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Islam en France : une explication de René Marchand

Islam en France : une explication de René Marchand

© Photo : RIA Novosti
Société
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Le 27 mai 2013, René Marchand nous a donné un entretien sur l'Islam en France. Selon son avis d'expert (René Marchand est journaliste, écrivain, arabophone, expert du monde arabe et de la culture musulmane, ancien de Langues O, passionné par la culture arabe, qui a publié en 2013 un livre intitulé Reconquista ou mort de l'Europe), les Européens ne veulent pas voir le danger du mouvement politique musulman qui se cache derrière la façade d'une religion.

L'instauration d'un Numéro Vert par la France pour signaler des djihadistes en France et l'arrestation de quelques uns d’entre eux à Strasbourg ce mardi 13 mai confortent l'analyse de René Marchand qui avait signalé l'aveuglement de l'Occident et sa surdité face à l'islam. Pour les responsables de la communauté musulmane en France et pour des journalistes comme Christophe Barbier, les écolières retenues au Nigéria et converties à l'Islam sont entre les mains d'une secte qui n'a rien à voir avec l'Islam. René Marchand donne son avis d'expert.

La Voix de la Russie : Depuis notre dernier entretien voyez-vous des changements sur l'évolution de l'Islam en France ? Lesquels ?

René Marchand : L’Islam ne cesse d’accroître son implantation et son influence en France. Le mouvement, commencé dans les années 70 du siècle dernier, a connu une accélération avec l’arrivée d’un socialiste à la présidence de la République en 2012. Comme vous le savez, François Hollande n’aurait pas été élu sans le « survote » des Musulmans qui se sont prononcés en sa faveur à raison de neuf sur dix. Illico, de nouvelles mesures ont été prises par le gouvernement qu’il venait de nommer pour favoriser la régularisation des illégaux, la naturalisation, l’octroi du droit d’asile… Les Musulmans sont de plus en plus nombreux sur le territoire national.

D’autre part, le sentiment d’appartenance à la communauté musulmane – la umma – est de plus en plus fort parmi eux. Les signes d’appartenance se multiplient : voile, burqa, ramadan, viande halal… On a même vu se manifester au grand jour dans nos « quartiers sensibles » les tenants des courants les plus extrêmes, comme les salafistes.

Il faut savoir ce que veut dire ce sentiment, cette fierté d’appartenance : La umma est « la meilleure des communautés » selon le Coran ; Allah l’a chargée de soumettre l’humanité tout entière à Sa Loi par la prédication ET la guerre. Toutes les appartenances : nation, tribu, famille, doivent s’effacer devant celle-là et son devoir sacré.

Rien ne semble devoir ralentir la marche en avant du parti islamique, les financiers et les politiques, nationaux et locaux, y trouvant leur profit à court terme. Si l’on prolonge les courbes, la libanisation de la France est la probabilité la plus vraisemblable – à moins que le peuple, très majoritairement opposé à l’Islam, n’arrive, par les élections ou autrement, à faire reconnaître qu’il est le seul souverain en république.

LVdlR : Que pensez-vous de l'instauration du Numéro Vert pour signaler les djihadistes ?

René Marchand : « Voilà une idée qu’elle est bonne ! », comme disait un célèbre comique. Quel dommage que les démocrates allemands n’aient pas disposé en 1930 d’un tel téléphone pour signaler au ministère de l’Intérieur leurs compatriotes qui s’apprêtaient à prendre la carte du parti d’Adolf… La république de Weimar était sauvée.

La réalité est que les services français de renseignements sont incapables de surveiller les milieux musulmans. Dans notre police, notre justice, notre armée, combien de spécialistes parlant l’arabe, le turc, le pashtoun, le dari, les dialectes berbères ou d’Afrique noire…, en mesure d’entrer dans la mentalité de nos adversaires en prenant en compte l’Islam, ses dogmes, son droit, ses coutumes, ses stratégies de conquêtes, ses références valorisantes, ses variétés juridiques et théologiques, sans parler des ethnies, des clans et sous-clans, des groupes d’action politique… ou des intérêts des pays étrangers ou des lobbies agissant dans l’hexagone ?

LVdlR : Les Français sont-ils en danger avec le retour de soldats fanatisés par l'Islam ? Pourquoi ?

René Marchand : Bien sûr. Mais le plus grand danger pour notre pays, ce ne sont pas les attentats, qui provoqueraient un sursaut de la population, mais la guerre subversive en cours pour l’islamisation par la démographie et la taqiyya (le mensonge, la dissimulation, la ruse). Dans cette guerre, l’ennemi a une force réelle, non par ses moyens propres, mais par le soutien que lui apportent tant de Français : politiques, financiers, religieux, journalistes et intellectuels divers… Sans ces collabos, sa capacité de nuisance serait quasiment nulle.

