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    Le virus Ebola franchit les frontières

    Le virus Ebola franchit les frontières

    © Photo : REUTERS/Frederick Murphy/CDC/Handout via Reuters
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    Le virus mortel Ebola a atteint l'Asie. En Inde, un homme arrivé à l'aéroport international Indira Gandhi depuis le Nigeria a été hospitalisé. La veille, une passagère allant du Nigeria en Inde est décédée dans la zone de transit de l'aéroprt d'Abou Dabi. Les symptômes supposés de la fièvre Ebola ont été diagnostiqués.

    Les aéroports de différents pays se dotent d'urgence de caméras thermiques et d'équipes de médecins. Une attention particulièrement soutenue est accordée aux vols en provenance d'Afrique et aux citoyens de pays africains. L'Organisation mondiale de la santé a déjà introduit des restrictions de déplacement pour les personnes infectées par le virus Ebola. Les personnes dont les symptômes éveillent des soupçons tombent dans la même catégorie : elles feront l'objet d’un prélèvement, d'une hospitalisation et du placement en quarantaine jusqu'à l'obtention des résultats de laboratoire. Le traitement de cette maladie n'existe pas, c'est pourquoi l'isolement est l'unique moyen d'éviter la pandémie de la fièvre Ebola, souligne le chercheur en chef de l'Institut de recherche en virusologie Ivanovski Viktor Laritchev :

    « Le virus est transmis par contact avec les fluides corporels. Par conséquent, tout ce qui a été en contact avec un homme peut être contagieux et tous ceux qui ont été en contact avec lui peuvent être infectés. D'où la nécessité d'une quarantaine. En Russie ce serait un box dans lequel les médecins entreraient en combinaisons spéciales. En Afrique, le niveau des services sanitaires et épidémiologiques est très faible. C'est pourquoi des mesures quasiment militaires y sont nécessaire ».

    Au Liberia des centres d'isolement pour malades du virus Ebola ont été placés sous protection armée. Les autorités locales ont opté pour cette mesure suite aux actions de bandits. La veille, un groupe d'hommes armés a attaqué un centre d'isolement dans la capitale du Liberia, provoquant la fuite de 20 patients. Ils ont cassé les portes et ont pillé les lieux, emportant des matelas et des effets de couchage. De ce fait, le risque de propagation de l'épidémie dans la région a sensiblement augmenté.

    Le problème est aggravé par le fait que de nombreux habitants de Guinée, du Liberia, du Nigeria, de Sierra Leone et d'autres pays d'Afrique de l'Ouest particulièrement touchés par la maladie refusent de suivre les exigences des médecins : ils restent et meurent chez eux, exposant à un risque leur entourage. D'aucuns sont même enclins à attribuer la maladie mortelle non pas au virus transmis par le contact d'une personne infectée, mais à d'autres causes, depuis la colère des dieux ou des esprits jusqu'à un complot de la civilisation occidentale. L'épidémiologiste Sergueï Romantchouk note que cela complique notablement la lutte contre la propagation de la maladie.

    « De tels précédents ne sont pas nouveaux. Lors de l'épidémie de choléra à Haïti, les habitants estimaient également être infectés par les Blancs. Ils ont attaqué des employés de l'OMS, des médecins. A Haïti le milieu culturel est presque le même qu'au Liberia. Les gens ne sont pas suffisamment cultivés. Mais en tout état de cause l'épidémie peut être vaincue. La question reste de savoir à quel prix. Ce sera beaucoup plus cher s'il faut isoler un pays entier ».

    A la fin de la semaine dernière le nombre de victimes de la fièvre Ebola a atteint 1 145. Celui d'infectés recensés est deux fois plus grand. Leur chance de survie est de 1 à 10. /N

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