs frais. Le résultat d’une coopération avec la Chine serait assez intéressant. Bien que les Chinois utilisent nos méthodes et celles des Américains, ils ne font pas de surplace, ils ne copient pas aveuglément ce qui a été fait avant et vont de l’avant. Ils comprennent également qu’en travaillant avec d’autres partenaires dans le domaine spatial, il n’y aura pas seulement des échanges financiers, mais aussi des échanges d’expérience avec d’autres puissances spatiales. »

    Des centaines de milliards d’euros ont été placés dans la construction de l’ISS. La Chine, en se joignant au programme, en recevrait tous les avantages sans en avoir subi les inconvénients. Toutefois, pour Andreï Ionine, membre correspondant de l’Académie russe d’astronautique, la station est construite depuis longtemps et la question financière n’est plus vraiment d’actualité.

    « Les Américains savent que la Chine développe activement son programme spatial et que la meilleure façon de contrôler un rival est de créer un programme commun avec lui. Faire participer un concurrent est le meilleur moyen de contrôler son développement. »

    Par exemple, les Chinois pourraient construire leur propre module pour l’ISS. Il faudrait au moins cinq ans pour le développer et le lancer. Il serait plus simple d’envoyer vers l’ISS le vaisseau chinois Shenzhou, qui ressemble beaucoup au Soyouz. Selon l’expert, des équipements soviétiques transmis à Pékin au début des années 1990 sont utilisés sur ce vaisseau.

    « La question de l’arrimage de Shenzhou à l’ISS et l’arrivée de taïkonautes peut être discutée et résolue. Les Chinois ont déjà procédé à des arrimages réussis dans l’espace. Le module d’arrimage qu’ils utilisent et celui que la Russie emploie sont pratiquement identiques. Cela ne pose pas de problème. Un tel projet peut être réalisé en une année. »

    Mais tout n’est pas si simple. Pékin n’a pas encore manifesté son intention de travailler sur la station internationale. Le fait que la RPC se prépare à créer sa propre station est une réponse aux agissements américains, qui à l’époque avaient écarté la Chine du projet ISS. Washington avait alors expliqué que la technologie de la NASA pouvait tomber entre les mains de la Corée du Nord ou de l’Iran via la Chine. La loi 113-6 (article 535, alinéa b), votée par le Congrès américain, interdit à la NASA d’affecter des fonds pour coopérer avec la Chine ou ses entreprises, ou pour accueillir un représentant officiel chinois dans les infrastructures de la NASA.

    Cependant, la situation pourrait changer après le scandale de la conférence d’astrophysique qui a eu lieu en novembre dans un département secret de la NASA en Californie. Les organisateurs ont pris la loi 113-6 à la lettre et ont informé les scientifiques chinois travaillant aux États-Unis qu’ils n’auraient pas accès au forum, provoquant ainsi l’indignation de leurs collègues américains qui ont menacé de boycotter la conférence. Finalement, la NASA a capitulé et a avisé les Chinois que l’interdiction avait été levée.

    Ainsi, la NASA pourrait autoriser les Chinois à travailler sur l’ISS, où ils auront un espace pour mener des expériences scientifiques. T


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