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    Profanation : Rebsamen et la sépulture du soldat Médina (Vidéo)

    Profanation : Rebsamen et la sépulture du soldat Médina (Vidéo)

    © capture d'écran: www.youtube.com
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    Le soldat René Médina* de l'armée de la France libre, né chrétien en Algérie, repose t-il toujours dans sa tombe ? Sa dépouille a-t-elle été déterrée, brûlée sans autorisation, alors que la concession court jusqu'en 2029 ? Que faisait un ouvrier de confession musulmane dans le carré des chrétiens ? Pourquoi François Rebsamen, quand il était le maire de Dijon, n'a-t-il pas réprimé toute atteinte à l'intégrité du cadavre en restant silencieux selon les dires des Médina ? La justice de Dijon, statuant sur un non lieu, ne permet pas de répondre aux questions de la famille, quatre ans après les faits. Dijon est la ville de France qui a le plus grand cimetière de l'Hexagone, les Péjoces. Des tombes de chrétiens, de juifs et de musulmans se partagent 33 hectares. 134 000 morts reposent aux Péjoces. Certains Dijonnais en colère face à une municipalité « au profil d'Ancien Régime » qui laisse la veuve du soldat René Médina, 85 ans, seule depuis 2010 face à cette profanation de sépulture, a fait remonter jusqu'à notre rédaction ce dossier d'une France qui sent le pouvoir des rois et de sa cour. Comme l'affaire « du mur des cons » l'avait montré, le dossier du soldat René Médina confirmerait de nouveau en France une justice dépendante du pouvoir politique et plus aux ordres du pouvoir en place qu'au service des citoyens.

    « J'ai envoyé le dossier à Edwy Plenel. Il n'a pas répondu. La presse en France ne bouge pas », explique Franck Médina. Ces Dijonnais en colère dénoncent l'inaction de la presse locale, des élus locaux, de la justice locale et s'étonnent un peu de la non intervention des organisations des anciens combattants en charge des tombes des soldats morts pour la France, mais ne s'étonnent pas de l'inaction de François Rebsamen, maire de Dijon à l'époque des faits. La Cour de cassation de Paris va statuer ce 15 octobre sur le dossier. La justice, maintenant que François Rebsamen, est ministre du Travail, va-t-elle répondre aux vœux de la famille Médina, donner l'ordre d'ouvrir la tombe pour la vérification afin d'établir la vérité et déterminer les responsabilités pénales concernant la profanation de la sépulture ?

    Le maire est le garant. La loi française est claire. L'article 225-17 du code pénal réprime toute atteinte à l'intégrité du cadavre, par quelque moyen que ce soit. Le maire est le garant de ce respect dû au défunt car le cimetière relève du service public administratif dont la compétence de gestion et de sécurité est exclusivement communale. Il incombe aux communes de veiller au repos paisible des défunts sous peine de poursuites pénales. Franck Médina se bat pour l'honneur de son grand-père et au delà pour le respect envers les morts, « car il y va d'un respect universel qui touche tout le monde un jour ou l'autre. Une société qui ne respecte pas ses morts ne respecte pas ses vivants ! ». Et Franck Médina de déplorer : « La mairie de Dijon et François Rebsamen n'ont pas répondu à nos demandes.(…) Le soldat René Médina s'est battu contre les nazis dans l'Armée française de la Libérationen allant jusqu'en Allemagne. Le père de François Rebsamen, Eric Rebsamen, né à Stuttgart le 9 janvier 1917, lui, a été un officier portant l'uniforme de la Wehrmacht et qui est arrivé à Dijon en 1939. A la fin de la guerre Eric Rebsamen a été recherché par Geoffroy de la Mothe, un juge d'instruction de Dijon car il était en fuite et aurait rejoint la Suisse, étant aussi de nationalité suisse », s'indignent ces mêmes observateurs de Dijon qui s'appuient sur une coupure numérisée de la presse d'époque, La Bourgogne républicaine datée du 9 août 1945, utilisée par la Résistance pour retrouver les collaborateurs nazis. Ces Dijonnais ne comprennent pas pourquoi tout le système ne va pas dans le sens de la simple demande de la famille Médina. « Tous ont peur de bouger car François Rebsamen est un homme très puissant. François Rebsamen a un très haut grade dans la franc-maçonnerie (Wikipedia en parle : franc-maçon, il est adhérent de la loge Solidarité et Progrèsdu Grand Orient de France à Dijon depuis 1989). « A l'aune des faits nous avons l'impression que la justice, les médias, tous se baissent devant cet homme comme à l'époque de l'Ancien Régime », disent-ils. « François Rebsamen était le premier magistrat de la ville. Cette qualité le mettait d'ailleurs directement en relation avec le procureur et les services du Parquet, d'où le manque de réactivité de la part de celui-ci à notre égard ! », dit Franck Médina. « François Rebsamen a tenté en février 2014 de porter plainte contre moi »,dit Franck Médina, « une plainte vite enterrée pour ne pas allumer un feu durant les municipales », explique-t-il. En effet pourquoi Dijon n'a-t-il pas tout simplement ouvert la tombe ? Un acte qui permettrait d'établir la véracité des dires des Médina, la véracité des faits et de rassurer la veuve !