LVdlR : Dans un article de Boulevard Voltaire, vous parlez du temps où la plupart des Musulmans immigrés ignoraient la doctrine de l’Islam et se satisfaisaient de rites et coutumes. Pourquoi ce temps est révolu ? Quelles en sont les conséquences ?

René Marchand : Un étranger qui voulait devenir français était contraint de prendre un prénom français pour marquer sa détermination à adopter la langue, la culture, l’histoire et le devenir commun du peuple d’accueil. Et il n’était pas question qu’il tente d’imposer les coutumes de son pays d’origine dans la sphère publique. Une musulmane voilée dans nos rues ? Des rayons halal dans nos magasins ? Impensable. Le candidat à la naturalisation tenait d’ailleurs à ce que ses enfants fussent des Français comme les autres et, de fait, les différences d’origine s’estompaient en une génération seulement.

En renonçant à cette politique d’assimilation, nous avons livré tous les originaires de pays musulmans à la pression des cadres de l’Islam et de l’opinion publique qu’ils contrôlent. Aujourd’hui, il est impossible à un Algérien ou à un Marocain d’origine de donner un prénom français à son fils ou à sa fille. L’enfant est tatoué musulman dès sa naissance et il faut savoir que, en droit musulman, on ne peut sortir de l’Islam sous peine de mort et que les enfants d’un Musulman sont soumis à ce même article de la Loi.

LVdlR : Y-a-t-il un lien entre le travail des mosquées et les djihadistes ? Lequel ?

René Marchand : Une mosquée n’est pas seulement un lieu de culte (le mot ne veut rien dire en Islam, où tout est culte jusqu’au port de la barbe et la manière de se conduire aux toilettes). C’est le centre de la vie musulmane sous tous ses aspects : état-civil, agora, lieu de propagande, de police, de justice, d’enseignement… Une mosquée, c’est un bout de terre qui sort de la Maison de la guerre (dâr al-harb : le territoire des Infidèles) pour entrer dans la Maison de l’islam (dâr al-islâm) et ce changement est irréversible, définitif.

Dès qu’une mosquée s’ouvre, il y a un imam (venu d’où ? le Conseil français du culte musulman est le lieu d’affrontements sans fin entre Algériens, Marocains, Turcs…) L’imam se donne pour principale mission – et qui pourrait le lui reprocher ? – de rappeler ses ouailles à leurs devoirs, dont le plus sacré est la propagation de l’Islam, la lutte contre les Infidèles et, comme « « solution finale », l’anéantissement de leur civilisation et son remplacement par l’Islam. Le travail de l’imam et de son équipe, dans une mosquée comme dans une prison ou dans l’armée, c’est – et ce ne peut être que – l’endoctrinement, puis l’encadrement, puis la mobilisation au service de l’Islam.

La plus grande force de l’Islam dans sa Maison a toujours été la pression des Musulmans de la base sur les réfractaires, car tout Musulman a un devoir de critique et de correction sur n’importe lequel de ses frères. Aucun KGB, aucune Gestapo n’a jamais eu l’efficacité de l’opinion publique musulmane actionnée par les cadres « religieux » pour détecter et sanctionner les marginaux qui seraient tentés de refuser la ligne générale du parti. C’est ainsi que le « jeûne » du ramadan sert, d’abord, à fliquer les mauvais Croyants. Nos politiciens, qui sont si friands de l’iftâr, savent-ils qu’ils partagent les cornes de gazelle avec les argousins d’un parti totalitaire ?

LVdlR : Les médias parlent de plusieurs jeunes Français partis faire le djihad en Syrie en décembre dernier, revenus en France et qui ont été interpellés à Strasbourg ce 13 mai. Votre avis ?

René Marchand : Au Nigéria, Boko Haram, d’après les services occidentaux de renseignements, compte 30 000 membres, dont 10 000 miliciens. Questions : Combien de Musulmans nigériens approuvent ses actions ? Combien sont prêts à lutter contre son emprise sur la population ?

Parallèle : Quelques centaines de Français sont partis guerroyer en Syrie. Questions : Combien de Musulmans, en France, les approuvent ? Combien sont disposés à les désavouer publiquement ?

LVdlR : Plus de 300 écolières ont été enlevées par Boko Haram au Nigeria. Les représentants des Musulmans de France parlent d'une secte qui n'a rien à voir avec l'islam. Votre avis ?

