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    Benjamin Netanyahou

    Israël: entre expulsion et incarcération, les migrants n'ont qu'à choisir

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    Les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles entamaient la réalisation d'un programme d'expulsion de 40.000 migrants qui auront le choix entre expulsion ou incarcération.

    Israël a déclaré mercredi lancer un programme d'expulsion de quelque 40.000 migrants se trouvant dans le pays en situation irrégulière, a fait savoir l'AFP.

    Prenant la parole à une réunion de son gouvernement, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, s'est félicité du projet devant «faire partir les migrants entrés illégalement».

    Il s'était rendu fin août dans le sud de Tel Aviv où habitent plusieurs milliers de migrants africains et avait promis de rendre le secteur aux «citoyens israéliens».

    Les migrants doivent quitter Israël avant fin mars, sinon ils seront jetés en prison pour une durée indéterminée. Selon le ministère israélien de l'Intérieur, il s'agit d'environ 38.000 personnes, en majorité des Érythréens et des Soudanais. Ceux qui accepteront de partir pourront bénéficier d'un billet d'avion et de près de 3.000 euros.

    Après le 1er mars, il leur sera toujours possible de quitter volontairement Israël, mais la somme remise sera inférieure. Selon des ONG israéliennes soutenant les migrants, Israël a passé des accords avec plusieurs pays, notamment le Rwanda et l'Ouganda, qui doivent accueillir les migrants.

    La plupart de ces derniers sont entrés illégalement en Israël via le Sinaï égyptien, à compter de 2007. La vague a été endiguée avec la construction par l'État hébreu d'une clôture électronique le long de la frontière avec l'Égypte. Israël a ouvert des centres d'installation provisoire dans le sud du pays, où quelque 1.500 migrants vivent en régime de semi-liberté. Ces établissements vont fermer et les migrants refusant de partir seront emprisonnés.

    Selon des données officielles, 4.012 migrants en situation irrégulière, dont 3.332 originaires d'Afrique subsaharienne, ont quitté le pays l'année dernière.

    Le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) avait précédemment exprimé son inquiétude face à la décision des autorités israéliennes, indiquant qu'Israël avait «des obligations légales s'agissant de la protection des réfugiés».

    En 2009, les autorités israéliennes ont pris la responsabilité de déterminer qui fait partie des réfugiés. Depuis, seuls huit Érythréens et deux Soudanais ont obtenu ce statut, a rappelé le HCR. 200 ressortissants soudanais originaires du Darfour ont obtenu pour leur part un «statut humanitaire en Israël».

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    Tags:
    migrants, expulsions, AFP, Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ONU, Benjamin Netanyahu, Érythrée, Soudan, Darfour, Ouganda, Rwanda, Egypte, Sinaï, Israël, Tel Aviv
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