    Chronologie. « Je découvre le 28 juillet 2010 la profanation au cimetière. Le 10 Août 2010 je suis auditionné par la police et effectue un dépôt de plainte». Cette plainte est classée sans suite par le Procureur le mois suivant. « Je n'ai pas été informé ». « Le 22 août 2010, je découvre une brochure macabre dans notre boîte aux lettres déposées par deux jeunes qui n'ont sûrement pas dû le faire gratuitement. En novembre 2010 je dépose ma plainte avec constitution de partie civile. En janvier 2011 je découverte une nouvelle profanation de la tombe où la terre est à nouveau retournée. Je filme sur place. Dans le même temps ma plainte est acceptée. De janvier 2011 à août 2011, soit durant 7 mois, je n'ai aucun contact judiciaire, aucune convocation, aucun acte, aucune enquête effectuée. Le 16 août 2011 je suis enfin reçu en audition de deux heures par la juge d'instruction. En octobre 2011 c'est la fin des soi-disant investigations auxquelles je ne crois pas un instant. Du 16 août 2011 au 11 janvier 2013, soit durant 17 longs mois, nous ne voyons aucun acte juridique, aucun signe de la juge, rien, absolument rien sur le plan judiciaire (soit durant un an et demi !). En revanche, durant les années 2011, 2012 et 2013 inclus, les actes de vandalisme et de profanation se multiplient au cimetière sur notre tombe, puis sur deux de nos tombes à partir de 2012 dans le silence et l'indifférence complets de la juge et du Parquet qui, en quatre ans, ne s'adresseront pas une seule fois à nous ». Franck Médina continue son récit et parle d'autres attaques qui ressemblent à du stalking mais que la justice de Dijon considère être « le reflet des convictions personnelles de M.Médina et être non confirmées » car « les actes sollicités par Franck Médina (expertise du contenu de la tombe) sont inutiles à la manifestation de la vérité ». La décision de la cour d'appel explique même que Franck Médina n'a pas eu un bon comportement, « ses propos, par leur caractère quelque peu outrancier et dramatisé et relevant de la thèse du complot attribué à diverses personnalités, avec un amalgame avec d'autres mésaventures sans aucun rapport, ne sauraient être elles-mêmes un fondement crédible et suffisant à ses accusations». Franck Médina explique pourtant : « Notre porte d'entrée est gribouillée, mon identité sur Facebook est usurpée pour y diffuser à la place des contenus pornographiques. J'ai eu 3 ou 4 tentatives d'intrusion (avortées heureusement) dans mon compte Facebook par un ordinateur localisé entre la Rue de la Préfecture, la Rue du Nord et le Boulevard de Brosses ». Franck Médina et sa famille, qui ont pourtant une demande simple, celle de vérifier si le soldat Médina est toujours là, et qui sont légitimement inquiets, obtiennent une porte close. « Le 11 Janvier 2013 la juge me reçoit pour une seconde audition complètement bateau et le lendemain j'ai dans ma boîte aux lettres son ordonnance de fin d'informer qu'elle a imprimé le jour même de ma venue ! Découvrant tardivement un de mes droits qui a été bafoué en cours d'instruction, je dépose une demande d'actes, suite à cette ordonnance. La juge la rejette en bloc par une ordonnance de rejet de demande d'actes grotesque en mars 2013, puis rend une ordonnance de non lieu en juin 2013 qui est le recopiage quasi littéral du réquisitoire de non lieu du Parquet de janvier 2013. Qu'un procureur et une juge soient à ce point d'accord, c'est assez surprenant !», explique encore, troublé, Franck Médina. « En juin 2013 je fais appel de l'ordonnance de non lieu. La Cour d'appel ne répond qu'en mai 2014. En juillet 2014 je me pourvois en cassation ». Franck Médina et sa famille sont partis d'une demande simple. Ouvrir la tombe du soldat Médina et vérifier si les ouvriers qui ont relevé la tombe et dispersé des objets funéraires n'auraient pas aussi retiré le corps. C'est ce 15 octobre que la Cour de cassation de Paris doit statuer sur la question prioritaire de constitutionnalité sur l'article 225-17 du code pénal seulement.

    * RENE MEDINA (1924 – 1984) - CHRONOLOGIE MILITAIRE :

    Appelé sous les drapeaux le 11 Octobre 1943.

    Embarqué en Algérie – Débarqué à Naples – 1944

    Campagne d’Italie 1944

    Débarquement à Cavalaire - FRANCE (Opération Dragoon – Débarquement de Provence 15 Août 1944)

    Bataille de France 1944 / 1945 (Est du pays)

    Franchissement du Rhin – Bataille de Germersheim 1945 (Citation à l’ordre de l’armée n° 777)

    Occupation en Allemagne 1945 / 1946 Démobilisé le 17 Février 1946/N

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