Ecoutez Radio Sputnik
    Jugendamt allemand, le débat censuré à Bruxelles (Partie 1)

    Jugendamt allemand, le débat censuré à Bruxelles (Partie 1)

    © Flickr.com/Robert Crum/cc-by-nc
    Société
    URL courte
    0 10
    S'abonner

    Philippe Boulland, député européen du groupe PPE, a envoyé le 26 février par mail aux parents victimes du Jugendamt une invitation à venir exposer leur cas en Commission des Pétitions à Bruxelles le 1er avril 2014.

    L'invitation du député EU était des plus sérieuses, et traitait d’un sujet très grave qui est encore trop maintenu à l'écart des médias et des prises de positions politiques : « Je vous écris pour vous prévenir du plus important à vos yeux. J'ai demandé à parler du Jugendamt et de l'Allemagne lors de la dernière réunion de la Commission des Pétitions le 1er avril. Prévenons ensemble les médias de venir ce jour-là au Parlement afin que l'on puisse faire ensemble pression sur les autorités européennes présentes. Je vous demande donc de venir massivement pour cette réunion afin de terminer le cycle des pétitions portant sur les divorces par toute l'expérience et l'analyse que vous avez de ce sujet ». Mais le 20 mars, les parents victimes des rapts de leurs enfants par l'Allemagne apprennent l'annulation de la réunion du 1er avril.

    Conférence de presse pour taper du poing sur la table. Philippe Boulland dit avoir été pris de cours, et ne pas avoir été informé de cette annulation. « J’apprends donc, à mon retour d’une mission à Madagascar, avec stupeur et indignation, l’annulation pure et simple des débats autour du Jugendamt (Office allemand de protection de la jeunesse) qui devaient se tenir en commission des Pétitions », écrit le député sur son site. Au début de son texte, le représentant dénonce cette annulation car pour les parents, c'était le seul recours pour pouvoir revoir leurs enfants confisqués par les autorités allemandes : « Imaginez la situation. La Commission des Pétitions (PETI) discute depuis plusieurs réunions des conséquences des divorces en Europe (...) La Commission PETI se prépare à discuter le 1er avril prochain du sujet qui concerne l’Allemagne. Des parents sont prévenus. Ils n’ont, pour certains, plus aucun autre recours que de venir à Bruxelles pour parler de leur calvaire. L’Allemagne est le pays qui pose justement le plus de problèmes en Europe en matière de divorce. Pourtant, ce débat n’aura pas lieu ». Les députés EU allemands des Pétitions ont décidé de retirer les demandes des parents de France, de Pologne, d'Italie, d'Autriche, d'Allemagne, de Slovaquie, du Luxembourg, de Roumanie, de la Commission des Pétitions du 1er avril sur le Jugendamt. Philippe Boulland et les députées EU italiennes, Cristiana Muscardini avec Ermina Mazzoni, ont, selon une source italienne proche du dossier, en réaction au « nein » des Allemands, planifié une conférence de presse le 1er avril à 15 heures au Parlement européen pour taper du poing sur la table.

    Poisson d'avril. Une source proche des députés allemands, Peter Jahr et Rainer Wieland, aux Pétitions, dit : « Nous avions trop de pétitions pour ce jour. On a décidé que les pétitions sur le Jugendamt ayant déjà été évoquées, il fallait avoir des pétitions qui n'avaient pas encore été traitées ». Selon une source proche de la députée italienne, Cristiana Muscardini, c'est incompréhensible : « Cela concerne beaucoup de pétitions. Nous ne comprenons pas les raisons de l'annulation lors de la rencontre des coordinateurs aux Pétitions. L'explication allemande n'est pas vraie car lors de la dernière rencontre des Pétitions sur le Jugendamt, ils avaient parlé de ces mêmes pétitions». Selon une source proche de Philippe Boulland, « les coordinateurs allemands du PPE et du Parti socialiste ont fait leur cuisine entre eux pour décider de retirer de l'ordre du jour les pétitions sur le Jugendamt. Ces coordinateurs du PPE parlent au nom du parti mais ils ne nous ont jamais parlé de ça. Ils en ont profité pour le faire quand nous étions dans l'avion de Madagascar. Comme nous partions à Madagascar, nous avions demandé à décaler la date de cette rencontre. Ce qui explique le 1er avril. C'est un hasard. »

    Victimes polonaises du jugendamt. M. Pomorski, qui est devenu le responsable de l'organisation polonaise www.dyskryminacja.de, se bat depuis plus de 10 ans contre le Jugendamt et aide des familles polonaises et allemandes : « une nouvelle famille allemande est venue se réfugier en Pologne des griffes du Jugendamt. Je ne peux pas donner leurs noms ni leur ville pour les protéger. J'attends l'arrivée d'une autre famille d'Allemagne bientôt. Les Allemands quittent l'Allemagne avec leur enfants pour se réfugier en Pologne». Le Jugendamt de Hambourg a interdit à M. Pomorski de parler en polonais en Allemagne à ses deux filles.

    Ce sont les Polonais qui ont commencé à dénoncer, grâce à leurs élus et leurs médias, comme par le travail incessant de l'avocat Stefan Hambura, des horreurs commises par l'autorité allemande sur le domaine de la petite enfance. L'interdiction écrite de parler polonais a réveillé les pires craintes historiques chez les Polonais. Le député polonais Marcin Libicki aux Pétitions avait réussi à secouer la politique allemande en faisant venir des pétitionnaires de France, d'Allemagne et de Pologne. En 2007, une représentante du gouvernement allemand exprima les excuses de l'Allemagne pour M. Pomorski, mais cela ne changea rien sur le fond puisqu’il existe de nouveau des dossiers d'enlèvements d'enfants par le système allemand. Dès 2007, le député Rainer Wieland, chef des réseaux de lobbyistes à Bruxelles, refusait de reconnaître ces horreurs se limitant à parler de conflits de couples.     N

     

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik