Ecoutez Radio Sputnik
    Les mystères de l’histoire russe : la bibliothѐque d'Ivan le Terrible

    Les mystères de l’histoire russe : la bibliothѐque d'Ivan le Terrible

    © Photo: www.planeta.moy.su
    Société
    URL courte
    0 10

    La disparition mystérieuse de la précieuse collection des manuscrits anciens d’Ivan le Terrible, le tsar russe qui a régné au milieu du XVIe siècle, hante les scientifiques et les chercheurs de trésors. Les recherches se poursuivent en vain depuis plusieurs siècles.

    Ivan le Terrible n’était pas leur premier propriétaire. Les empereurs de Byzance ont commencé à constituer cette collection dès le début de l’ère chrétienne. Les manuscrits les plus précieux venus du monde entier et notamment de la célèbre bibliothèque d’Alexandrie, prenaient la route de Constantinople (actuellement Istanbul). Après sa prise en 1453 par les Turcs, la bibliothèque a pu être sauvée par miracle de la ville en flammes. 19 ans plus tard, la dernière princesse byzantine Sophie a épousé Ivan III, le grand-père d’Ivan le Terrible. Un grand convoi chargé de dot est arrivé à Moscou avec la fiancée. Le grand trésor et notamment les manuscrits de la bibliothèque des empereurs de Byzance, était désormais la propriété des tsars de Moscou.

    Ivan le Terrible est entré dans l’histoire comme un despote sanguinaire mais c’était aussi un grand érudit qui avait une mémoire phénoménale et un esprit vif. Le tsar aimait les livres et sélectionnait personnellement les manuscrits destinés à compléter sa bibliothèque. Les appartements du tsar renfermaient des coffres de fer contenant des milliers de rouleaux précieux. Seuls quelques personnes triées sur le volet étaient admis à la bibliothèque. D’ailleurs, devenu paranoïaque à la fin de sa vie, le tsar ne faisait plus confiance à personne. La bibliothèque a disparu après sa mort subite en 1584.

    Qui ne l’a pas cherché ! Les documents d’archives du début du XVIIe siècle racontent le cas d’un certain Conan Ossipov. Son ami lui a révélé sur son lit de mort l’existence d’une chambre secrète encombrée de coffres qu’il avait découverte dans les souterrains du Kremlin de Moscou. Entrepreneur, Ossipov a décidé de retrouver la chambre en question mais le souterrain indiqué par feu son ami était recouvert de terre. Il a fallu faire appel aux autorités. Les terrassiers ont déblayé le souterrain mais la chambre restait introuvable.

    En 1822, le professeur Dabelov a mentionné dans un article le document contenant la liste des manuscrits de la bibliothèque d’Ivan le Terrible. La liste a intéressé les scientifiques puisqu’elle énumérait des oeuvres des auteurs classiques de la Grèce et de Rome antiques comme Aristophane, Suétone, Tacite, Virgile et Cicéron. Cette découverte aurait une valeur énorme pour la culture mondiale mais il s’est trouvé que Dabelov n’avait qu’une copie du document dont l’original avait disparu sans laisser de traces. S’agissait-il d’une mystification ? Dabelov n’avait pas eu le temps d’expliquer quoi que ce soit, il est mort subitement au lendemain de sa découverte. Comment ce professeur et archiviste expérimenté a-t-il pu perdre un document aussi important?

    L’archéologue Ignace Stelletski qui avait consacré toute sa vie aux recherches de la bibliothèque du tsar s’opposait aux sceptiques. Il affirmait même avoir trouvé en 1914 la mystérieuse liste. Mais pour comble de malheur, la liste a fait une nouvelle disparition mystérieuse. Les scientifiques s’en faisaient les gorges chaudes mais Stelletski ne s’est pas découragé. Il persévérait dans ses recherches dans les résidences d’Ivan le Terrible à Vologda, Alexandrov et bien sûr au Kremlin de Moscou. En 1933, l’archéologue avait même demandé l’aide de Staline en personne. Les fouilles ont repris par son ordre mais tous les efforts se sont avérés vains.

    Plus près de nous, en 1995, la mairie de Moscou a pris le relais. Quatre ans d’un travail laborieux et … toujours rien.

    On se demande justement s’il y a lieu de poursuivre les recherches. Après tout, les manuscrits auraient pu tomber en poussière, brûler ou être approprié par des voleurs. Il existe cependant une autre version originale selon laquelle la bibliothèque du tsar aurait déjà été découverte ! Pas toute, évidemment, mais seulement une petite partie. Selon les collaborateurs de la Bibliothèque nationale, ses réserves renferment 600 000 manuscrits dont 60 000 anciens. Il se peut que des livres d’Ivan le Terrible en fassent partie. Comment faire donc ? Arrêter les recherches ou continuer de plus belle pour restituer au peuple ces trésors manuscrits inestimables ? De toute façon, le moment n’est pas encore venu de mettre un point à l’histoire de cette bibliothèque fabuleuse. /N

    Lire aussi:

    Pour vaincre le «génocide du livre russe», un «îlot de culture russe» réouvre à Riga
    Innocent! Un chef-d’œuvre de l’art russe vandalisé pour des «raisons historiques»
    Des rats se sont offert un repas à 200.000 euros dans une bibliothèque allemande
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik