Ecoutez Radio Sputnik
    Les fonctionnaires chinois presque tous infidèles

    Les fonctionnaires chinois presque tous infidèles

    © Photo : ru.wikipedia.org
    Société
    URL courte
    0 0 0

    La polémique ne se calme pas autour de l’arrestation d’un des ex-dirigeants du parti communiste chinois Zhou Yongkang. Outre les accusations de corruption, on l’accuse aussi d’adultère. Les autorités chinoises parlent de « décadence morale ». Les experts sont persuadés que ces descriptifs sont utilisés par les autorités chinoises pour que la campagne nationale contre la corruption bénéficie d’un soutien public le plus large possible.

    La déclaration officielle concernant l’exclusion de Zhou Yongkang du parti communiste chinois (PCC) mentionne que le haut fonctionnaire chinois a eu des affaires avec de nombreuses femmes et abusait de son pouvoir en échange du sexe et de l’argent.

    Le terme d’« adultère » était utilisé par le Comité centrale du PCC chargé de l’inspection de la discipline à la fin de juin dernier, lorsqu’un ancien vice-président d’une des grandes compagnies publiques Dai Chunning a été exclu du parti communiste.

    Auparavant les autorités avaient recours à des formulations plus floues en ce qui concerne les accusations contre les fonctionnaires déchus, mais cela ne changeait rien au résultat. Ainsi, l’ancien ministre des Chemins de fer chinois Lu Zhijun ou l’ancien assistant de Zhou Yongkang, Guo Yongxiang, ont été accusés de « corruption morale », impliquant le recours aux prostituées et des affaires extra-conjugales avec plusieurs femmes. L’accusation de « promiscuité » supposait également le fait d’avoir plusieurs maîtresses, accusées elles-mêmes de corruption ou d’autres activités illégales. Les accusations retenues contre l’ex vice-maire de Pékin Liu Zhihua étaient formulées de cette même manière. Quant au verdict de l’homme politique déchu Bo Xilai, il ne contenait pas de telles formulations. On lui a juste reproché dans les accusations d’avoir entretenu « des relations extra-conjugales avec plusieurs femmes ».

    Ce changement de terminologie est lié à la volonté des autorités chinoises de clarifier devant la population les crimes qui sont reprochés aux accusés et rendre les fonctionnaires qui sont destitués de leurs fonctions encore plus détestables. L’expert hongkongais Johny Lau trouve dans le changement des formulations des connotations politiques. « Compte tenu des rumeurs concernant le fait que cette lutte contre la corruption a pour objectif de faire tomber les rivaux de Xi Jinping, la Commission du parti chargée de la discipline a besoin d’accusations plus concrètes et « la violation de la discipline du parti » ne s’avère plus suffisante pour convaincre la population », est persuadé l’expert.

    L’adultère n’est pas un crime selon le code pénal chinois. Toutefois l’article 150 du Règlement disciplinaire du Parti prévoit une exclusion de ses rangs pour bigamie et le fait d’avoir des maîtresses.

    Si l’adultère est suffisant pour que le fonctionnaire soit exclu du Parti communiste chinois, on peut douter que sur les 80 millions de membres, la majorité sera expulsée, ironise-t-on dans les réseaux sociaux chinois. Cela n’est pas faux, les relations extraconjugales allant de pair avec la corruption. Cela est même considéré comme « une perte de la face » pour la majorité des membres du parti de ne pas avoir une maîtresse. Or entretenir une ou plusieurs maîtresses, cela peut coûter cher pour un homme. Selon le quotidien hongkongais Apple Daily, plus de 95% de fonctionnaires chinois qui ont été condamnés au cours de ces dernières années pour corruption, étaient également accusés d’adultère.

    Or, ces maîtresses des fonctionnaires chinois sont un véritable atout pour les enquêteurs. Souvent insatisfaites des conditions, dans lesquelles elles se trouvent à cause de leurs amants, ces femmes parlent et sont prêtes à les trahir en fournissant à l’enquête tous les détails financiers. C’est pourquoi elles sont sérieusement considérées en Chine comme l’un des principaux instruments de lutte contre la corruption.

    Lire aussi:

    La Chine va créer un organe central anticorruption
    Plus d' «intouchables» dans l'élite chinoise
    Une première depuis Mao: Xi Jinping inscrit dans la charte du PCC de son vivant
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik