Ecoutez Radio Sputnik
    Avion

    Perdre des pièces d’un avion en plein vol, le crash assuré?

    © AFP 2018 Christof Stache
    Société
    URL courte
    0 60

    Quels morceaux un avion de ligne peut-il perdre sans entraîner une catastrophe? Un expert en crashs d’avions cité par le Daily Mail donne des exemples réels d'atterrissages extraordinaires d’avions qui ont perdu des pièces clés, y compris les roues, la queue et même une aile…

    Les avions sont le moyen de transport le plus sûr au monde et l'expérience de Simon Place, expert en sécurité aérienne de l'Université de Cranfield, le prouve encore une fois. Il a évoqué dans une interview au Daily Mail des cas tirés de la vie réelle où des avions ayants perdu certains morceaux essentiels ont pu atterrir sans risque pour les passagers.

    Pilotes

    Lors du vol d'un avion de ligne, il y a normalement deux pilotes. Mais dans une situation d'urgence, l'avion peut être piloté par un seul pilote. C'est pourquoi ils choisissent des menus différents pour éviter une double intoxication alimentaire.

    Ailes

    Les avions utilisent des ailes pour créer de la portance. Sans elles, le vol n'est généralement pas possible. Les ailes peuvent fléchir verticalement de manière limitée, résister à des secousses normales et à des impacts mineurs avec des oiseaux.

    En 1983, un avion de chasse F-15 israélien a réussi à atterrir après avoir perdu une aile.

    Winglets

    Les winglets équipent de nombreux avions. Elles sont situées à l'extrémité de chaque aile dans le but de réduire la traînée provoquée par la portance sans augmenter l'envergure de l'aile. Il y a eu plusieurs cas où ils ont été endommagés mais l'avion a pu toujours voler normalement.

    Flaps

    Les volets, appelés également flaps, sont un dispositif déployé sur l'aile d'un avion pour augmenter sa portance à basse vitesse. Ils abaissent ainsi la vitesse de décrochage. Ils peuvent être endommagés (ou tout simplement ne pas fonctionner) sans empêcher l'avion d'atterrir.

    Cependant, la vitesse d'atterrissage augmentera et par conséquent l'avion sera plus difficile à piloter.

    Fuselage

    Le corps principal d'un avion protège les passagers du flux d'air à grande vitesse et du manque d'oxygène. Des petits trous peuvent être tolérés mais provoqueront une dépressurisation de l'avion (impliquant la nécessité d'utiliser des masques à oxygène). Une descente rapide doit être effectuée de toute urgence. Un avion ne pourrait pas résister à d'importants dommages du fuselage.

    Aileron et gouvernail

    L'aileron est un gouverne aérodynamique se déplaçant en sens opposé et assurant la stabilité d'un avion. Le gouvernail fait bouger un avion vers la gauche et vers la droite. Il est très difficile de contrôler un avion sans aileron. Sans gouvernail, un avion peut toujours être contrôlé en utilisant les ailerons.

    Un cas exceptionnel s'est produit en 1964 lorsque la dérive verticale d'un Boeing B-52 Stratofortress de l'US Air Force a été fortement endommagée par de fortes turbulences. Malgré ces problèmes, l'équipage a cependant pu atterrir en toute sécurité.

    Empennage et ailerons arrière

    L'empennage aide à assurer la stabilité. Les ailerons arrière contrôlent la hauteur d'un avion. Sans ces dispositifs un avion ne peut pas être dirigé.

    Dans les années 1990, la NASA a mené un programme de recherche sur l'«approche contrôlée par propulsion». Un avion MD-11 spécialement équipé a volé et atterri seulement à l'aide des moteurs.

    Moteurs

    Une panne de moteur est une avarie particulièrement grave, mais dans la majorité des cas, n'entraîne pas d'accidents mortels. Normalement, lorsqu'un pilote évoque une «perte de moteur», cela signifie que le moteur a cessé de produire de la poussée.

    Cela peut être du à différentes causes, comme, par exemple, des oiseaux, la formation de givre. Un atterrissage en urgence réussi dépend dans ce cas-là des compétences du pilote ainsi que de la conception de l'avion.

    Par exemple, en 1982, un Boeing 747-236B a volé à travers un nuage de cendres volcaniques rejetées par l'éruption du Galunggung en Indonésie, ce qui entraîna l'arrêt des quatre moteurs. L'appareil a pu planer assez loin pour sortir du nuage de cendres. Tous les moteurs ont redémarré, permettant à l'appareil d'atterrir en sécurité.

    Air conditionné (AC) pack

    La pressurisation est nécessaire pour que les passagers puissent respirer pendant que l'avion vole à haute altitude. Pour cette raison, tous les avions ont deux packs AC en cas de panne. Si l'un échoue, l'avion doit descendre juste au cas où l'autre échouerait également. Les masques à oxygène tomberaient normalement et l'avion ferait une descente d'urgence.

    Systèmes hydrauliques

    Dans un grand avion, il y a normalement trois systèmes hydrauliques distincts. Ils sont la principale façon d'actionner les commandes de vol (gouvernail de direction, ailerons et volets,…). Il est donc essentiel qu'au moins un système hydraulique soit disponible, sinon l'aéronef ne peut pas être contrôlé.

    Systèmes électriques

    Il y a un certain nombre de systèmes électriques distincts sur un avion, chacun alimente un système différent. Encore une fois, l'objectif est d'augmenter la sécurité en s'assurant que les systèmes essentiels continueront de fonctionner si une partie du système électrique tombe en panne. En cas de nécessité, certains éléments non essentiels (télé, lampes au-dessus des sièges) peuvent être éteints pour économiser de l'énergie.

    Pilote automatique

    Il y a normalement deux systèmes de pilotage automatique, car sans eux l'avion devrait être «en pilotage manuel». Les pilotes sont capables de le faire facilement mais ce n'est pas pratique pendant un long vol.

    Radios

    Dans un avion, il y a au moins deux ou trois systèmes radio rendant possible la communication avec le sol, le contrôle du trafic aérien,… Il existe des procédures spéciales pour savoir quoi faire si un avion perd sa capacité à communiquer.

    Roues et freins

    Le train d'atterrissage est conçu pour supporter le poids d'un avion lors de l'atterrissage et assurer le freinage. En plus des freins de la roue, les avions ont également la «poussée inverse» des moteurs qui permet de ralentir un avion lorsqu'il atterrit.

    On se souvient du cas extrême durant lequel un avion a atterri sans aucun train d'atterrissage. Cela est arrivé au vol 016 de la LOT Polish Airlines à Varsovie en 2011. À la suite d'une panne apparente des systèmes hydrauliques, le Boeing 767 s'est posé avec le train d'atterrissage rentré. Il n'y a pas eu de victimes.

    Lire aussi:

    Panique à bord: quand les avions de ligne atterrissent in extremis
    Ce que l'on sait du crash d'un An-26 à la base aérienne russe en Syrie
    Un prototype d'avion-cargo militaire Hercules finit en flammes (vidéo)
    Tags:
    crash d'avion, vol, avion
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik