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Avec l'arrivée de l'hiver, les Russes boivent de plus en plus de boissons chaudes. Et en termes des quantités de thé consommées, la Russie est un leader incontestable.

93-94% de la population russe consomme du thé. Le thé noir est dans ce segment l’un des leaders, mais sa part commence à baisser ces derniers temps. La demande augmente pour le thé vert, les thés aux fruits et les tisanes, qui sont associés avec un mode de vie sain.

Tout le monde le sait, le thé aide a rester en forme. Comme le disait Léon Tolstoï, « sans le thé, je ne peux travailler. Cette boisson libère les capacités endormies à l’intérieur de mon âme ».

Un consommateur statistique en Russie boit trois tasses de thé par jour. Certains sont de plus gros buveurs, consommant jusqu’à six tasses de thé par jour. C’est assez caractéristique pour les personnes âgées de 35 à 45 ans avec des revenus bas. Le thé n’intéresse pas beaucoup les enfants et les adolescents âgés de 10 à 19 ans. Une autre caractéristique : les hommes s’intéressent moins au thé que les femmes.

En Russie, 99% du thé fabriqué à partir des matières premières importées. Le thé est principalement acheté lors des ventes aux enchères au Sri Lanka, en Inde, en Chine, au Vietnam, en Indonésie et au Kenya. Sotchi et de la région de Krasnodar sont les seules régions de Russie où pousse le thé noir de haute qualité. Ceux qui boivent le plus de thé importé, ce sont les habitants de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Les autres habitants de Russie ne disent pas « non » au thé national.

Une maison de thé sur la rue Miasnitskaïa au centre de Moscou en dit beaucoup sur l’histoire du commerce du thé en Russie. Elle a été construite en 1893 par le marchand de thé Sergueï Perlov. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment se trouvait une boutique de thé. Peu de temps après la construction, Perlov décida de refaire la façade du bâtiment dans le style chinois. Cela était lié avec l'arrivée en Russie de Li Hongzhang, l’un des ambassadeurs les plus influents de la dynastie chinoise Qing (1644-1911) pour le couronnement du tsar Nicolas II. Perlov espérait que l’ambassadeur s’arrêtera dans sa maison de thé, car cette visite lui promettait de très bons contrats.

Karl Gippious, un célèbre architecte moscovite a réalisé les travaux sur la façade de la maison du marchant Perlov. C’était un véritable maître du style moderne et éclectique à cette époque. Le toit de la maison a été décoré avec une petite tour sous la forme d’une pagode chinoise à deux niveaux. Quant à la façade, elle a été recouverte avec des moulures de dragons, de serpents, de parapluies chinois et de lanternes. Sur la façade on pouvait voir aussi des inscriptions en caractères chinois. Sergueï Perlov a disposé sur les étages supérieurs son énorme collection de peintures chinoises et de porcelaine.

Tous ces efforts étaient vains, car Li Hongzhang n’est pas passé par la boutique. Mais cet aspect extérieur de la maison de thé fut une véritable carte de visite de la ville pendant de nombreuses années. Les clients de Perlov étaient des personnes aisées. C’est lui qui a introduit l’habitude de vendre du thé dans des boîtes colorées, et non pas en petits sachets, comme on avait l’habitude de le faire auparavant. Ceux qui avaient les moyens, pouvaient s’offrir son thé, empaqueté dans des théières en cristal.

Après la Révolution de 1917, la maison de thé a été internationalisée et le bâtiment a commencé à abriter des appartements communautaires. Mais certaines traditions ont été préservées. À l'époque soviétique, un magasin vendant de thé et du café était ouvert au premier étage de ce bâtiment. Et il est toujours là aujourd’hui.

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