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    Des femmes musulmanes

    Entre propagation et interdiction, quel serait l’avenir du parti Islam en Belgique?

    © AP Photo / B.K. Bangash
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    Alors que le parti Islam envisage de s’implanter par le biais des élections communales en Wallonie, et prôner l’établissement d’un État islamique et de la charia en Belgique, Olivier Maingain, président du DéFI manifeste son intention d’aller jusqu’à interdire le parti dans le pays.

    L'un des cofondateurs du parti Islam, qui envisage de participer aux prochaines élections communales de Wallonie, et conseiller communal à Anderlecht, Redouane Ahrouch, a déclaré, dans une interview accordée à l'agence Belga, que son parti défendait la propagation d'un État islamique en Belgique et l'instauration de la charia. Il a expliqué cette volonté par le fait qu'actuellement, un tiers de la population bruxelloise était musulmane.

    «D'ici douze ans, en 2030, Bruxelles sera principalement composée de musulmans. Et que souhaitez-vous: un médiateur ou un extrémiste? Tous comme les francophones ont le FDF (devenu DéFI, ndlr), il y a maintenant le parti Islam pour les musulmans», a-t-il déclaré à l'agence Belga.

    Le parti Islam envisage, lors des prochaines élections communales de Wallonie qui se tiendront le 14 octobre, de présenter des candidats dans 28 communes à Bruxelles et en Wallonie. Vendredi, le parti a dévoilé certains points de son programme fondé sur le coran et la charia et qui s'aspire à instaurer en Wallonie une «démocratie islamiste». Cependant, ils ne visent pas un changement de la Constitution belge.

    Parmi les éléments du programme que le parti Islam envisage de mettre en place, Redouane Ahrouch, conseiller communal à Anderlecht, mais aussi chauffeur de bus à la STIB, propose de séparer la population féminine et masculine dans les transports publics:

    «Aux heures de pointe, certaines personnes, surtout d'origine étrangère, profitent du fait que les véhicules sont pleins à craquer pour se "coller" aux femmes. Ce ne sont pas seulement les femmes musulmanes qui se sentent ainsi humiliées. C'est pourquoi je plaide pour que les hommes montent à l'avant et les femmes à l'arrière», a-t-il déclaré, cité toujours par la même source.

    Deux conseillers communaux du parti Islam sont présentés en Wallonie, l'un à Anderlecht, le second à Molenbeck.
    Ces déclarations n'ont pas échappé au président du parti DéFI, Olivier Maingain, qui a réagi à celles-ci sur son compte Twitter et a proposé «d'inscrire la laïcité dans la Constitution»:

    «Il faut avoir le courage d'interdire un parti comme Islam qui a un projet théocratique contraire à la démocratie. Pour cela, il faut un fondement juridique. A cette fin, votons ma proposition d'inscrire la laïcité dans la Constitution», indique sa publication.

    D'autres personnalités politiques belges ont également réagi suite aux propositions exprimées par le parti Islam. La Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale, notamment en charge de l'Egalité des Chances, Bianca Debaets (CD&V), a fait savoir, dans un communiqué, que les propos de Redouane Ahrouch étaient «contraires» à la constitution belge et à la Déclaration européenne des droits de l'homme. Dans une interview accordée à l'agence Belga, le porte-parole de la N-VA, Joachim Pohlmann, a déclaré que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme autorisait «l'interdiction des partis qui s'opposent au droit libéral et à la démocratie».

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    Tags:
    islam, musulmans, Wallonie, Bruxelles, Belgique
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