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    Le résultat de la lutte féministe ? Des dictionnaires tourmentés et un sexisme qui perdure

    Le résultat de la lutte féministe ? Des dictionnaires tourmentés et un sexisme qui perdure

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    Le mouvement pour l'égalité de tous avec tous s'est transformé en occident en une lutte de tous contre tous. La lutte contre le sexisme et la position inégale des femmes par rapport aux hommes a acquis des traits de guerre des mondes. En outre, dans cette guerre, les femmes ont décidé, paraît-il, qu’elles devaient, au lieu de devenir égales aux hommes, devenir des hommes et prendre la place du prétendu « sexe fort » en tout.

    La lutte pour les droits féminins est un processus long et pénible, mais en fait, le sexisme n’a pas été déraciné, il est toujours présent. «Le Diable est dans les détails», comme on dit : à la télé, la promotion de n'importe quel produit se fait par des jeunes filles demi-nues, et les salaires des hommes sont toujours plus élevés que ceux des femmes. En plus, sur le papier, l'inégalité n'existe pas : d'après la législation, dans les pays occidentaux, la femme et l'homme sont déjà tout à fait égaux, note Elena Mesentseva, docteur ès sciences économiques, chargé de cours de la faculté de la sociologie de l'École supérieure d'économie :

    « La base législative pour une égalité réelle est déjà créée, mais en fait, ce n’est pas encore le cas. On a enlevé des lois toutes les positions qui pourraient devenir une base pour la discrimination. Mais il existe une inégalité réelle qui est formée déjà non sur la base de la législation, mais sur les préférences personnelles. Par exemple, des chefs. Les collègues, les subordonnés et les supérieurs hiérarchiques sont les principaux agents qui forment les préférences et les clichés. »

    Et les conséquences de ces préférences et clichés sont bien visibles. Selon l'étude de l'Organisation de la coopération économique et du développement faite sur la situation dans 30 pays, le salaire moyen d’une femme ayant un diplôme d’études supérieures dans les pays industrialisés est considérablement plus bas que le salaire d’un homme occupant le même poste. Les femmes touchent 134 000 dollars, et les hommes - 186 000 dollars par an. Et d'après les données du Service Statistique Fédéral de l'Allemagne, les femmes travaillant dans les compagnies privées touchent en moyenne un quart de moins que les hommes. C'est injuste. Et certaines dames, ne voyant pas d’autres voies de solution du problème, tombent dans le radicalisme, dit Natalia Velikaya, chef de la chaire de la sociologie politique de l’université RGGU.

    « Mais un radicalisme pareil nait, en partie, à cause de l'impossibilité de recevoir ce que l'on veut par des moyens juridiques. Il y a un problème, par exemple, de l’irrespect pour le corps féminin, souvent humiliant, il y a une publicité blessante, pour laquelle il n'y a aucune interdiction. Et à cause de cela, certaines femmes choisissent des formes extrêmement radicales de protestation. »

    Malgré une telle abondance de problèmes réels, les féministes créent la feminologie - une science sur la position et le rôle de la femme dans le monde moderne et luttent contre des noms et des verbes. Cela s'appelle le « feminitif », et son but est de déraciner « la domination du masculin ». Certaines femmes ont vu une atteinte à leurs droits même dans le mot anglais « history » (l'histoire), en croyant qu'en fait, ce mot comprenait le pronom « his story » - « son histoire ». Il est difficile de voir en cela une lutte réelle pour l’égalité en droits. À en juger par les faits, les féministes ne peuvent toujours pas répondre à cette question simple : la femme, que veut-elle - déraciner tout ce qui est masculin, se transformer en homme ou, tout de même, être son égale ? /N

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