René Marchand : Boko haram est du haoussa. Le nom en arabe est : Groupement sunnite pour la prédication et le djihad. Ses chefs se réfèrent aux textes les plus sacrés de l’Islam, à savoir le Coran, livre d’Allah, éternel comme Lui, et les hadîth, recueils des faits et dits du « Beau Modèle » Mahomet, les deux sources de la Loi (charia). C’est à ces sources intangibles, indiscutables, que puisent les ressortissants des 56 pays de l’Organisation de coopération islamique. Au plan de la doctrine, Boko Haram est irréprochable. Que ses actes criminels « la fichent mal » devant l’opinion internationale quand on veut présenter l’Islam comme compatible avec la démocratie, c’est une évidence. Mais vous remarquerez qu’aucun des grands oulémas ne les a condamnés. Où des « savants » de l’Islam auraient-ils trouvé les références théologiques ou juridiques pour une telle condamnation ?

LVdlR : Votre avis sur la phrase de Christophe Barbier : «Au Nigeria comme en Afghanistan ou en Syrie, il est une victime supplémentaire des islamistes : l'Islam » ?

René Marchand : Une stupidité absolue. Le mot « islamiste » est une invention des Occidentaux pour exonérer l’Islam d’actes, de comportements, de coutumes, de prescriptions qui n’étaient pas présentables, mais qui étaient parfaitement conformes aux dogmes, à la théologie, au droit qui fondent l’islam dans lequel se reconnaissent et que revendiquent, au-delà de leurs divergences et de leurs particularismes, les 56 pays de l’OCI.

LVdlR : Valeurs actuelles de mai titre : 2 mosquées construites chaque semaine avec les 2390 existantes. La France c'est fini ? Que faire ?

René Marchand : Et savez-vous quel est le nom le plus souvent donné aux mosquées chez nous ? Al-fath, la conquête. Les Musulmans en guerre contre nous sont assez sûrs d’eux aujourd’hui pour nous narguer ouvertement. (Parenthèse : Bravo à vous, les élus locaux, qui laissez ainsi un parti hostile afficher son objectif de conquête au fronton du bastion avancé que vous lui avez offert !)

Je suis tout à fait certain de l’issue de la guerre qui nous a été déclaré par l’Islam il y a 14 siècles et dont la colonisation de notre territoire par la démographie et la taqiyya n’est qu’un épisode.

La libanisation elle-même ne pourrait être qu’une étape, car selon le droit musulman, aucune paix définitive n’est licite avec des non-Musulmans. Seules sont autorisées des trêves d’opportunité de dix ans (en référence à un accord passé par Mahomet avec les Mekkois, en 628). Dans la guerre qui est conduite contre nous, il n’y a que deux issues possibles : soit l’islamisation totale et irréversible, soit la Reconquista.

LVdlR : Quelles sont nos chances de l’emporter ?

René Marchand : Au risque de vous surprendre, je vais vous dire que nous avons déjà remporté la victoire, car nous avons gagné la reine des batailles : la bataille de l’opinion. Les Français, comme les autres Européens, ne veulent pas d’Islam chez eux. Les « pseudo-élites » finiront bien par tenir compte de ce fait dans leur intérêt bien compris. Alors, on verra les collabos retourner leur veste du jour au lendemain, comme en d’autres temps.

Ce qu’il faut faire ici et maintenant ? D’abord cesser de considérer et de définir l’Islam comme une « religion », à la semblance du christianisme. La loi de 1905 est formelle en son article premier : « La République assure la liberté de conscience ». Là où il n’y a pas de liberté de conscience, on ne peut parler de « religion ». Tant qu’on n’aura pas requalifié juridiquement l’Islam, tout ce qui sera entrepris pour limiter l’islamisation de nos pays ne fera « qu’arroser la plante ». Le mot « religion » est le cheval de Troie dans une guerre visant à notre disparition. Autre image : c’est un cancer létal.

Je vais vous donner une définition de l’islam, qu’aucun érudit ne récuserait, ni aucun ouléma (je ne parle pas de nos imams de « l’islam de France », qui ne sont que des taupes qui nous mentent comme ils respirent) :

L’Islam est un totalitarisme, expansionniste et guerrier, et par guerre il faut entendre aussi bien l’affrontement les armes à la main que la subversion par la démographie et la taqiyya.

Je suis prêt à engager un débat, n’importe où et n’importe quand, avec n’importe qui, sur cette définition.

Dès lors, et si l’on complète cette définition par le fait que les Musulmans ont pour devoir sacré d’anéantir les autres civilisations, accepter de l’Islam en Europe est suicidaire. C’est ce que je démontre dans mon livre. Nous n’avons le choix qu’entre la Reconquista ou la mort de l’Europe. Certes, beaucoup de nos « élites » financières, politiques, religieuses, intellectuelles… verraient l’Europe disparaître sans aucun émoi, mais je suis persuadé que les peuples ne sont pas disposés à se laisser assassiner et qu’ils sauront trouver en eux l’énergie pour un combat victorieux. Voilà pourquoi, sans vouloir écarter l’éventualité d’épreuves douloureuses, voire tragiques, je suis, je le répète, résolument optimiste sur le long terme : nous gagnerons cette guerre. N

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