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    Au seuil de l’apocalypse? En cas de guerre nucléaire, quelles conséquences pour l’humanité

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    Société
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    Nadine Gordienko
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    Alors qu’au cours de ces derniers mois les tensions sur la scène internationale ne font qu’accroître, les plus pessimistes s’interrogent déjà sur l’éventualité d’une guerre nucléaire ainsi que sur les conséquences qu’elle pourrait avoir sur l’humanité. Face à ces craintes, voici les réponses des scientifiques.

    Les importants regains de tensions géopolitiques dans le monde pèsent aujourd'hui sur l'avenir de l'humanité laissant craindre une éventuelle guerre nucléaire. Cette idée donne des frissons aux quatre coins du globe.

    Certains vont jusqu'à se rappeler cette phrase populaire, mettant en garde contre les lourdes conséquences auxquelles l'humanité serait appelée à faire face si un conflit nucléaire éclatait.

    «Je ne sais pas comment la Troisième Guerre mondiale sera menée, mais je sais comment le sera la quatrième: avec des bâtons et des pierres», selon l'adage attribué à Albert Einstein.

    Donc, avant que l'inévitable ne se produise, récapitulons les conséquences, décrites par des scientifiques.

    L'hiver nucléaire

    «L'hiver nucléaire est le cauchemar de tous ceux qui se sont penchés sur les conséquences d'un conflit nucléaire. La guerre froide appartient au passé mais avec Poutine d'un côté et Trump de l'autre, le monde est peut-être sur le point de redevenir un endroit très dangereux», écrit le portail Slate, en évoquant la question des conséquences de la frappe nucléaire.

    L'hiver nucléaire entrainant une baisse globale des températures de surface, serait la conséquence des millions de tonnes de fumées, de poussières et de débris propulsés dans l'atmosphère par l'explosion de bombes atomiques. En masquant le rayonnement solaire, en détruisant la couche d'ozone, ils condamneraient à mort les populations se trouvant à des milliers de kilomètres des explosions.

    On parle souvent d'une guerre atomique massive entre Moscou et Washington. Mais comme l'indiquent deux scientifiques américains, Alan Robock et Owen Brian Toon, il suffirait d'un conflit régional entre l'Inde et le Pakistan avec un échange de 50 frappes chacun (seulement 0,4 % de l'arsenal nucléaire mondial) pour menacer de famine 1 milliard de personnes.

    En outre, en évoquant les scénarios d'hiver nucléaire, le portail Notre planète dresse une liste de conséquences que ce phénomène pourrait entraîner.

    Selon le résultat de multiples recherches, 20 millions de personnes seraient tuées par l'effet direct des explosions nucléaires.

    De plus, pendant une décennie, les rayons du Soleil seraient alors en partie filtrés. En plus de la baisse des températures, cela entrainera un affaiblissement de la photosynthèse.

    L'agriculture serait alors affectée. Le manque de ressources alimentaires entrainera la famine pour l'ensemble de l'humanité. Selon le portail Slate, jusqu'à 2 milliards de personnes pourraient périr de la famine.

    Des fumées mortelles

    Des incendies colossaux et incontrôlables déclenchés par les bombes enverraient, selon les chercheurs, dans l'atmosphère 9 millions de tonnes de suie dans l'atmosphère. En moins de 50 jours, toute la planète serait affectée par les cendres, estime Alan Robock, climatologue de l'université de Rutgers qui se livre depuis 1984 à l'étude de ce qui adviendrait après une frappe nucléaire.

    «Le souffle, les incendies et la radioactivité tueraient des millions de personnes si elles étaient lancées sur les villes modernes. (…) Mais c'est la fumée des incendies qui aurait l'impact le plus important», affirme-t-il sur son blog du Huffington Post.

    Le climat inévitablement changé

    Indirectement, une guerre nucléaire totale pourrait bien tarir la production d'oxygène sur notre planète. Les plantes ne pourront plus transformer le gaz carbonique et donc celui-ci verrait sa concentration dans l'atmosphère augmenter considérablement.

    De plus les nuages de fumée, hautement chargés en carbone pourraient conduire à un changement climatique sans précédent selon le physicien de la NASA, Luke Oman interviewé lors de la réunion de l'Association américaine pour l'Avancement des Sciences à Washington.

    Y aura-t-il des survivants?

    Alors que le problème du conflit nucléaire alimente de nombreuses recherches depuis Hiroshima, le spécialiste en visualisation des données Neil Halloran s'est attaqué à une tâche à première vue insurmontable: évaluer les pertes que pourrait occasionner une guerre nucléaire.

    La vidéo montre comment la population a évolué chaque année, combien de personnes sont nées et combien sont mortes, ainsi que le nombre annuel total de décès au XXe siècle. Siècle au cours duquel les guerres mondiales ont provoqué des pics de mortalité qui sont d'ailleurs insignifiant par rapport aux conséquences des frappes nucléaires.

    Selon le chercheur, le nombre de 500 millions de victimes ne concerne que les trois premières semaines d'échange de frappes, car il est impossible d'évaluer les autres victimes compte tenu de l'impact imprévisible d'un éventuel hiver nucléaire.

    «Dans ce type de guerre, des gens survivront quelque part sur la planète mais le chaos qui en résulterait éclipsera tout ce que nous avons connu», affirme le physicien, Ira Helfand, cité par la Presse.

    Y-a-t-il un moyen de survivre à une attaque nucléaire?

    Le portail Guide de survie a dressé une liste de questions qui pourraient être salvatrices lors d'une frappe nucléaire.

    Première chose à retenir ici, c'est ne pas s'exposer aux flashes car les auteurs d'une telle attaque ne préviendront pas avant de larguer une ou plusieurs bombes nucléaires. Aucune forme de précaution contre ce phénomène ne peut donc être prise.

    Le flash des radiations ont des effets désastreux sur la rétine. Avant tout, il est donc conseillé de se mettre à l'abri de ces lumières, en se jetant, par exemple, au sol, en utilisant des objets qui se trouvent à portée de main pour protéger le visage, la bouche et les oreilles.

    Ensuite, la fin de l'explosion nucléaire marque le début de l'étape marathon. Dès qu'une attaque est terminée, il faut prendre ses jambes à son cou pour se mettre à l'abri le plus vite possible.

    «Si aucun abri n'est disponible dans votre environnement immédiat, poursuivez votre marathon en vous dirigeant dans le sens du vent ou perpendiculairement à lui, toujours en restant dos à la zone d'impact. Pour votre santé pulmonaire, une respiration sous un tissu est fortement conseillée. Vous devriez d'ailleurs continuer à protéger votre peau, votre nez et votre visage durant votre fuite», écrit le portail.

    De son côté, le portail Wiki How rappelle la nécessité d'établir un plan d'action bien détaillé. Il est alors fortement conseillé d'avoir sous la main de la nourriture et des fournitures médicales.

    Il faudrait penser à faire toute une réserve de denrées non périssables comme, par exemple, du riz blanc, du blé, des haricots, des pâtes, sans oublier une quantité suffisante d'eau potable.

    Finalement, il faut compter devoir rester à l'abri pour un minimum de 200 heures (8-9 jours). Les 48 premières heures hors de l'abri pourraient être mortelles.

    «À force d'avoir été rabâché, le risque de destruction de l'humanité paraît désuet. Il est urgent de le rappeler aux petits-enfants de l'atome», résume dans une tribune au Monde le chercheur Barthélémy Courmont.

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    Tags:
    conséquences, guerre nucléaire, guerre, apocalypse
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