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    Les pilotes tchèques préfèrent Aeroflot

    Les pilotes tchèques préfèrent Aeroflot

    © Photo: RIA Novosti/Marina Lysceva
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    Une nouvelle compagnie aérienne, Pobeda (« victoire » en russe), qui est une filiale d'Aeroflot, débute sur fond de conversations sur une récession de l'économie russe, sous l'effet des sanctions occidentales. La nouvelle compagnie commence par des lignes intérieures. Le premier vol sera effectué à Volgograd.

    Pourtant, Pobeda a de grandes ambitions. Ces cinq prochaines années, son parc d'avions doit être porté à 40 appareils dont chacun aura besoin de 4 à 5 équipages. Cela veut dire que plus de 200 commandants de bord seront nécessaires. Quant à Aeroflot, la compagnie a déjà besoin de 400 pilotes de catégorie supérieure. D'où une affluence en Russie de pilotes de République tchèque, d'Allemagne, d'Italie ou d'Espagne. Le plus grand nombre de demandes d'embauche provient cependant de la République tchèque, ce qui n'est pas étonnant étant donné les coupes d'emploi dans la compagnie aérienne CSA, confrontée depuis longtemps à des difficultés financières. La compagnie réduit le nombre de vols, licencient des pilotes, le personnel naviguant et au sol, et vend même des avions dont un va être acheté par Grozny Avia. La cause de la catastrophe est évidente : la crise en Ukraine a sensiblement diminué le nombre de passagers en provenance des pays post-soviétiques.

    La situation du numéro un russe du transport aérien, Aeroflot, est différente. La compagnie se développe, notamment grâce à Pobeda, et en 2014 elle a remporté, pour la troisième fois d'affilée, le prix international prestigieux SkyTrax World Airline Awards comme Meilleure compagnie aérienne d'Europe de l'Est. Des pilotes tchèques se sont rués vers des compagnies aériennes russes, préférant se faire embaucher en Russie plutôt que dans d'autres pays, notamment au Qatar. Le chef du service analytique de l'agence AviaPort Oleg Panteleev a confié à La Voix de la Russie :

    « En 2014, quand il a été autorisé à embaucher des commandants de bord non résidents de Russie, des pilotes de plusieurs pays européens, plus particulièrement d'anciens pilotes de Czech Airlines, ont présenté un grand nombre de demandes d'embauche à Aeroflot. La demande de cadres qualifiés croît suite à l'élargissement de la compagnie, notamment par le biais de sa filiale Pobeda. Cette dernière desservira au début des lignes intérieures. Les pilotes étrangers seront utilisés sur les lignes internationales à cause de la barrière linguistique. Mais il est tout à fait possible qu'ils seront embauchés par la filiale d'Aeroflot.

    Les pilotes étrangers en tiennent compte en présentant leur demande. Le salaire joue un rôle non négligeable. Chez Aeroflot, le deuxième pilote touche 350 000 roubles et le commandant d'un long-courrier, un demi-million de roubles par mois. Les pilotes des avions volant à des courtes et moyennes distances touchent moins. De toute façon, c'est de l'ordre de 8 000 à 10 000 euros. Tandis que la CSA paie même aux pilotes de catégorie supérieure pas plus de 3 000 euros par mois ».

    Le président de l'Association tchèque des pilotes de ligne Stanislav Fiala n'a pas été licencié par la CSA, mais il trouve raisonnable que ses collègues licenciés (plus de 60 commandants de bord) choisissent des compagnies aériennes russes :

    « Je ne travaille pas en Russie, mais je vole depuis 15 ans en tant que commandant de bord à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Nijni Novgorod, à Samara, à Ekaterinbourg, à Perm et à Oufa. J'aime ces destinations pour plusieurs raisons. D'abord, le travail des services au sol y est très bien organisé, tout comme l'organisation des vols. En plus, les gens qui nous accueillent dans les aéroports sont très bienveillants et cordiaux.

    Je comprends les pilotes qui vont travailler en Russie. Je connais au moins 20 pilotes tchèques embauchés par Aeroflot et Transaero. D'aucuns l'ont fait il y a quelques années, d'autres tout récemment. Tous sont contents et craignent de perdre un poste excellent en Russie à cause de la crise ukrainienne ».

    La Voix de la Russie a appris que des pilotes tchèques ont déposé 52 CV à Aeroflot. Au total la compagnie russe a reçu 820 demandes en provenance de pays différents. Les Tchèques sollicitent le poste de commandant d'Airbus A320. En attentant, un seul pilote tchèque a été admis. La concurrence dans la compagnie aérienne russe est très rude. /N

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