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La chambre se plonge dans le silence. Là, au milieu des jouets éparpillés, une jeune femme se positionne sur un tapis de prière, les yeux fermés. D'une voix monotone, elle prononce les paroles de la prière en arabe: "Allah Akbar" – Allah est grand.

Cette femme de 30 ans a été élevée dans un milieu chrétien. Ses cheveux clairs sont aujourd'hui recouverts d'un foulard bleu. Il y a 8 ans, cette hollandaise s'est convertie à l'islam.

Marjolein Khan-Kamp a toujours eu des problèmes avec la Bible. "Je me demandais: pourquoi les gens devraient-ils se considérer pécheurs dès le début?", raconte cette jeune femme de Fribourg. Ses parents ont été élevés dans des traditions protestantes très strictes. Pendant des années, à l'adolescence, elle réfléchissait à ce genre de questions et cherchait des réponses "dans les conversations avec le pasteur et dans les livres".
Elle lisait des livres sur d'autres religions — l'hindouisme et le bouddhisme — et finalement, est arrivée à la conclusion: " Je ne peux pas y croire".

Une amie musulmane l'invitait souvent chez elle. "Petit à petit, je me suis débarrassée des préjugés. Je pensais que c'était une religion pour les étrangers et que les femmes y étaient opprimées". Par curiosité, Khan-Kamp a lu le Coran. "Dès les premières pages, j'ai trouvé des réponses à mes questions". En effet, dans le Coran, Dieu a pardonné Adam et Eve. "J'ai découvert tant de points communs avec l'islam que je me suis demandée: et si je devenais musulmane?"

Ensuite, tout s'est passé très rapidement. La conversion à l'islam est simple. "Il faut juste prononcer le témoignage de la foi devant deux témoins, et après cela la personne devient musulmane", dit-elle. Cela signifie que la foi en Dieu et en ce que Mahomet est le dernier prophète est une affaire propre à chaque personne, note Marjolein.

"Il n'y a pas besoin d'assister aux cours de religion ou de se former pendant des années. Ce qui est important, c'est la volonté d'être honnête et de faire du bien", affirme le pédagogue social Reza Begas, un spécialiste bénévole de 33 ans au Centre islamique de Fribourg. Chaque année, il donne des consultations à 20-30 personnes qui veulent se convertir à l'islam. "Pour une grande partie, ce sont des gens de 16 à 60 ans", dit Begas.

D'après lui, il y a un grand risque que les nouveaux convertis, surtout les jeunes, puissent tomber sous l'influence des idées radicales. "D'abord, ils suivent un mode de vie très libre, puis ils tombent dans un autre extrême et croient que l'islam doit être interprété littéralement", dit-il.

Selon les données officielles de l'Archive islamique de Soest, au total près de 30 000 personnes se sont converties à l'islam — ce qui est rapporté par les communautés respectives. "Cependant, le nombre réel de personnes onverties à l'islam est beaucoup plus élevé", note le chef de l'archive à Soest, Muhammad Salim Abdullah. Le fait que la conversion à l'islam ne soit pas enregistrée "peut être considéré comme un phénomène bizarre pour un pays aussi organisé que l'Allemagne", — dit-il.

Khan-Kamp était déjà musulmane quand elle a rencontré son futur mari, originaire du Pakistan. Couvrir sa tête d'un foulard était sa propre décision. "Avec un voile, je me sens libre, dit-elle. Quand je suis venue faire mes études à Fribourg, je voulais l'essayer". D'abord, elle portait un foulard dans la cour, puis elle a commencé à le mettre en allant faire les courses. "Ça me plaisait vraiment que pendant les soirées, les hommes me laissaient tranquille. Je voulais simplement danser", dit-elle.

Dans la maison de ses parents, Khan-Kamp s'est d'abord heurtée à une résistance — au début, elle ne portait pas de foulard à la maison et ne pouvait pas prier. Et dans sa nouvelle patrie, "un foulard fait tout de suite penser à l'Office fédéral de protection de la constitution". Elle pense qu'avec un foulard, elle a plus de mal à trouver un emploi. Quand son fils aura un peu grandi, elle aimerait devenir une travailleuse sociale — "peut-être aux Pays-Bas".

Quand elle porte un foulard, les gens dans la rue la traitent différemment. "Parfois, ils me disent: rentre chez toi. Bien sûr, je suis étrangère, mais je ne crois pas qu'ils veulent que je rentre aux Pays-Bas". En le disant, elle réfléchit. "La religion n'a rien avoir avec la culture. Il y a bien des Allemands qui se convertissent à l'islam. C'est leur pays quand même. Où, alors, doivent-ils partir?", demande-t-elle.

 

Contenu réalisé à partir d'informations émanant de sources ouvertes

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Tags:
femmes, musulmans, islam, religion, Europe
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