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    Comment la main invisible de Facebook peut-elle " influencer la politique"?

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    Le comité du Sénat US a ouvert une enquête sur le mécanisme de filtrage des nouvelles histoires choisies pour la section des sujets tendance effectué par Facebook. Après, le blog Gizmodo, spécialisé dans les technologies, a publié un rapport arguant que Facebook supprimait les nouvelles conservatives et faisait la promotion des idées libérales.

    Dans une interview accordée à Sputnik, Robert Epstein, docteur en psychologie et chercheur dans un institut américain s'est exprimé à ce sujet.

    "Il y a quelque chose de très réel et de dérangeant qui se passe ici. On a l'impression que le fait qu'ils écrivent des histoires tendance contre les forces conservatives et en faveur des forces libérales ne fait pas question. Le problème du projet Gizmodo c'est qu'ils n'ont pas de preuves actuels que les directeurs de Facebook sont responsables," explique Dr. Robert Epstein.

    Concernant le fait que Facebook est plus populaire chez les jeunes qui sont plus libéraux, l'analyste s'est demandé s'il était possible que les sujets tendance reflètent le fait que les gens lisent plus de nouvelles libérales que conservatives.

    "Un autre moyen de regarder cette situation c'est de comprendre que Facebook emploie des gens très jeunes pour filtrer les nouvelles histoires. Ces gens viennent de certaines écoles, certaines universités aux Etats-Unis qui ont tendance à libéraux, donc ils sont capables à leur tour de refléter la nature du public."

    Et de poursuivre:

    "Cela aurait pu être assez innocent, mais il y a quand même quelque chose de très dérangeant, puisque quand on parle de la plus grande source d'information et de nouveaux agrégateurs de nouvelles dans le monde, on a vraiment envie que ça soit plus objectif".

    Parlant de la direction générale de Facebook et notamment de Zuckerberg, l'analyste a supposé qu'il était possible que l'ordre d'enlever certaines nouvelles histoires vienne d'en haut.

    "Zuckerberg a annoncé lui-même qu'il réfléchissait à utiliser le Facebook pour intervenir dans la course présidentielle de Donald Trump, donc nous parlons ici d'une influence sur la politique," explique Epstein. L'analyste parle ensuite du monopole de géants tels que Google et Facebook, expliquant qu'aucune compagnie n'était capable de rivaliser avec eux.

    "Les recherches scientifiques que je mène depuis cinq ans m'ont mené à découvrir un phénomène qu'on appelle l'effet de manipulation de l'outil de recherche".

    "On a une preuve solide que si un candidat est privilégié dans le classement cela puisse lui donner des millions de votes, et personne ne le saura, et il n'y aura pas de nécessité de laisser une trace documentaire, donc plusieurs choses se passent qui sont liées aux nouveaux moyens des technologies de l'Internet."

    L'analyste a souligné qu'il était très important d'apprendre ce qui se passait dans ces nouvelles industries et peut-être même de prendre des mesures draconiennes, comme cela a été le cas pour le Standard Oil et AT&T qui avaient le monopole dans le domaine de la téléphonie aux Etats-Unis.

    Concernant le traitement fait par Washington de cette situation, l'analyste a lancé que jusqu'ici Washington n'avait pas l'intention de "creuser" plus profondément pour en savoir plus sur cette histoire. Pendant tout ce temps, Facebook a déclaré publiquement qu'ils étaient neutres du point de vue de la politique. La compagnie a également juré d'"entreprendre des mesures immédiates pour fixer" ses pratiques opérationnelles si elles étaient jugées inadéquates.

     

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