Ecoutez Radio Sputnik
    Sejla

    Découvrez ces objets qui leur ont sauvé la vie à travers ces histoires vécues

    © Photo. Gabriel Hill
    Société
    URL courte
    Crise migratoire (automne-hiver 2016/17) (78)
    0 60691

    Le chemin que les réfugiés empruntent pour arriver à la paix et à la sécurité est toujours semé d'embuches, et tous ceux qui doivent abandonner leur maison se demandent: "Quelle est la chose la plus importante pour moi et que je dois absolument emporter?"

    Gabriel Hill est un photographe portraitiste commercial et ancien étudiant et photographe d'un studio basé à Bâle, en Suisse. Son studio se trouve juste à côté d'un bâtiment où vivent des réfugiés et tous les jours quand il va au travail, il peut voir leur vie quotidienne.

    A force de prendre quotidiennement les photos de ceux qui possèdent beaucoup plus que des gens ordinaires, ça lui faisait de plus en plus de mal de passer chaque jour devant ceux qui ne possédaient presque rien.

    Alors, le photographe s'est demandé comment il pouvait aider les réfugiés. Comme il exprime plus de choses par les photos que par les mots, il a trouvé le moyen de faire passer son message à travers des portraits.

    Les photos de réfugiés ne manquent pas sur Internet, mais ces images sont le plus souvent dramatiques: des réfugiés portant des vêtements sales, avec  des larmes dans les yeux… C'est surtout cette image que veulent propager les médias. Mais dans le même temps, dans la plupart des cas, ni leurs noms, ni surtout les histoires qui se cachent derrière eux ne sont dévoilés. 

    "J'ai opté pour une approche différente afin de montrer les réfugiés avec dignité et sans dramatisation. Afin de compatir au sort de quelqu'un, vous devez en savoir un peu plus sur lui et je voulais que les gens puissent ressentir la même chose", lit-on sur le portail du photographe.

    Gabriel Hill confie avoir passé plus d'un an à faire ces dix portraits. Les gens venaient et racontait leurs histoires et il les a vécues toutes. Malgré son envie de faire passer une image moins dramatique, il a décidé quand même de laisser tous les détails sans rien omettre ou alléger.

    Si vous deviez fuir votre pays, quel serait le seul objet que vous prendriez? Telle est la question que s'est posé le photographe suisse Gabriel Hill. Il a invité des réfugiés dans son studio et leur a demandé d'apporter l'objet le plus important qu'ils avaient gardé avec eux lors de leur voyage vers la paix. Et la plupart du temps, ce truc était la seule chose qu'ils ont pu emmener avec eux.

    Ces réfugiés vous racontent leur histoire:

    Rohulla, 24 ans, a fui l'Afghanistan en 2010, et quand il est parti, il ne pouvait rien prendre avec lui, mis à part les vêtements qu'il portait.

    "Je suis arrivé en Suisse par mes propres moyens, et ce collier est tout ce qu'il me reste de ma famille et de mon pays. Il représente tout ce que j'ai. Il m'aide à ne pas me sentir seul, comme si mon père était toujours avec moi".

    "Je n'ai rien pu prendre si ce n'est les vêtements que je portais et un bout de papier avec le numéro de téléphone de ma famille", raconte Ahmet, 23 ans, qui a dû prendre un bateau en Libye pour fuir l'Erythrée en 2013.

    A la moitié du trajet, le bateau a chaviré et ses vêtements ont disparu dans la mer, avec ce bout de papier et le numéro de ma famille.

    "Des mois après avoir fui l'Erythrée, j'ai trouvé quelqu'un en Suisse qui a pu retrouver ma famille. Ils pensaient que je n'avais pas survécu à la traversée. Ce bout de papier avec leur numéro dessus était à ce moment-là la chose la plus importante que j'avais"

    Vinasithamby, 64 ans, a dû quitter le Sri Lanka en 1984. Depuis qu'il a laissé sa famille derrière lui, les objets les plus importants à ses yeux sont les photos de ses proches. "C'est comme si elles veillaient sur moi. Sur ces photos, on peut voir mes parents, mon frère et ma sœur qui sont décédés", explique-t-il.

    Quand la guerre en Bosnie a commencé en 1992, tout s'est passé si vite que Sejla, 33 ans, n'a pas eu le temps de comprendre ce qu'elle voulait garder avec elle pendant la fuite. Elle a oublié de prendre son jouet préféré, un lapin en peluche, et une fois arrivée en Suisse, elle a commencé à écrire des lettres à son père resté sur place en lui demandant à chaque fois s'il l'avait trouvé.

    "Je ne peux pas vous expliquer dans quel état j'étais lorsque j'ai revu mon père trois ans plus tard, en 1995. Tout mon corps tremblait quand je l'ai vu arriver à l'aéroport de Zurich, alors qu'il tenait mon lapin".

    Shireen, qui a fui l'Afghanistan en 2010, a choisi un portable comme la chose la plus importante. Quand il a quitté sa famille, son père le lui a donné pour rester en contact.

    "Ce téléphone et les vêtements que je portais étaient les seules choses que je pouvais avoir avec moi. Grâce au téléphone, j'ai pu rester en contact avec ma famille et leur dire que j'étais arrivé sain et sauf".

    Dossier:
    Crise migratoire (automne-hiver 2016/17) (78)

    Lire aussi:

    3 minutes dans le smartphone d'un réfugié
    Des réfugiés arrivent, la Grèce sur le point d'éclater?
    Les réfugiés aideront les victimes du tremblement de terre en Italie
    Tags:
    réfugiés, Erythrée, Suisse
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik