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    Compositeur russe Arseni Trofim

    Devenir musicien en 10 leçons? La méthode révolutionnaire d’un compositeur russe (vidéo)

    © Photo. Arseni Trofim
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    N’importe qui peut devenir musicien en l’espace de dix leçons seulement, estime le jeune compositeur russe Arseni Trofim, qui, grâce à sa méthode révolutionnaire, a appris à jouer du piano à une femme manchote et encore à 150 autres personnes. Sputnik se met au piano avec le compositeur innovateur pour essayer sa «méthode d’intuition».

    Dès les premiers cours avec Arseni Trofim, jeune compositeur russe qui s'est déjà produit dans des dizaines de pays étrangers, ses étudiants jouent du piano à quatre mains avec leur prof. Quelques cours plus tard, ils sont prêts à se produire devant un public et à composer leur propre musique. Il faut imaginer que ces possibilités ne sont normalement accessibles qu'aux étudiants des écoles de musique traditionnelles européennes et après plusieurs années d'un travail assidu.

    Une correspondante de Sputnik a décidé de se mettre au piano à côté du jeune musicien qui, au cours de ces trois dernières années, a appris à jouer et à composer de la musique à plus de 150 personnes avec cette méthode «révolutionnaire» au sein de son école d'enseignement de musique d'intuition «Je Suis Musical».

    Sources de la méthode

    Ayant grandi dans le village géologique fermé Iskateli (Les chercheurs en français) dans le nord de la Russie, Arseni Trofim a commencé à jouer du piano et à composer à l'âge de sept ans. Il était ainsi convaincu que tout le monde composait de la musique de la même manière que lui. Ayant découvert que ce n'était pas le cas, Arseni s'est ensuite demandé s'il était possible de former une personne adulte à la musique dans des délais les plus courts.

    Jouer du piano fermé, c'est s'aveugler volontairement

    Avant de faire connaissance avec l'instrument, il est nécessaire de «démasquer» le piano, de découvrir ses cordes, tout comme on le fait avec un piano à queue, explique Arseni Trofim. C'est pourquoi les pianos d'Arseni et de ses étudiants sont complètement différents des instruments habituels.

    Cela a pour but de découvrir le véritable visage et le son réel du piano traditionnellement caché à nos yeux durant les cours. Censé atténuer le son, ce geste nous prive en réalité de la beauté extérieure et intérieure de l'instrument:

    «Jouer du piano fermé c'est la même chose que parler avec un masque ou jouer de la guitare avec des gants», estime Arseni.

    Le solfège est-ce une fausse science?

    Arseni Trofim estime que l'école européenne de musique d'aujourd'hui créée il y a plus de 300 d'ans, n'est que «l'école de l'art de l'interprétation» qui n'enseigne pas ni la composition, ni l'improvisation, mais seulement des fragments de la musique. Ne refusant tout de même pas la nécessité d'apprendre la technique, Arseni explique, que la véritable musique ne s'y limite pas.

    «Le solfège créé artificiellement n'est qu'un entraînement de la mémoire et de l'ouïe et n'aide pas du tout à comprendre la musique-même.»

    Et de poursuivre:

    «Enseigner la musique et dire qu'il n'existe que deux modes, à savoir majeur et mineur, est un crime. C'est la même chose que de déclarer à un enfant que dans notre vie il n'existe que deux émotions, la joie et la tristesse.»

    Durant ses cours (10 cours du niveau débutant et ensuite le niveau avancé) Arseni combine le processus de composition et d'improvisation, ce qui aide ses étudiants à s'emparer de la clé de musique volontairement enterrée par l'école ancienne. Ses étudiants apprennent, par exemple, 22 modes, dont les modes dorien, phrygien, lydien, blues et bien d'autres encore, que l'école traditionnelle n'évoque même pas.

    Essayez de me prouver que vous n'êtes pas musicaux!

    Aujourd'hui, l'art de la musique est perçu comme complexe et inaccessible, voire élitiste, et cela est principalement dû aux canons imposés au fil des années par l'église catholique. Arseni Trofim conteste cette affirmation:

    «L'âge auquel on commence à jouer du piano n'a aucune importance. Après avoir mené l'expérience et avoir appris à jouer du piano à une femme de 67 ans, qui a par la suite donné son propre concert, j'ai compris qu'on peut jouer de la musique même avec son nez. Le reste n'est que clichés.»

    Et de poursuivre:

    «Les peuples musicaux de nature (les Arméniens, les Géorgiens, par exemple) n'auraient jamais pensé à créer une école et établir des lois, selon lesquelles on a le droit ou non de jouer d'un instrument et d'enseigner la musique».

    L'école traditionnelle européenne nous prive-t-elle de musiciens?

    Arseni Trofim explique qu'une fois leurs études de plusieurs années terminées, les diplômés de musique ne se mettent plus jamais au piano. Selon le compositeur, aujourd'hui, ce scénario est devenu courant:

    «L'école traditionnelle viole la simplicité de la notion de musique», explique Arseni. «Malgré la percée faite par les impressionnistes à la fin du XIXe siècle, selon laquelle la musique est une impression, on a transformé la musique en technologie, en attribuant des noms précis à chacun de ses éléments.»

    En ce qui concerne les projets pour l'avenir, Arseni confie qu'il voudrait enseigner à un sourd-muet, ce défi n'étant pour lui qu'une question de temps. En outre, le jeune compositeur russe espère faire vivre sa méthode d'enseignement de musique d'intuition. À ces fins, il l'a déjà transmise à un de ses étudiants, Gleb Andrianov, qui fait perdurer la méthode et a déjà ses propres étudiants.

    Arseni Trofim et Gleb Andrianov jouent à quatre mains

    Tags:
    école de musique, piano, étudiants, musiciens, enseignement, compositeur, musique, école, Sputnik France, Moscou, Russie
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