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    De la guillotine à l'injection létale: la peine de mort à travers les âges

    © Sputnik . B. Shiyanovsky
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    Le bandit et meurtrier Nicolas Jacques Pelletier a été exécuté le 25 avril 1792 avec un nouveau mécanisme: la guillotine, invention du docteur d'anatomie et de médecine Joseph Ignace Guillotin.

    Ce dernier a perfectionné son appareil pendant quatre mois après la sentence — et prolongé d'autant la vie du criminel — pour que la mise à mort soit « humaine ».

    Après la première exécution, le peuple s'est indigné: « Qu'est-ce que c'est que ça? Pas de cris ni de gémissements… la tête s'en va et c'est tout! » Mais à terme, l'usage de la guillotine est devenu l'un des événements les plus « prisés » au sein de la population. Cette méthode de mise à mort est devenue si populaire en France que quelques années plus tard, le gouvernement a même interdit la fabrication de porte-clefs et de jouets pour enfants en forme de guillotine.

    Deux siècles et demi se sont écoulés depuis. Jusqu'où notre société est-elle allée en matière de création de méthodes « humaines » de mise à mort? Jusqu'à aujourd'hui, il n'existe toujours pas de moyen de priver un homme de sa vie rapidement et sans souffrance.

    Dans le top-3 des méthodes d'exécution on peut retenir la guillotine, la chaise électrique et l'injection létale — à l'élaboration desquelles des scientifiques ont systématiquement participé. Dans les années 1880, le grand inventeur américain Thomas Edison n'a pas seulement inventé la chaise électrique à courant alternatif, mais il a également réuni une conférence de presse pour démontrer l'efficacité de sa chaise sur des animaux.

    Les journalistes décrivaient l'odeur abominable après l'exécution, qui n'offusquait pas du tout l'inventeur: vous imaginez combien de chiens, de porcs, de vaches et de chevaux Edison et ses collaborateurs ont tué pour élaborer cette nouvelle méthode?

    Plus de 100 ans après, la procédure de mise à mort par la chaise électrique n'a pratiquement pas changé.

    On estimait auparavant que les électrodes devaient être humidifiées et fixées aux parties rasées du corps sur la tête et sur la jambe. Mais il s'est avéré ensuite que le courant passant par le cerveau ne provoquait pas une mort immédiate et ne faisait que prolonger les souffrances. Actuellement, les criminels se font introduire des électrodes dans l'épaule gauche et dans la hanche droite pour que la décharge passe directement par le cœur.

    L'injection létale n'est pas non plus « parfaite ». Notre vie, en suivant la loi dialectique de l'unité et de la lutte des contraires, est arrivée à une composition identique des injections pour l'euthanasie et pour la mise à mort humaine. Les experts ont longtemps cherché les substances adéquates pour ces injections.

    On a d'abord utilisé des opiacés (morphine, codéine, etc.) mais il a été décidé de renoncer à ces produits quand un condamné s'est endormi avec un sourire paisible pour se réveiller en pleines obsèques pendant le discours du prêtre.

    Des expériences ont également été réalisées avec l'insuline, dont on sait qu'elle plonge l'individu dans le coma si elle est injectée en quantité élevée. Mais le fait est que la mort en tant que telle, dans ce cas, pourrait survenir en quelques heures, voire quelques jours. Parfois même le coma devient moins profond et l'homme se met à trembler, ce qui nécessite l'injection de doses supplémentaires.

    Le choix s'est finalement arrêté sur le « cocktail du Texas » — un mélange mis au point en 1977 par le médecin légiste Jay Chapman avec les ingrédients suivants: thiopental + pavulon + chlorure de potassium. Le premier produit anesthésie, le deuxième paralyse les muscles respiratoires et le troisième arrête le cœur. La première injection de ce produit a été réalisée au Texas en 1982.

    Toutefois en 2006, après de longs procès, le thiopental a été remplacé par des barbituriques, utilisés par les vétérinaires pour l'euthanasie des animaux.

    Mais il n'y a toujours pas de réponse à la question de savoir ce qui est plus important: une mort indolore ou l'absence de souffrance chez ceux qui assistent à la mise à mort? Le fait est qu'en Amérique, d'après la loi, les proches du condamné se trouvent derrière la vitre, ainsi que les exécutants de la peine. Le thiopental pourrait ne pas agir dûment, mais l'individu serait immobilisé. La douleur serait bien présente mais aucun signe extérieur ne la laisserait transparaître. Par contre, une grande dose de barbituriques agit avec précision mais peut provoquer des spasmes involontaires du condamné, ce qui choque les spectateurs.

    La méthode de "mise à mort parfaite" n'a toujours pas été trouvée. C'est manifestement pourquoi, en partie, la peine de mort est abrogée ou du moins cesse d'être appliquée dans de plus en plus de pays.

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    Tags:
    décès, prisonniers
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