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    L'Arctique, territoire de coopération et de rivalité

    L'Arctique, territoire de coopération et de rivalité

    Photo: RIA Novosti
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    L'Arctique, autrefois territoire de coopération, se transforme en une zone de rivalité. Un nombre toujours croissant de pays s'intéressent à cette région.

    Déjà, Singapour, la Chine, le Japon, la Corée du Sud font des plans … Leur intérêt est clair. La voie maritime du Nord et le plateau continental arctique, riche en ressources naturelles, promettent dans l’avenir des retombées économiques considérables.

    Les cinq pays arctiques qui jouxtent la mer de glace ne sont plus depuis longtemps les seuls à prétendre à la zone arctique. Cette région éloignée et froide attire plusieurs pays. Les premiers à lancer une politique arctique active, en poursuivant leurs buts politiques et économiques, sont les pays de l’Asie du Sud et de l'Est. Dans les documents officiels définissant leur politique dans cette région, ils décrivent l'importance des études scientifiques, y compris l'étude du changement du climat sur la planète, puisque les principaux processus climatiques se font sentir le plus fortement dans les latitudes du Nord. Cependant, leur principal but est les nouvelles régions pour la production des ressources énergétiques et des métaux, les experts n’en doutent pas.

    La lutte pour l'Arctique a déjà commencé, dit le président de l'Union des villes situées au-delà du Cercle Polaire et celles du Grand Nord, le membre du Conseil des explorateurs du pôle de Russie Igor Chpektor.

    « C’est purement et simplement une lutte pour le marché des matières premières. Aujourd'hui, certes, l'intérêt pour l'Arctique est immense. En prenant en considération le fait que les stocks des hydrocarbures sur le continent ne sont pas illimités, qu’ils diminuent, il faut penser à l’avenir. Et l’Arctique, c’est l’avenir. »

    Mais l'Arctique n’attire pas seulement pour ses riches ressources naturelles. La voie maritime du Nord deviendra dans les années à venir le couloir le plus important de transport. Son développement réduit considérablement le trajet entre l'Europe et l'Asie. Ainsi, par exemple, l’itinéraire Rotterdam - Yokohama via le canal de Suez fait plus de 11 000 milles marins. Tandis que par la voie maritime du Nord, c’est près de 7 000. C'est beaucoup moins cher et plus rapide. Les pays de la région Asie-Pacifique, dont les économies se développent à des rythmes accélérés, ne vont pas manquer une telle possibilité, dit le directeur général du Centre des estimations stratégiques et des pronostics, Sergueï Grinyaev.

    « L'intérêt particulier est manifesté par Singapour. C'est une des puissances navales influentes. Certes, cet État est inquiet : en perspective, l'ouverture de la voie maritime du Nord risque d’attirer vers elle plusieurs itinéraires commerciaux avantageux. C’est ce qui inquiète le plus Singapour. Quant à la Corée du Sud et au Japon, ces États voient leur rôle et leur place en Arctique dans la participation à la création de navires de la classe de glace. Aujourd'hui, une concurrence informelle s'est déployée entre les constructeurs de navires du Japon et de la Corée du Sud. Justement, pour la domination sur ce marché. »

    Les États non arctiques, eux, ne mettent pas officiellement en doute la juridiction des États côtiers arctiques. Cependant, ils tentent de trouver des moyens pour changer l'état des choses existant. La menace potentielle d’un conflit armé en Arctique est absente, pour le moment, il s’agit de divers moyens de pression, trouve Sergei Grinyaev.

    « La concurrence et la lutte pour l'Arctique ont lieu, et elles se poursuivront. Mais aujourd'hui, elle n’est pas effectuée par des méthodes d'opposition directe, par voie de la militarisation de la région, mais plutôt par voie de l'utilisation de schémas plus rusés, cachés et perfides de la pression économique, politique et diplomatique. Il n'est pas important alors de savoir quels États participent à cette lutte, à quelle distance du Pôle Nord ils sont situés. L’important, c’est que ces États ont du poids dans la structure internationale. »

    L'interdiction par l'Union européenne et les États-Unis de livrer à la Russie l'équipement de pointe pour la mise en valeur du plateau continental en eau profonde est aussi un exemple de la bataille pour l'Arctique. Les experts disent que c’est seulement un début… /N

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